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Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
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Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Je souhaitais étendre le sujet développé dans le topic "Une société en souffrance" en ce qui concerne les enfants.
Les parents qui sont en difficultés (chômage, crainte de perte son emploi) répercutent, sans en être nécessairement conscient, leurs difficultés sur les enfants. Stress, violences conjugales, séparation, divorce,... Tout cela est préjudiciable aux enfants et leur éducation.
Ce sont les enfants qui sont les victimes de la crise. Or, ce seront eux qui hériteront d'une Europe qui s'écroule, d'un tissu industriel en ruine. Que vont-ils devenir ?
Les parents qui sont en difficultés (chômage, crainte de perte son emploi) répercutent, sans en être nécessairement conscient, leurs difficultés sur les enfants. Stress, violences conjugales, séparation, divorce,... Tout cela est préjudiciable aux enfants et leur éducation.
Ce sont les enfants qui sont les victimes de la crise. Or, ce seront eux qui hériteront d'une Europe qui s'écroule, d'un tissu industriel en ruine. Que vont-ils devenir ?

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Nombre de messages: 460
Age: 42
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Date d'inscription: 14/07/2011
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Bonjour,
Voilà une réflexion très juste et évidemment fortement négligée dans les politiques publiques.
Evidemment, la précarité que connaissent les parents sont le cadre dans lequel les enfants apprennent la vie, et ce n'est a priori pas réjouissant.
Je voudrais évoquer quelques souvenirs générationnels, à travers ce que j'ai compris en vivant auprès de mes parents, grands- parents et ... mes enfants !
Mes grands parents sont nés pendant la première guerre mondiale. Ils ne l'ont connue que dans ses conséquences, et ont surtout ensuite connu le développement de la société industrielles. Ils ont quitté le métier de leurs parents (agriculteurs ou artisans) pour vivre dans les villes et avoir des emplois de bureau ou dans les commerces. Ils ont ensuite connu la seconde guerre mondiale, ses terreurs et les privations qui se sont poursuivies après pendant environ 10 années. Ils ont eu leurs enfants pendant la guerre (mes parents, oncles et tantes) et ceux-ci ont grandi dans une société qui se reconstruisait dans une paix relative (paix en Europe, guerre en Indochine et en Algérie, auxquelles ils ont échappé) et sont arrivés à l'âge adulte à l'heure de la société de consommation et des révoltes étudiantes des années 60.
Ils ont connu le plein emploi, les carrières faciles pour ceux qui s'en donnent la peine, l'ouverture au crédit pour construire sa maison ou acheter sa voiture, les vacances dont on profite au soleil d'Espagne, ils ont rejeté les comportements économes et frileux face à la vie de leurs parents, et ils m'ont élevé dans cette ambiance de "peace and love" qui m'a donné confiance en moi et dans la vie.
J'ai fait des études, pas parce qu'il fallait en faire pour avoir une minime chance de trouver un travail, parce que j'en avais envie, les capacités et parce que "javais le temps" pour gagner ma vie et penser à la retraite ! Je suis imprégné de cette quiétude face à la vie ... Ou plutôt je l'étais jusqu'au début des années 90.
Mes enfants ont dépassé les 20 ans, ils en chient pour décrocher un diplôme qui leur offrira une possibilité de trouver un premier emploi sous-payé et précaire, ils travaillent pour se payer leur voiture et leur loyer, parce que nous n'avons pas suffisamment de revenu à deux cadres supérieurs pour assumer comme mes parents, fonctionnaires de base, ont pu le faire pour nous.
J'essaye de ne pas dramatiser, je culpabilise de ne pas leur faire découvrir que la vie peut être insouciante, avec des collègues de bureau et des voisins qui partagent mes valeurs et mon optimisme : la précarité fait changer les collègues et les voisins tous les ans, tout est impermanent (philosophons !) et tout semble du sable qu'on ne parvient pas à retenir dans sa main. Comment dans ces conditions les voir s'épanouir ?
Je renonce, car de toutes manières, rien ne sert de lutter contre le monde et son évolution insécurisante. Alors oui, je constate que mes enfants (et ceux des autres) sont désabusés, nonchalants, ne croient à rien et confinent au nihilisme, à l'individualisme.
