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Sortir du Nucléaire et du reste: in fine
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Sortir du Nucléaire et du reste: in fine
La France peut-elle sortir du nucléaire?
LEMONDE.FR | 24.11.11
Le choc de Fukushima a conduit à poser une question longtemps interdite : la France peut-elle abandonner l’énergie nucléaire ? Et le débat peut s’organiser, entre deux des meilleurs spécialistes de l’énergie. L’un, Thierry Salomon, est ingénieur énergéticien, et préside l’association négaWatt, qui vient de publier un scénario de transition énergétique. Quant à Bertrand Barré, il a été directeur des réacteurs au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et attaché nucléaire près de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Il est aujourd’hui conseiller scientifique auprès d’Areva. Pour la première fois, ces personnalités très opposées échangent leurs points de vue.
Thierry Salomon, vous présidez l’association négaWatt et vous venez de publier un rapport sur une stratégie de sortie du nucléaire à l’horizon 2050. Quels en sont les principaux axes ?
Thierry Salomon. D’abord, ce n’est pas un scénario de sortie du nucléaire, mais un scénario de transition énergétique. Celle-ci concerne à la fois nos usages et nos besoins en chaleur, en mobilité et en électricité spécifique. Le point essentiel du scénario est la nécessité d’une action très forte sur la maîtrise de la demande énergétique, par la sobriété et par l’efficacité énergétiques. La sobriété appelle à une réflexion sur la façon de consommer l’énergie, ce qui renvoie aux comportements individuels et collectifs. Nous disons qu’il faut limiter les usages extravagants par la réglementation. Il faut réfléchir au bon dimensionnement des appareils, à leur juste utilisation, faire en sorte, par exemple, que les appareils ne fonctionnent que quand il y a quelqu’un pour en bénéficier. On dispose là d’un gisement d’économie considérable, souvent accessible à un coût extrêmement faible.
Le deuxième niveau est celui de l’efficacité énergétique. Il y a de grands progrès à faire sur le rendement des appareils, en considérant toute la chaîne depuis la production de l’énergie jusqu’à son utilisation. Le troisième étage est celui des énergies renouvelables, qui sont des énergies de flux par opposition aux énergies de stock. Les énergies de stock reposent sur des stocks finis que sont le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium. Il faut passer à un autre équilibre, basé sur les énergies de flux, principalement celles du soleil, soit directement, soit par le vent, qui dépend du soleil, ou par la biomasse, qui découle de la photosynthèse.
Et de votre côté, Bertrand Barré, adhérez-vous à ce scénario ?
Bertrand Barré. Dans sa globalité non, à certaines parties oui. On ne peut qu’être d’accord avec tout ce qui est dit sur la sobriété et l’efficacité. Mais il est très ambitieux. En revanche, je ne suis pas convaincu que négaWatt n’est pas fondé sur l’idée de sortir du nucléaire, donc de réduire la part de l’électricité dans la consommation énergétique. Quand on parle rendement et qu’on fait une analyse complète, on constate que le passage par l’électricité se traduit souvent par une économie. Et donc, je compare négaWatt à un autre scénario qui s’appelle Négatep, que l’on peut trouver sur le site Internet de l’association Sauvons le climat : son but est le même, c’est-à-dire diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050, mais dans l’idée que le problème est surtout de réduire la part des combustibles fossiles.
Dans ces conditions, on peut augmenter la part de l’électricité, donc du nucléaire et du renouvelable dans des proportions accessibles et sans avoir à être trop tyrannique. Il y a des choses à faire, mais le pourra-t-on ? Je prends un exemple : à cause de l’intermittence des électricités renouvelables, ce serait bien de pouvoir faire beaucoup plus de stockage dans les barrages hydrauliques. Cela impliquerait de réaliser quatre ou cinq équipements comme Grand’Maison, qui est le dernier grand barrage construit en France. Eh bien, ces dernières années, quand on a proposé de faire des barrages de beaucoup plus faible ampleur pour régulariser le cours supérieur de la Loire, on en a été empêché par une très vive résistance.
