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Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables
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Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables
Point de vue | LEMONDE | 07.12.11 |
L'affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. "Corollaire" : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l'accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l'électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l'avenir.
Si l'électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c'est parce que l'Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L'évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.
Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s'observe en particulier sur les coûts d'investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d'investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L'EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant - hypothèse optimiste - que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d'euros), on atteint 3,64 euros le watt - 4,7 fois plus qu'en 1974.
Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d'accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d'apprentissage, et c'est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l'inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher.
UNE BAISSE IMPRESSIONNANTE
En comparaison, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, le coût d'investissement de l'éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même "normalisé" pour prendre en compte l'intermittence, le coût d'investissement de l'éolien est environ 15 % inférieur à celui de l'EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l'électricité d'origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.
Quant à l'énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l'intermittence, le coût d'investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l'EPR (en incluant le démantèlement) que d'environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d'ici à 2020. Comme l'écrit le Prix Nobel d'économie Paul Krugman, "si la tendance à la baisse continue (et elle semble s'accélérer) nous ne sommes plus qu'à quelques années du point où la production d'électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon". Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c'est aussi le cas pour l'EPR (340 millions d'euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l'EPR de Flamanville).
Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l'électricité d'origine nucléaire ou fossile, pour peu qu'elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d'accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l'énergie : la mobilisation des flux d'énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d'énergie ?
L'affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. "Corollaire" : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l'accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l'électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l'avenir.
Si l'électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c'est parce que l'Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L'évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.
Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s'observe en particulier sur les coûts d'investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d'investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L'EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant - hypothèse optimiste - que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d'euros), on atteint 3,64 euros le watt - 4,7 fois plus qu'en 1974.
Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d'accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d'apprentissage, et c'est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l'inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher.
UNE BAISSE IMPRESSIONNANTE
En comparaison, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, le coût d'investissement de l'éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même "normalisé" pour prendre en compte l'intermittence, le coût d'investissement de l'éolien est environ 15 % inférieur à celui de l'EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l'électricité d'origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.
Quant à l'énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l'intermittence, le coût d'investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l'EPR (en incluant le démantèlement) que d'environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d'ici à 2020. Comme l'écrit le Prix Nobel d'économie Paul Krugman, "si la tendance à la baisse continue (et elle semble s'accélérer) nous ne sommes plus qu'à quelques années du point où la production d'électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon". Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c'est aussi le cas pour l'EPR (340 millions d'euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l'EPR de Flamanville).
Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l'électricité d'origine nucléaire ou fossile, pour peu qu'elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d'accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l'énergie : la mobilisation des flux d'énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d'énergie ?
Re: Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables
Depuis qu'on vous dit que le coût global du nucléaire est le seul qu'il faut utiliser pour comparer
_________________
"Il n'y a pas pire ennemi, qu'un ami trahi" - maxi 2012

maxi- Francophonomaniaque

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Nombre de messages: 10770
Date d'inscription: 11/09/2005
Re: Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables
Soit dit en passant, je dois donner un bon point au programme de Hollande sur cette question. C'est réaliste et intelligent.
Par contre je ne vois pas assez (et c'est pareil ici) d'incitatifs à l'autonomie énergétique des individus, familles et communautés. Nulle part on a fait ce genre de virage quoiqu'au Japon on a fait un bout de chemin. Comme je le soulignais ailleurs, il faut inverser la pyramide et faire en sorte que ce ne soit pas d'immenses entreprises soit publiques ou privées qui s'approprient la production de l'énergie. Il faut revenir à la base. Et il faut, collectivement, encourager chaque citoyen, par des mesures de support et d'incitation, à se prendre en charge. Les nouvelles constructions doivent être construites avec cet objectif au moment de leur conception et construction. Il faut aussi prévoir un financement particulier à tout cela comme des prêts hypothécaires particuliers et incitatifs pour cette partie de l'oeuvre et la même chose pour des rénovations aux bâtiments existants.
Par contre je ne vois pas assez (et c'est pareil ici) d'incitatifs à l'autonomie énergétique des individus, familles et communautés. Nulle part on a fait ce genre de virage quoiqu'au Japon on a fait un bout de chemin. Comme je le soulignais ailleurs, il faut inverser la pyramide et faire en sorte que ce ne soit pas d'immenses entreprises soit publiques ou privées qui s'approprient la production de l'énergie. Il faut revenir à la base. Et il faut, collectivement, encourager chaque citoyen, par des mesures de support et d'incitation, à se prendre en charge. Les nouvelles constructions doivent être construites avec cet objectif au moment de leur conception et construction. Il faut aussi prévoir un financement particulier à tout cela comme des prêts hypothécaires particuliers et incitatifs pour cette partie de l'oeuvre et la même chose pour des rénovations aux bâtiments existants.
Re: Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables
Ce genre de situation démontre clairement que la gestion court terme des élus est un de nos problèmes de gouvernance: Quand un Roy ou un Empereur prenait une décision, il le faisait dans l'intérêt général mais surtout il réfléchissait sur 20 ou 30 ans, voire plus, et c'est ce qui a permis les grands travaux et les orientations politiques courageuses, c'est ce qui a fait la grandeur de ce pays.
Quand de Gaulle a choisi la filière nucléaire, c'était ds le contexte de la reconstruction du pays sur les ruines de la 2e Guerre Mondiale et de l'Empire, notamment après la perte du pétrole et gaz algérien, voila pour le contexte, mais surtout, il le fît pour 50 ans et pas pour gagner l'élection suivante !
On vit cette tare pour quasiment tout:
financement de la sécu, nombre de médecins, nombre de fonctionnaires, énergies, ferroutage, transports, ...
Quand de Gaulle a choisi la filière nucléaire, c'était ds le contexte de la reconstruction du pays sur les ruines de la 2e Guerre Mondiale et de l'Empire, notamment après la perte du pétrole et gaz algérien, voila pour le contexte, mais surtout, il le fît pour 50 ans et pas pour gagner l'élection suivante !
On vit cette tare pour quasiment tout:
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maxi- Francophonomaniaque

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