Et dans le même temps d'autres jeunes se retrouvent dans des valeurs qui me sont étrangères, comme la religion, et cela d'autant plus qu'elle supporte un espoir de révolte. Mon éducation rejetait loin de moi tout cet obscurantisme, qui aujourd'hui revient comme un phare dans les ténèbres sociales.
Donc oui, nos enfants sont imprégnés de nos émotions et de nos sentiments de peur face à la vie que nous vivons, et leurs enfants seront encore plus plongés dans un environnement terrifiant, celui de la précarité absolue, de l'individualisme total, avec en contrepoint un rassemblement autour d'idées rétrogrades qui seront les seules à présenter un socle commun de références.
Sculler.
Voilà une réflexion très juste et évidemment fortement négligée dans les politiques publiques.
Evidemment, la précarité que connaissent les parents sont le cadre dans lequel les enfants apprennent la vie, et ce n'est a priori pas réjouissant.
Je voudrais évoquer quelques souvenirs générationnels, à travers ce que j'ai compris en vivant auprès de mes parents, grands- parents et ... mes enfants !
Mes grands parents sont nés pendant la première guerre mondiale. Ils ne l'ont connue que dans ses conséquences, et ont surtout ensuite connu le développement de la société industrielles. Ils ont quitté le métier de leurs parents (agriculteurs ou artisans) pour vivre dans les villes et avoir des emplois de bureau ou dans les commerces. Ils ont ensuite connu la seconde guerre mondiale, ses terreurs et les privations qui se sont poursuivies après pendant environ 10 années. Ils ont eu leurs enfants pendant la guerre (mes parents, oncles et tantes) et ceux-ci ont grandi dans une société qui se reconstruisait dans une paix relative (paix en Europe, guerre en Indochine et en Algérie, auxquelles ils ont échappé) et sont arrivés à l'âge adulte à l'heure de la société de consommation et des révoltes étudiantes des années 60.
Ils ont connu le plein emploi, les carrières faciles pour ceux qui s'en donnent la peine, l'ouverture au crédit pour construire sa maison ou acheter sa voiture, les vacances dont on profite au soleil d'Espagne, ils ont rejeté les comportements économes et frileux face à la vie de leurs parents, et ils m'ont élevé dans cette ambiance de "peace and love" qui m'a donné confiance en moi et dans la vie.
J'ai fait des études, pas parce qu'il fallait en faire pour avoir une minime chance de trouver un travail, parce que j'en avais envie, les capacités et parce que "javais le temps" pour gagner ma vie et penser à la retraite ! Je suis imprégné de cette quiétude face à la vie ... Ou plutôt je l'étais jusqu'au début des années 90.
Mes enfants ont dépassé les 20 ans, ils en chient pour décrocher un diplôme qui leur offrira une possibilité de trouver un premier emploi sous-payé et précaire, ils travaillent pour se payer leur voiture et leur loyer, parce que nous n'avons pas suffisamment de revenu à deux cadres supérieurs pour assumer comme mes parents, fonctionnaires de base, ont pu le faire pour nous.
J'essaye de ne pas dramatiser, je culpabilise de ne pas leur faire découvrir que la vie peut être insouciante, avec des collègues de bureau et des voisins qui partagent mes valeurs et mon optimisme : la précarité fait changer les collègues et les voisins tous les ans, tout est impermanent (philosophons !) et tout semble du sable qu'on ne parvient pas à retenir dans sa main. Comment dans ces conditions les voir s'épanouir ?
Je renonce, car de toutes manières, rien ne sert de lutter contre le monde et son évolution insécurisante. Alors oui, je constate que mes enfants (et ceux des autres) sont désabusés, nonchalants, ne croient à rien et confinent au nihilisme, à l'individualisme.
Et dans le même temps d'autres jeunes se retrouvent dans des valeurs qui me sont étrangères, comme la religion, et cela d'autant plus qu'elle supporte un espoir de révolte. Mon éducation rejetait loin de moi tout cet obscurantisme, qui aujourd'hui revient comme un phare dans les ténèbres sociales.
Donc oui, nos enfants sont imprégnés de nos émotions et de nos sentiments de peur face à la vie que nous vivons, et leurs enfants seront encore plus plongés dans un environnement terrifiant, celui de la précarité absolue, de l'individualisme total, avec en contrepoint un rassemblement autour d'idées rétrogrades qui seront les seules à présenter un socle commun de références.
Sculler.