Donc, sur le papier, il y a des choses qu’on trouve bien mais, au moment où il faudra obtenir l’adhésion des populations, ce ne sera pas forcément facile. C’est vrai pour les stations de pompage, comme pour l’éolien au-delà d’une certaine taille. L’exemple du gaz de schiste montre aussi que tout nouvel investissement énergétique est devenu beaucoup plus sensible qu’au moment où en 1974 on a pu lancer le programme nucléaire.
T. S. Mais notre scénario n’est pas tyrannique ! Au contraire ! Il repose beaucoup sur l’action territoriale, c’est-à-dire qu’il considère que c’est à partir des territoires que l’on va développer la production d’énergie. Il suppose que les citoyens comprennent mieux ce qu’est l’énergie, qu’ils se l’approprient. Par exemple, on peut tout à fait imaginer, et cela commence à venir, un éolien beaucoup plus participatif. Quand des citoyens vont voir tourner des éoliennes à proximité, en comprenant qu’ils en sont les premiers bénéficiaires, y compris sur leurs factures, leur regard sera bien différent. Ce qu’il ne faut pas, c’est un éolien parachuté de la même façon que le programme nucléaire en 1974. Mais il n’y a pas que l’éolien. La plus importante des énergies renouvelables sera la biomasse, avec 43 % de nos sources d’énergie.
Du bois, pour l’essentiel…
T. S. Du bois, mais aussi les déjections, les sous-produits agricoles, le biogaz, etc. Et ça, c’est considérable. Mais je voudrais revenir sur l’intermittence de l’énergie solaire et du vent, c’est-à-dire le fait qu’elles ne produisent pas en permanence de l’électricité. Le scénario de négaWatt ne prévoit pas des barrages importants supplémentaires. Pour faire face à la variabilité du photovoltaïque et de l’éolien, une série de stratégies est possible. La première est l’effacement, c’est-à-dire reculer une consommation de quelques heures aux moments de tension. La deuxième est un abandon du chauffage électrique, ce qui réduira les pointes de consommation. Troisième élément, le recours aux réseaux intelligents, dits smart grids, dans lesquels on place de l’intelligence au niveau de la gestion du réseau. Enfin, on propose la « méthanation », qui se développe en Allemagne : c’est la production de gaz méthane à partir de l’électricité en excès. Ce méthane est envoyé dans le réseau de gaz. Au lieu de raisonner seulement sur le réseau électrique, il faut réfléchir sur deux réseaux, gaz et électricité. Comme il y a dans le réseau gaz des possibilités importantes de stockage, cette combinaison permettra d’ajuster offre et demande.
B. B. La production éolienne est prédictible, certes, mais très irrégulière et les pics sont considérables. Puisqu’en gros vous multipliez par vingt le réseau par rapport à aujourd’hui, je ne crois pas que vous réussirez à en faire un avec tellement d’éolien. Même avec beaucoup d’intelligence. Ensuite, votre scénario est effectivement un scénario « tout-biomasse ». Il implique de libérer des espaces, du coup, il faut cesser de manger de la viande et du lait parce que la culture de céréales occupe moins de place. Je trouve que c’est très directif. Il n’est pas sûr que les gens l’aimeraient.
Je vais prendre une image horrible, mais en 1942 quand je suis né, la France ne mangeait pas de viande, et c’était entièrement le retour à la terre. Ce n’est pas mon idéal. Beaucoup de mesures dans votre scénario sont très bonnes, mais poussées trop loin et, surtout, on suppose que tout marche à la fois. Le biogaz, vous le multipliez par trente. C’est beaucoup ! Je ne pense pas que votre scénario réussira à faire baisser la quantité de gaz importé. Et c’est une des choses qui me gêne le plus, parce que, aujourd’hui, le meilleur complément de l’éolien, qui permet de compenser sa variabilité, c’est malheureusement le gaz importé et fossile.
