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Iran: Embargo Européen

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Iran: Embargo Européen

Message par maxi le Dim 19 Fév - 20:06

L'Iran cesse ses ventes de pétrole à la France et au Royaume-Uni
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.02.12


L'Iran a cessé de vendre du pétrole aux compagnies pétrolières françaises et britanniques, a déclaré dimanche 19 février le porte-parole du ministère iranien du pétrole, Alireza Nikzad, cité par le site officiel du ministère. "A la suite de la décision officiellement annoncée par le ministère des affaires étrangères, le ministère du pétrole a cessé ses ventes de pétrole aux compagnies britanniques et françaises", a précisé M. Nikzad. "Nous avons prévu de livrer notre pétrole à d'autres clients", a-t-il ajouté.

Cette décision ne devrait pas impacter dans une grande mesure les importations françaises de brut, qui se sont élevées en 2011 à 58 000 barils/jour de brut iranien, soit 3 % de ses besoins d'or noir. "La décision iranienne n'a pas de conséquences pratiques directes", a expliqué Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Dans les faits, souligne-t-il, "la France a pratiquement cessé d'importer du pétrole iranien" depuis 2011 et ces livraisons "représentaient une très faible part de l'approvisionnement" hexagonal, de l'ordre de 3 à 4 %. Le Royaume-Uni est lui aussi dans la même situation.

REPRÉSAILLES DE L'IRAN AUX SANCTIONS

La décision s'apparente à des représailles de la république islamique à l'embargo sur les importations de brut en provenance d'Iran qui entrera en vigueur le 1er juillet dans l'Union européenne. Les pays de l'UE se sont mis d'accord le 23 janvier pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l'Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d'assécher le financement de son programme nucléaire controversé.

Les nouveaux contrats pétroliers avec l'Iran ont été interdits par l'UE avec effet immédiat, mais les principaux acheteurs de pétrole iranien ont jusqu'au 1er juillet pour annuler les contrats existants, le temps de trouver d'autres fournisseurs. La baisse des exportations iraniennes n'affecterait guère les importateurs européens, qui ont de toute façon l'intention de "changer de fournisseur", avait relativisé la Commission européenne.

Mercredi, les ambassadeurs de six pays européens (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Pays-Bas) avaient été "invités" par le ministère des affaires étrangères iranien et mis en garde contre un possible arrêt des livraisons de pétrole. "Nous pouvons immédiatement remplacer nos clients. Si cela n'a pas encore été fait, c'est en raison de la politique humanitaire de l'Iran et de la situation actuelle en Europe", avait déclaré Hassan Tajik, le directeur général pour l'Europe occidentale du ministère, selon les médias iraniens.

Les prix du baril ont connu une brève envolée après cette annonce, qui renforce les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques européens, malgré les assurances de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, sur sa capacité à compenser l'absence de brut iranien. Vendredi, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars était à 103,24 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), son plus haut niveau depuis mai 2011.

MENACE D'ESCALADE DANS LE DÉTROIT D'ORMUZ

Même symbolique, la décision de l'Iran risque d'accentuer la pression sur les cours de l'or noir en renforçant sur le marché la crainte d'une "escalade" de Téhéran dans le détroit d'Ormuz. L'annonce de Téhéran relève "de l'affichage pur, cela confirme la cessation des livraisons", selon M. Schilansky. "Par contre, elle a des conséquences indirectes : elle confirme que les Iraniens sont dans un processus d'escalade. Et quand on sait que la 'prime de risque sur l'Iran', c'est ce qui fait aujourd'hui le prix , ça va certainement avoir un impact", estime-t-il.

"Le problème, ce n'est pas tant la production iraniennne, même si elle est importante puisqu'elle représente 4 à 5 % de la production mondiale. Le problème, c'est la menace sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 15 millions de barils/jour et ça, c'est dix fois la consommation française", explique Jean-Louis Schilansky.

Deuxième pays de l'OPEP, l'Iran produit 3,5 millions de barils de pétrole par jour et en exporte 2,5 millions. Il vend un peu plus de 20 % de son pétrole aux pays de l'Union européenne (soit environ 600 000 barils/jour), essentiellement à l'Italie, à l'Espagne et à la Grèce. Téhéran exporte 70 % de son pétrole vers les pays d'Asie.

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