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Je partage cette analyse.
Pour ma part, notre enfant est encore en maternelle et n'a aucune conscience de ce qui se passe. En ce moment, il est heureux car nous lui offrons un cadre de vie sain.
Cependant, la crise m'a fait prendre conscience de ma vulnérabilité. Nous avons la chance de travailler à deux afin de pouvoir financer notre logement à la campagne. Pourtant, si je compare ma situation à celle des parents des années 60, elle est plus difficile car nous devons travailler à deux pour vivre correctement, alors qu'auparavant un seul salaire suffisait. Si l'un de nous deux perd son travail, nous serions en très grande difficulté.
Déjà, notre enfant en subit les conséquences à cause des nombreuses heures passées en garderie.
Alors, je fais de mon mieux pour économiser, faire mon jardin pour produire de la nourriture, car la préservation de notre logement est essentiel à l'éducation de notre enfant. Il s'agit en effet de lui procurer un environnement stable afin qu'il puisse s'épanouir.
Survivre, tenir le plus longtemps possible, est mon obsession. Développer des stratégies de survie est essentiel par les mauvais temps que nous subissons. En espérant que l'avenir sois meilleur.
Pour ma part, notre enfant est encore en maternelle et n'a aucune conscience de ce qui se passe. En ce moment, il est heureux car nous lui offrons un cadre de vie sain.
Cependant, la crise m'a fait prendre conscience de ma vulnérabilité. Nous avons la chance de travailler à deux afin de pouvoir financer notre logement à la campagne. Pourtant, si je compare ma situation à celle des parents des années 60, elle est plus difficile car nous devons travailler à deux pour vivre correctement, alors qu'auparavant un seul salaire suffisait. Si l'un de nous deux perd son travail, nous serions en très grande difficulté.
Déjà, notre enfant en subit les conséquences à cause des nombreuses heures passées en garderie.
Alors, je fais de mon mieux pour économiser, faire mon jardin pour produire de la nourriture, car la préservation de notre logement est essentiel à l'éducation de notre enfant. Il s'agit en effet de lui procurer un environnement stable afin qu'il puisse s'épanouir.
Survivre, tenir le plus longtemps possible, est mon obsession. Développer des stratégies de survie est essentiel par les mauvais temps que nous subissons. En espérant que l'avenir sois meilleur.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Hé arretez on va se pendre
Il faut rester optimiste, contre vents & marées, je pense que cette crise noircit notre quotidien et notre futur proche, mais l'Histoire nous apprend que les crises sont inévitables, elles se sont souvent terminées par des guerres, alors si celle là réalise la prouesse de nous éviter la guerre, ce sera déjà beaucoup de progrès pour nos enfants.
Je relève 2 tares majeures de nos sociétés:
- le pouvoir financier
- l'impuissance politique
Il n'est pas dit que cela soit impossible à changer
Il faut rester optimiste, contre vents & marées, je pense que cette crise noircit notre quotidien et notre futur proche, mais l'Histoire nous apprend que les crises sont inévitables, elles se sont souvent terminées par des guerres, alors si celle là réalise la prouesse de nous éviter la guerre, ce sera déjà beaucoup de progrès pour nos enfants.
Je relève 2 tares majeures de nos sociétés:
- le pouvoir financier
- l'impuissance politique
Il n'est pas dit que cela soit impossible à changer
_________________
"Il n'y a pas pire ennemi, qu'un ami trahi" - maxi 2012

maxi- Francophonomaniaque

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Le problème est que l'impuissance politique face au pouvoir financier a été une décision...politique (la politique de l'UE depuis 30 ans parle d'elle-même) ! Ce n'est pas une loi naturelle, comme les néolibéraux essayent de nous le faire croire.
En même temps, on peut toujours espérer qu'une autre décision politique enclenchent le mouvement inverse. C'est mal parti.
En même temps, on peut toujours espérer qu'une autre décision politique enclenchent le mouvement inverse. C'est mal parti.
_________________
"Selon l'éthique capitaliste, il est tout à fait normal de laisser un homme mourir de faim après 40 ans de service ; au contraire, c'est sans doute du bon business, une réduction nécessaire des dépenses qui fait partie des obligations envers les actionnaires" (G. Orwell)
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
La politique de l'UE a été planifiée depuis 1946 par Monet l'américain sur les recommandations du général Marshall et l'ensemble étant en fait inclus dans l'OTAN et son programme de démilitarisation de l'Europe pour la transformer en colonie de consommateurs castrés.