T. S. La comparaison avec 1942, je ne l’accepte pas. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? Nous sommes dans une situation de surconsommation de protéines, et avec des problèmes agricoles importants : par l’importation de soja pour l’alimentation du bétail, on utilise en fait des terres en dehors de notre pays. Nous disons qu’il faut retrouver un équilibre agricole et alimentaire. Par ailleurs, tous les indicateurs montrent que l’on est en surcharge pondérale. Donc, qu’il y ait aussi un lien entre la santé et l’énergie, pourquoi pas ? Il ne s’agit pas d’abandonner la consommation de viande ou de lait, évidemment. De la même façon, 3,4 millions de ménages en France vivent en situation de précarité énergétique, dans des logements qui se dégradent, mal chauffés, de plus en plus humides, et cela induit une mauvaise santé. Il faut donc un grand programme de rénovation énergétique : on baissera les consommations d’énergie et on améliorera le service énergétique rendu, ce qui inclut la santé des plus pauvres. Montons un grand plan qui s’étalera sur deux générations, qui nous conduira jusqu’à 2050. Si on ne le fait pas, si on se contente d’incitations, on restera sur une France à deux vitesses avec en sus des consommations d’énergie et des émissions de CO2 en augmentation.
B. B. Il est certain que la rénovation du logement est nécessaire, et je vous suis, cela ne se fera pas sans réglementation. Mais le rêve des habitants des grandes agglomérations est d’avoir un pavillon de banlieue. Or malheureusement, ce qui est économique en matière d’énergie, ce sont des immeubles. Donc là aussi, il faut aller contre une tendance assez spontanée. Dans un monde parfait ce serait très bien, mais ça n’est pas si facile que ça, d’inciter sans forcer. Tout cela ne pourra pas se faire sans être coercitif.
T. S. On est face à des limites physiques. Et il faut peut-être que nos concitoyens comprennent qu’il va falloir vivre dans ces limites physiques, en cherchant la meilleure harmonie possible par rapport à cela. C’est vrai que ça casse des rêves comme celui du pavillon de banlieue et du développement anarchique. Mais quelle est la contrepartie de ce rêve ? Les gens vivent à trente kilomètres de, par exemple, Montpellier, multiplient par quatre leur consommation d’énergie, ils ont deux voitures, qui passent beaucoup de temps dans les embouteillages. Ils deviennent prisonniers de l’énergie. Si on ne réagit pas aujourd’hui, ces gens auront de vrais problèmes, et pourraient même se retrouver en précarité énergétique.
B. B. Tous vos objectifs sont intéressants, je ne suis pas sûr qu’ils soient crédibles. Que dit l’autre scénario, le scénario Négatep ? Le but n’en est pas de sortir du nucléaire, mais du charbon et du gaz, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Notre point de vue est qu’il faut beaucoup d’électricité bon marché et stable, et que dans ces conditions, il faut retenir le nucléaire parce qu’il produit beaucoup d’électricité en n’occupant pas beaucoup de terrain et en n’émettant presque pas de gaz à effet de serre. Nous envisageons ainsi à peu près autant de réacteurs qu’aujourd’hui, mais plus gros : environ 60 réacteurs EPR de 1 600 mégawatts, qui s’installeraient sur les sites actuels par remplacement progressif des réacteurs arrivant en fin de vie.
NégaWatt envisage une diminution de 60 % de la consommation d’énergie par habitant. Qu’en est-il dans votre scénario ?
B. B. Une baisse de l’ordre de 5 à 10 %, avec une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre.
T. S. Le nucléaire n’est plus une énergie d’avenir, pour plusieurs raisons : la première est la possibilité d’un accident, comme l’a montré Fukushima le 11 mars dernier. De plus, le nucléaire laisse aux générations à venir beaucoup plus de problèmes que de rentes. Qu’est-ce qui est laissé ? Des déchets et des réacteurs à démanteler. Le nucléaire n’ayant pas su résoudre ces questions, nous considérons qu’il n’est pas compatible avec un authentique développement soutenable. De plus, le coût du nucléaire augmente régulièrement depuis une vingtaine d’années, et cela va continuer avec les exigences de sécurité induites par Fukushima. Du côté des énergies renouvelables, le coût baisse régulièrement, et il devrait croiser celui du nucléaire, c’est-à-dire lui être inférieur d’ici cinq à quinze ans. Ceux qui arrêteront le nucléaire ne sont pas que les écologistes, mais bien les financiers et les assureurs.