De là à voir la main des Rotschild et consorts derrière tout ça il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement, car la politique même des USA est sous influence de façon évidente depuis la mort de JFK !
Bref une poignées de financiers dirigent le monde, c'est simple et hélas évident désormais
De là à voir la main des Rotschild et consorts derrière tout ça il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement, car la politique même des USA est sous influence de façon évidente depuis la mort de JFK !
Bref une poignées de financiers dirigent le monde, c'est simple et hélas évident désormais
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maxi- Francophonomaniaque

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Il ne faut pas sous-estimer un recours ...aux armes .....
pour se débarrasser des empêcheurs de tourner
Le printemps arabe est là pour nous le rappeler .
Quand le lait déborde, ça va en général assez vite
pour se débarrasser des empêcheurs de tourner
Le printemps arabe est là pour nous le rappeler .
Quand le lait déborde, ça va en général assez vite

Clavier- Gd Officier de la francophonie

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Date d'inscription: 14/06/2010
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Loi naturelle ... Justement, on peut se poser la question si, compte tenu de l'évolution de l'espèce humaine, il n'y a pas précisément un aspect naturel à ce qui nous arrive.
Mon idée est que nous sommes pratiquement tous (je ne veux pas généraliser, mais je pense que c'est plus de 99% des hommes et femmes de notre planète) d'accord pour accorder à l'argent une valeur et une place primordiale dans notre vie et notre psychisme.
On peut dénigrer l'argent, mépriser les riches, regretter le culte de l'argent roi, mais nous sommes tous conditionnés par la valeur de l'argent, au point que si nous devions tout d'un coup devenir très riches, nous n'y renoncerions certainement pas.
Ainsi, l'argent s'est imposé dans notre fond culturel comme une extension de nous-mêmes, au même titre que les facultés physiques pouvaient, à une certaine époque, constituer un atout pour l'exercice du pouvoir, ou plus prosaïquement pour la reproduction de l'espèce.
D'ailleurs, je crois bien me souvenir que des études de sociologie ont montré que les femmes, considérées comme "reproductrices de l'espèce humaine" dans ces études, privilégiaient les hommes arborant des signes extérieurs de richesse pour devenir éventuellement les "reproducteurs" et les protecteurs de leur progéniture (lu il y a quelques années dans Courrier International, la sélection des "mâles" se faisant sur photo, avec un jeu de questions croisées pour sélectionner l'homme le plus "attirant"). La conclusion de ce genre d'étude nous amène à penser que l'argent est devenu un facteur pris en compte pour la reproduction, et donc que la "loi de la nature" s'est bien adaptée à notre évolution sociétale.
Ainsi, il est bien possible que globalement le règne de l'argent, qui se traduit par la libéralisation du commerce et l'abolition des anciens modes de société (dont la société "protectrice" de ses membres) devienne le modèle "naturel" d'évolution de l'espèce humaine.
Nous sommes en transition vers cette nouvelle société (qui sera aussi une étape, mais vers quoi d'autre ?) et cela est en route depuis plusieurs générations, et à chaque nouvelle génération, nous entrons un peu plus dans cette société individualiste où la loi sera celle du plus riche. Comme cela a été évoqué au début, à chaque nouvelle génération, on constate une adaptation à un environnement de plus en plus hostile et "isolationniste", dans lequel les relations humaines et sociales sont régies par un rapport de force au regard de la richesse.
Mais est-ce une nouveauté ? Je pense que non, car si on remonte le temps de quelques siècles (au-delà, nous n'avons plus assez de détails de la vie de nos ancêtres pour le mesurer aussi efficacement) nous constatons aussi que chaque génération a évolué de manière assez sensible par rapport à celle qui l'a précédée. Ainsi le XIXème siècle a-t-il, des soubresauts de l'après révolution française à la crise ethno-politique qui a provoqué la 1ère guerre mondiale, été marqué par des évolutions remarquables des mentalités et de l'environnement social qui correspondait à des cycles de 15 à 25 années.
Nous avons le sentiment que tout va "de plus en plus mal", et nous pouvons légitimement regretter que le monde qu'on présente à nos enfants ne soit pas à la hauteur des espérance que nous avions étant jeunes.
Quand nous regardons nos prédécesseurs, je me dis que la génération de l'immédiat après guerre (1945-1955) a connu sans aucun doute la période la plus faste que notre civilisation occidentale ait jamais connue, au moins sur le plan social et sociétal : pas de guerre, du travail, des ressources en croissance, des moeurs relativement libres grâce à la pilule contraceptive et avant l'arrivée du SIDA, leurs enfants (qui ont la quarantaine maintenant) ont fait des études sans qu'ils les saignent aux 4 veines, et se débrouillent maintenant comme ils peuvent, et enfin, ils ont eu une retraite à 60 ans, avec un taux de pension qui ne sera plus jamais le même à l'avenir.
La chute a été rapide et brutale, puisque les petits enfants de ces personnes (nos enfants, en somme) sont confrontés à des incertitudes sociales sans précédent et à des pertes de repère qui les amènent à se replier sur eux-mêmes (individualisme) ou à rechercher un lien social et d'identité dans l'obscurantisme des religions (où ils se trouvent sous l'influence de personnes plus âgées qui les exploitent pour de visées politiques). Et ces jeunes héritent en plus de nos névroses développées face aux évolutions négatives d'une société qui aurait dû nous protéger et nous exclut trop facilement.
Mais dans le fond, ne sommes-nous pas là, toujours, dans un cycle de loi "naturelle", celle de l'évolution de l'espèce humaine, et de sa nécessaire adaptation à un environnement changeant, qu'il soit "naturel" ou créé par l'homme lui-même ?
Sculler.
Mon idée est que nous sommes pratiquement tous (je ne veux pas généraliser, mais je pense que c'est plus de 99% des hommes et femmes de notre planète) d'accord pour accorder à l'argent une valeur et une place primordiale dans notre vie et notre psychisme.
On peut dénigrer l'argent, mépriser les riches, regretter le culte de l'argent roi, mais nous sommes tous conditionnés par la valeur de l'argent, au point que si nous devions tout d'un coup devenir très riches, nous n'y renoncerions certainement pas.
Ainsi, l'argent s'est imposé dans notre fond culturel comme une extension de nous-mêmes, au même titre que les facultés physiques pouvaient, à une certaine époque, constituer un atout pour l'exercice du pouvoir, ou plus prosaïquement pour la reproduction de l'espèce.
D'ailleurs, je crois bien me souvenir que des études de sociologie ont montré que les femmes, considérées comme "reproductrices de l'espèce humaine" dans ces études, privilégiaient les hommes arborant des signes extérieurs de richesse pour devenir éventuellement les "reproducteurs" et les protecteurs de leur progéniture (lu il y a quelques années dans Courrier International, la sélection des "mâles" se faisant sur photo, avec un jeu de questions croisées pour sélectionner l'homme le plus "attirant"). La conclusion de ce genre d'étude nous amène à penser que l'argent est devenu un facteur pris en compte pour la reproduction, et donc que la "loi de la nature" s'est bien adaptée à notre évolution sociétale.
Ainsi, il est bien possible que globalement le règne de l'argent, qui se traduit par la libéralisation du commerce et l'abolition des anciens modes de société (dont la société "protectrice" de ses membres) devienne le modèle "naturel" d'évolution de l'espèce humaine.
Nous sommes en transition vers cette nouvelle société (qui sera aussi une étape, mais vers quoi d'autre ?) et cela est en route depuis plusieurs générations, et à chaque nouvelle génération, nous entrons un peu plus dans cette société individualiste où la loi sera celle du plus riche. Comme cela a été évoqué au début, à chaque nouvelle génération, on constate une adaptation à un environnement de plus en plus hostile et "isolationniste", dans lequel les relations humaines et sociales sont régies par un rapport de force au regard de la richesse.
Mais est-ce une nouveauté ? Je pense que non, car si on remonte le temps de quelques siècles (au-delà, nous n'avons plus assez de détails de la vie de nos ancêtres pour le mesurer aussi efficacement) nous constatons aussi que chaque génération a évolué de manière assez sensible par rapport à celle qui l'a précédée. Ainsi le XIXème siècle a-t-il, des soubresauts de l'après révolution française à la crise ethno-politique qui a provoqué la 1ère guerre mondiale, été marqué par des évolutions remarquables des mentalités et de l'environnement social qui correspondait à des cycles de 15 à 25 années.