B. B. Je ne suis absolument pas d’accord. Sur le coût du démantèlement, les Etats-Unis ont déjà réalisé des démantèlements complets de réacteurs du même type que les nôtres, comme à Maine Yankee, et les coûts correspondent à peu près à ce qui était prévu, c’est-à-dire la moitié du coût de construction de l’îlot nucléaire. Quant aux déchets, les coûts estimés restent extrêmement faibles par rapport au prix du kilowattheure. Vous avez raison de dire que jusqu’ici, on n’a pas encore été au bout de la démonstration du stockage géologique. Mais en 2025, on aura un stockage géologique, comme le prévoit la loi, les Suédois et les Finlandais en auront un, et les Américains en ont déjà un depuis 1998, qui reçoit les déchets militaires – c’est le Waste Isolation Pilot Plant, à Carlsbad, au Nouveau-Mexique, à 600 mètres de profondeur. On peut prendre aussi l’exemple des réacteurs fossiles au Gabon, des réacteurs naturels qui ont fonctionné il y a près de deux milliards d’années, et dont tous les déchets sont restés confinés par la couche géologique où ils se trouvaient. Donc le concept de stockage géologique est vraiment fort.
La proposition du candidat socialiste à la présidentielle de réduire la part nucléaire dans le bilan électrique français à 50 % vous paraît-elle satisfaisante ?
T. S. Elle n’est pas claire. Un pourcentage, c’est un numérateur et un dénominateur. Et selon que la consommation augmente ou diminue, les 50 % représenteront un nombre de réacteurs très différent. En fait, le vrai problème est celui-ci : est-ce qu’on met en œuvre des EPR ou pas ? Si on ne le fait pas et qu’on arrive en fin de vie des réacteurs à 30 ou 40 ans, on ira vers une sortie du nucléaire de fait. Le problème, c’est le remplacement par un réacteur qui n’a pas encore produit dans le monde un seul kilowattheure et dont le coût de départ était affiché à trois milliards d’euros alors qu’il se révèle maintenant coûter plus de six milliards.
B. B. Réduire le nucléaire, c’est mieux que vouloir en sortir. Cela dit, je suis parfaitement d’accord : qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Est-ce qu’on pense que la consommation d’électricité va augmenter ou va baisser ? Vouloir arrêter maintenant l’EPR en construction à Flamanville serait un gâchis considérable. Il coûte plus cher que ce qui était prévu, mais c’est un prototype. Quand on lance un prototype, on n’a jamais de certitude absolue de ce que ça coûtera. En revanche, on sait très bien que ceux d’après coûteront moins cher. De plus, la durée de fonctionnement des réacteurs est sans doute plus longue que les trente ou quarante ans évalués que vous mentionnez. Aux Etats-Unis, sur 104 réacteurs, 63 sont déjà autorisés à fonctionner soixante ans. Donc on n’est pas obligé de construire des EPR au même rythme que dans les années 1970 et 1980. Au total, il est effectivement très important d’opérer une certaine transition énergétique, mais garder l’atout nucléaire fait partie d’un bon scénario pour arriver au bon endroit en 2050.
Le hors-série "Nucléaire", actuellement en kiosques.
LEMONDE.FR | 24.11.11
Le choc de Fukushima a conduit à poser une question longtemps interdite : la France peut-elle abandonner l’énergie nucléaire ? Et le débat peut s’organiser, entre deux des meilleurs spécialistes de l’énergie. L’un, Thierry Salomon, est ingénieur énergéticien, et préside l’association négaWatt, qui vient de publier un scénario de transition énergétique. Quant à Bertrand Barré, il a été directeur des réacteurs au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et attaché nucléaire près de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Il est aujourd’hui conseiller scientifique auprès d’Areva. Pour la première fois, ces personnalités très opposées échangent leurs points de vue.
Thierry Salomon, vous présidez l’association négaWatt et vous venez de publier un rapport sur une stratégie de sortie du nucléaire à l’horizon 2050. Quels en sont les principaux axes ?