Nous avons le sentiment que tout va "de plus en plus mal", et nous pouvons légitimement regretter que le monde qu'on présente à nos enfants ne soit pas à la hauteur des espérance que nous avions étant jeunes.
Quand nous regardons nos prédécesseurs, je me dis que la génération de l'immédiat après guerre (1945-1955) a connu sans aucun doute la période la plus faste que notre civilisation occidentale ait jamais connue, au moins sur le plan social et sociétal : pas de guerre, du travail, des ressources en croissance, des moeurs relativement libres grâce à la pilule contraceptive et avant l'arrivée du SIDA, leurs enfants (qui ont la quarantaine maintenant) ont fait des études sans qu'ils les saignent aux 4 veines, et se débrouillent maintenant comme ils peuvent, et enfin, ils ont eu une retraite à 60 ans, avec un taux de pension qui ne sera plus jamais le même à l'avenir.
La chute a été rapide et brutale, puisque les petits enfants de ces personnes (nos enfants, en somme) sont confrontés à des incertitudes sociales sans précédent et à des pertes de repère qui les amènent à se replier sur eux-mêmes (individualisme) ou à rechercher un lien social et d'identité dans l'obscurantisme des religions (où ils se trouvent sous l'influence de personnes plus âgées qui les exploitent pour de visées politiques). Et ces jeunes héritent en plus de nos névroses développées face aux évolutions négatives d'une société qui aurait dû nous protéger et nous exclut trop facilement.
Mais dans le fond, ne sommes-nous pas là, toujours, dans un cycle de loi "naturelle", celle de l'évolution de l'espèce humaine, et de sa nécessaire adaptation à un environnement changeant, qu'il soit "naturel" ou créé par l'homme lui-même ?
Sculler.
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Ulmo a écrit:Ce sont les enfants qui sont les victimes de la crise. Or, ce seront eux qui hériteront d'une Europe qui s'écroule, d'un tissu industriel en ruine. Que vont-ils devenir ?
Ce que je craignait à propos des enfants prend encore une dimension plus effrayante en Grèce :
Les orphelins de la crise
Selon les services sociaux, les cas d'abandon d'enfants, que les familles ne peuvent plus nourrir, se sont multipliés ces derniers mois. Reportage
http://www.courrierinternational.com/article/2012/01/12/les-orphelins-de-la-crise
Un soir, Anna était encore à l'école. Et sa maman ne venait toujours pas venir la chercher. Les instituteurs ne savaient pas quoi faire. Puis la petite a sorti de sa poche un papier. C'était une note qu'elle ne pouvait déchiffrer à son âge. "Anna, je ne viendrai pas te chercher ce soir. Je n'ai pas d'argent, je ne peux plus m'occuper de toi. Pardon. Ta maman". La personne qui raconte cette histoire m'en parle comme d'un cas quotidien. "Dans cette situation, que pensez-vous que l'école puisse faire ? Ils ont appelé le juge pour enfants et ce dernier nous l'a envoyé", témoigne Stratos, responsable d'un centre d'accueil pour enfants en détresse.
Tout cela n'a rien d'un livre de Dickens. Cela se passe aujourd'hui, dans une banlieue d'Athènes. La maman d'Anna n'est pas folle. C'est une jeune femme qui a perdu son travail et a paniqué. Il y en aurait des centaines comme elle aujourd'hui en Grèce. Des parents, tombés dans une impasse économique et qui ne peuvent plus s'occuper de leurs enfants.
"Il y a encore deux ans, 95 % des admissions dans nos centres d'accueil concernaient des cas de mineurs maltraités", explique Marine, qui travaille depuis dix-neuf ans dans un de ces centres. "Alors qu'aujourd'hui, la moitié des demandes vient de parents très pauvres. Huit fois sur dix, ce sont des familles monoparentales qui n'ont pas de parents autour d'eux", poursuit-elle. "Le plus souvent, les enfants viennent avec leur mère. Elle leur montre la chambre, le lit et me présente. Puis elle s'en va en disant 'je t'aime' et l'enfant reste collé à la porte en voyant sa mère s'éloigner", raconte encore Marina, qui succombe à l'émotion en racontant ces scènes de séparation. "Ces enfants ne crient pas, ne pleurent pas. Ils restent plantés devant la porte jusqu'à ce que l'ombre de leur maman disparaisse. Quand il y a des frères et sœurs, on ne peut pas les séparer immédiatement. Surtout le premier soir. On les met dans des lits séparés puis ont les retrouve dans le même quelques instants plus tard, enlacés, pour être certains de ne pas se perdre...".
En principe, ces foyers ne sont pas destinés à ce genre de situations. Pour les familles pauvres, il y a les services sociaux. Mais la pauvreté n'arrive jamais seule. "L'autre jour, on a eu le cas de cette petite fille", raconte une assistante sociale. "Elle avait trois ans et elle ne connaissait pas plus de quinze mots. Les médecins l'ont auscultée, elle se portait bien. Son père travaille du matin au soir sur des chantiers, sa maman est handicapée et ils ne pouvaient plus s'occuper de leur enfant. Quand personne ne te parle, comment peut-on apprendre la langue ?". La pauvreté conduit à la destruction du foyer et parfois aux mauvais traitements, témoignent encore les responsables des services sociaux. Ainsi, beaucoup de parents, avant d'arriver à l'extrême déchéance, préfèrent leur confier leurs enfants.
"Un jour, j'ai trouvé une femme à l'entrée du foyer, tenant sa fille par la main", reprend Marina. "Elle lui disait : 'Ne crois pas que maman ne t'aime pas. Elle t'adore, mais elle n'a pas de quoi te nourrir. Ici, les gens sont gentils, tu verras'. Que voulait faire cette mère ? Laisser son enfant chez nous et repartir ? Quelque soit le nombre d'années passées dans ce métier, il y a des choses qu'on n'accepte pas. Comme l'image de cette femme qui tient son enfant par la main et lui explique qu'elle va l'abandonner", conclut Marina.
Ceci ne vous rappelles rien ? Ces cas d'abandon sont fréquents dans les pays pauvres. On pouvait entendre parler de cela au journal télévisé concernant le tiers monde, mais maintenant, cela se passe en Grèce. Donc chez nous, en Europe. Ce ne sont pas des cas isolés d'abandon de la part de mère immatures, mais des cas dus à la crise économique.
Elle est étrange cette Europe, où une dizaine d'années auparavant on nous faisait miroiter la prospérité économique et un avenir radieux grâce à l'Euro. Hélas, c'est tout le contraire qui arrive. Pouvait-on imaginer une seule seconde il y a 10 ans, qu'un pays de l'eurozone en arriverait là ? 10 ans seulement. Et dans 10 ans, comment ce sera ?
Ce cas annonce un effondrement de la structure étatique : peuple souffrant de plus en plus de la pauvreté, école, commissariat, soins de santé de moins en moins financé et dettes publiques de plus en plus insupportables.
Je crains le pire.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
J'ajoute à cela que ces enfants seront marqués à vie par leur abandon, tout autant que les enfants qui ont vu leur parents se faire massacré à coup de machette au Rwanda. Ces enfants héritent de notre monde. Quel jugement porteront-ils sur nos sociétés dans le futur ?

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Ulmo a écrit: Quel jugement porteront-ils sur nos sociétés dans le futur ?
Le plus dur c'est que malgré tout ce qui se passe aujourd'hui, nos politiques au lieu de faire l'aveu d'un échec et d'une politique menée propose d'appliquer des petits pansements par-ci par-là ... au lieu de changer le système en bonne intelligence.
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Damocles a écrit:Le plus dur c'est que malgré tout ce qui se passe aujourd'hui, nos politiques au lieu de faire l'aveu d'un échec et d'une politique menée propose d'appliquer des petits pansements par-ci par-là ... au lieu de changer le système en bonne intelligence.
Il ne changeront pas un système dont ils profitent. Cependant, je me demande si toutes ces crises qui arrivent en même temps ont une solution : crise financière, énergétique, écologique, raréfaction des matières premières, surpopulation...

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Pour toutes celles que tu viens de citer des solutions nous sont proposées pourquoi ne pas tenter de les appliquer, il est inutile de rester dans un fatalisme béant, nous avons le pouvoir de changer la classe dirigeante par une autre qui a d'autres idées, alors changeons là, Rome ne se fera pas en un jour. Mais nous arriverons à changer notre mode de fonctionnement et à palier à c'est différentes crises. Sinon on vote pour les même et on recommence ...