Thierry Salomon. D’abord, ce n’est pas un scénario de sortie du nucléaire, mais un scénario de transition énergétique. Celle-ci concerne à la fois nos usages et nos besoins en chaleur, en mobilité et en électricité spécifique. Le point essentiel du scénario est la nécessité d’une action très forte sur la maîtrise de la demande énergétique, par la sobriété et par l’efficacité énergétiques. La sobriété appelle à une réflexion sur la façon de consommer l’énergie, ce qui renvoie aux comportements individuels et collectifs. Nous disons qu’il faut limiter les usages extravagants par la réglementation. Il faut réfléchir au bon dimensionnement des appareils, à leur juste utilisation, faire en sorte, par exemple, que les appareils ne fonctionnent que quand il y a quelqu’un pour en bénéficier. On dispose là d’un gisement d’économie considérable, souvent accessible à un coût extrêmement faible.
Le deuxième niveau est celui de l’efficacité énergétique. Il y a de grands progrès à faire sur le rendement des appareils, en considérant toute la chaîne depuis la production de l’énergie jusqu’à son utilisation. Le troisième étage est celui des énergies renouvelables, qui sont des énergies de flux par opposition aux énergies de stock. Les énergies de stock reposent sur des stocks finis que sont le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium. Il faut passer à un autre équilibre, basé sur les énergies de flux, principalement celles du soleil, soit directement, soit par le vent, qui dépend du soleil, ou par la biomasse, qui découle de la photosynthèse.
Et de votre côté, Bertrand Barré, adhérez-vous à ce scénario ?
Bertrand Barré. Dans sa globalité non, à certaines parties oui. On ne peut qu’être d’accord avec tout ce qui est dit sur la sobriété et l’efficacité. Mais il est très ambitieux. En revanche, je ne suis pas convaincu que négaWatt n’est pas fondé sur l’idée de sortir du nucléaire, donc de réduire la part de l’électricité dans la consommation énergétique. Quand on parle rendement et qu’on fait une analyse complète, on constate que le passage par l’électricité se traduit souvent par une économie. Et donc, je compare négaWatt à un autre scénario qui s’appelle Négatep, que l’on peut trouver sur le site Internet de l’association Sauvons le climat : son but est le même, c’est-à-dire diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050, mais dans l’idée que le problème est surtout de réduire la part des combustibles fossiles.
Dans ces conditions, on peut augmenter la part de l’électricité, donc du nucléaire et du renouvelable dans des proportions accessibles et sans avoir à être trop tyrannique. Il y a des choses à faire, mais le pourra-t-on ? Je prends un exemple : à cause de l’intermittence des électricités renouvelables, ce serait bien de pouvoir faire beaucoup plus de stockage dans les barrages hydrauliques. Cela impliquerait de réaliser quatre ou cinq équipements comme Grand’Maison, qui est le dernier grand barrage construit en France. Eh bien, ces dernières années, quand on a proposé de faire des barrages de beaucoup plus faible ampleur pour régulariser le cours supérieur de la Loire, on en a été empêché par une très vive résistance.
Donc, sur le papier, il y a des choses qu’on trouve bien mais, au moment où il faudra obtenir l’adhésion des populations, ce ne sera pas forcément facile. C’est vrai pour les stations de pompage, comme pour l’éolien au-delà d’une certaine taille. L’exemple du gaz de schiste montre aussi que tout nouvel investissement énergétique est devenu beaucoup plus sensible qu’au moment où en 1974 on a pu lancer le programme nucléaire.
T. S. Mais notre scénario n’est pas tyrannique ! Au contraire ! Il repose beaucoup sur l’action territoriale, c’est-à-dire qu’il considère que c’est à partir des territoires que l’on va développer la production d’énergie. Il suppose que les citoyens comprennent mieux ce qu’est l’énergie, qu’ils se l’approprient. Par exemple, on peut tout à fait imaginer, et cela commence à venir, un éolien beaucoup plus participatif. Quand des citoyens vont voir tourner des éoliennes à proximité, en comprenant qu’ils en sont les premiers bénéficiaires, y compris sur leurs factures, leur regard sera bien différent. Ce qu’il ne faut pas, c’est un éolien parachuté de la même façon que le programme nucléaire en 1974. Mais il n’y a pas que l’éolien. La plus importante des énergies renouvelables sera la biomasse, avec 43 % de nos sources d’énergie.
Du bois, pour l’essentiel…
T. S. Du bois, mais aussi les déjections, les sous-produits agricoles, le biogaz, etc. Et ça, c’est considérable. Mais je voudrais revenir sur l’intermittence de l’énergie solaire et du vent, c’est-à-dire le fait qu’elles ne produisent pas en permanence de l’électricité. Le scénario de négaWatt ne prévoit pas des barrages importants supplémentaires. Pour faire face à la variabilité du photovoltaïque et de l’éolien, une série de stratégies est possible. La première est l’effacement, c’est-à-dire reculer une consommation de quelques heures aux moments de tension. La deuxième est un abandon du chauffage électrique, ce qui réduira les pointes de consommation. Troisième élément, le recours aux réseaux intelligents, dits smart grids, dans lesquels on place de l’intelligence au niveau de la gestion du réseau. Enfin, on propose la « méthanation », qui se développe en Allemagne : c’est la production de gaz méthane à partir de l’électricité en excès. Ce méthane est envoyé dans le réseau de gaz. Au lieu de raisonner seulement sur le réseau électrique, il faut réfléchir sur deux réseaux, gaz et électricité. Comme il y a dans le réseau gaz des possibilités importantes de stockage, cette combinaison permettra d’ajuster offre et demande.
B. B. La production éolienne est prédictible, certes, mais très irrégulière et les pics sont considérables. Puisqu’en gros vous multipliez par vingt le réseau par rapport à aujourd’hui, je ne crois pas que vous réussirez à en faire un avec tellement d’éolien. Même avec beaucoup d’intelligence. Ensuite, votre scénario est effectivement un scénario « tout-biomasse ». Il implique de libérer des espaces, du coup, il faut cesser de manger de la viande et du lait parce que la culture de céréales occupe moins de place. Je trouve que c’est très directif. Il n’est pas sûr que les gens l’aimeraient.
Je vais prendre une image horrible, mais en 1942 quand je suis né, la France ne mangeait pas de viande, et c’était entièrement le retour à la terre. Ce n’est pas mon idéal. Beaucoup de mesures dans votre scénario sont très bonnes, mais poussées trop loin et, surtout, on suppose que tout marche à la fois. Le biogaz, vous le multipliez par trente. C’est beaucoup ! Je ne pense pas que votre scénario réussira à faire baisser la quantité de gaz importé. Et c’est une des choses qui me gêne le plus, parce que, aujourd’hui, le meilleur complément de l’éolien, qui permet de compenser sa variabilité, c’est malheureusement le gaz importé et fossile.
T. S. La comparaison avec 1942, je ne l’accepte pas. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? Nous sommes dans une situation de surconsommation de protéines, et avec des problèmes agricoles importants : par l’importation de soja pour l’alimentation du bétail, on utilise en fait des terres en dehors de notre pays. Nous disons qu’il faut retrouver un équilibre agricole et alimentaire. Par ailleurs, tous les indicateurs montrent que l’on est en surcharge pondérale. Donc, qu’il y ait aussi un lien entre la santé et l’énergie, pourquoi pas ? Il ne s’agit pas d’abandonner la consommation de viande ou de lait, évidemment. De la même façon, 3,4 millions de ménages en France vivent en situation de précarité énergétique, dans des logements qui se dégradent, mal chauffés, de plus en plus humides, et cela induit une mauvaise santé. Il faut donc un grand programme de rénovation énergétique : on baissera les consommations d’énergie et on améliorera le service énergétique rendu, ce qui inclut la santé des plus pauvres. Montons un grand plan qui s’étalera sur deux générations, qui nous conduira jusqu’à 2050. Si on ne le fait pas, si on se contente d’incitations, on restera sur une France à deux vitesses avec en sus des consommations d’énergie et des émissions de CO2 en augmentation.