On a le choix entre tenter de tout solutionner maintenant ou repartir comme avant et se plaindre continuellement...
On a le choix entre tenter de tout solutionner maintenant ou repartir comme avant et se plaindre continuellement...
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Damocles a écrit:Rome ne se fera pas en un jour.
Rome ne s'est pas faites en un jour, mais elle s'est effondrée en un jour.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Damocles a écrit:Pour toutes celles que tu viens de citer des solutions nous sont proposées pourquoi ne pas tenter de les appliquer, il est inutile de rester dans un fatalisme béant
Ce n'est pas du fatalisme, mais du réalisme. Prenons les différentes crises et tentons d'apporter des solutions :
- Crise énergétique : isole ta maison, installe des panneaux solaires ou place une éolienne. C'est bien. Mais combien çà coûte ? Il faut absolument avoir un bon boulot non délocalisable pour pouvoir payé tout cela.
En ce qui concerne les transports, on peut bien entendu passer au voiture électrique. Combien il y a de voiture électrique dans le monde ? Dès lors, quelle quantité de lithium faudra-t-il extraire ? (et pour extraire cela, il faudra beaucoup de pétrole)
- Sécurité : Des quartiers entiers sont sont contrôles de bandes. Je te propose d'aller négocier un monde meilleur avec eux.
- Alimentation : faire son potager, manger sain est possible. Cependant, tout le monde n'a pas de potager. Les rendements agricoles baissent partout. A titre d'exemple, la pomme que tu manges aura nécessité 25 traitement d'engrais et pesticides pour être produite.
- Financière : est-ce que l'on a désintoxiqué les banques de leurs produits ultra spéculatif ? Est-ce que l'on taxe davantage les riches ? Et les dettes, va-t-on pouvoir les rembourser ?
Je ne dit pas que tout cela est sans solution, mais que le nombre de crises est tel et leur convergence feront que les années qui sont devant nous seront pires que celles qui sont derrières. Et la meilleure chose à faire est de nous y préparer.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Ulmo a écrit:Damocles a écrit:Rome ne se fera pas en un jour.
Rome ne s'est pas faites en un jour, mais elle s'est effondrée en un jour.
C'est complètement faux.
Autant je conçois qu'il faille être lucide sur l'état du monde, autant ce catastrophisme désespéré m'énerve.
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Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Surtout que Rome ne s'est en rien effondrée en un jour...
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"Selon l'éthique capitaliste, il est tout à fait normal de laisser un homme mourir de faim après 40 ans de service ; au contraire, c'est sans doute du bon business, une réduction nécessaire des dépenses qui fait partie des obligations envers les actionnaires" (G. Orwell)
Re: Nos enfants, victimes silencieuses de la crise
Tofraziel a écrit:Surtout que Rome ne s'est en rien effondrée en un jour...![]()
C'est une façon de parler.
L'empire Romain se divise définitivement en 395 entre un empire d'Occident et un Empire d'Orient.
En 439, Les Vandales occupent Cathage, privant ainsi Rome de ressources, notamment du blé.
En 455, les Vandales prennent Rome.
Romulus Augustule fut le dernier empereur romain d'Occident. Il fut déposé par Odoacre en 476.
En 81 ans, l'empire romain s'est effondré. Il faut ajouter à cela que les romains ont connu l'inflation des pris, une immigration massive, une perte de confiance dans l'autorité, une diminution des dépense militaires (çà ne vous rappelles rien). En l'an 600, il ne restait plus que 15 milles habitants à Rome alors que celles-ci comptait un million d'habitant auparavant.
Je ferme cette parenthèse historique.
Certes, il faut être lucide sur l'état du monde. Mais, Tofraziel, si dix ans auparavant, quelqu'un t'avait dit que l'Euro serait menacé, que des femmes abandonneraient des enfants en Grèce, fautes de pouvoir les nourrir, et que demain ce serait peut-être le tour de l'Italie, de l'Espagne et même de la France, aurais-tu cru une seconde cette personne ?
Peut-être que non. Alors, pour ma part, je ne fait plus confiance au promesses politiques, au "y a qu'a faire ceci" ou "y a qu'a faire cela". Je veux du concret.
Et lorsque l'on analyse objectivement la situation du monde et les solutions que l'on propose, alors oui je suis inquiet.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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