B. B. Il est certain que la rénovation du logement est nécessaire, et je vous suis, cela ne se fera pas sans réglementation. Mais le rêve des habitants des grandes agglomérations est d’avoir un pavillon de banlieue. Or malheureusement, ce qui est économique en matière d’énergie, ce sont des immeubles. Donc là aussi, il faut aller contre une tendance assez spontanée. Dans un monde parfait ce serait très bien, mais ça n’est pas si facile que ça, d’inciter sans forcer. Tout cela ne pourra pas se faire sans être coercitif.
T. S. On est face à des limites physiques. Et il faut peut-être que nos concitoyens comprennent qu’il va falloir vivre dans ces limites physiques, en cherchant la meilleure harmonie possible par rapport à cela. C’est vrai que ça casse des rêves comme celui du pavillon de banlieue et du développement anarchique. Mais quelle est la contrepartie de ce rêve ? Les gens vivent à trente kilomètres de, par exemple, Montpellier, multiplient par quatre leur consommation d’énergie, ils ont deux voitures, qui passent beaucoup de temps dans les embouteillages. Ils deviennent prisonniers de l’énergie. Si on ne réagit pas aujourd’hui, ces gens auront de vrais problèmes, et pourraient même se retrouver en précarité énergétique.
B. B. Tous vos objectifs sont intéressants, je ne suis pas sûr qu’ils soient crédibles. Que dit l’autre scénario, le scénario Négatep ? Le but n’en est pas de sortir du nucléaire, mais du charbon et du gaz, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Notre point de vue est qu’il faut beaucoup d’électricité bon marché et stable, et que dans ces conditions, il faut retenir le nucléaire parce qu’il produit beaucoup d’électricité en n’occupant pas beaucoup de terrain et en n’émettant presque pas de gaz à effet de serre. Nous envisageons ainsi à peu près autant de réacteurs qu’aujourd’hui, mais plus gros : environ 60 réacteurs EPR de 1 600 mégawatts, qui s’installeraient sur les sites actuels par remplacement progressif des réacteurs arrivant en fin de vie.
NégaWatt envisage une diminution de 60 % de la consommation d’énergie par habitant. Qu’en est-il dans votre scénario ?
B. B. Une baisse de l’ordre de 5 à 10 %, avec une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre.
T. S. Le nucléaire n’est plus une énergie d’avenir, pour plusieurs raisons : la première est la possibilité d’un accident, comme l’a montré Fukushima le 11 mars dernier. De plus, le nucléaire laisse aux générations à venir beaucoup plus de problèmes que de rentes. Qu’est-ce qui est laissé ? Des déchets et des réacteurs à démanteler. Le nucléaire n’ayant pas su résoudre ces questions, nous considérons qu’il n’est pas compatible avec un authentique développement soutenable. De plus, le coût du nucléaire augmente régulièrement depuis une vingtaine d’années, et cela va continuer avec les exigences de sécurité induites par Fukushima. Du côté des énergies renouvelables, le coût baisse régulièrement, et il devrait croiser celui du nucléaire, c’est-à-dire lui être inférieur d’ici cinq à quinze ans. Ceux qui arrêteront le nucléaire ne sont pas que les écologistes, mais bien les financiers et les assureurs.
B. B. Je ne suis absolument pas d’accord. Sur le coût du démantèlement, les Etats-Unis ont déjà réalisé des démantèlements complets de réacteurs du même type que les nôtres, comme à Maine Yankee, et les coûts correspondent à peu près à ce qui était prévu, c’est-à-dire la moitié du coût de construction de l’îlot nucléaire. Quant aux déchets, les coûts estimés restent extrêmement faibles par rapport au prix du kilowattheure. Vous avez raison de dire que jusqu’ici, on n’a pas encore été au bout de la démonstration du stockage géologique. Mais en 2025, on aura un stockage géologique, comme le prévoit la loi, les Suédois et les Finlandais en auront un, et les Américains en ont déjà un depuis 1998, qui reçoit les déchets militaires – c’est le Waste Isolation Pilot Plant, à Carlsbad, au Nouveau-Mexique, à 600 mètres de profondeur. On peut prendre aussi l’exemple des réacteurs fossiles au Gabon, des réacteurs naturels qui ont fonctionné il y a près de deux milliards d’années, et dont tous les déchets sont restés confinés par la couche géologique où ils se trouvaient. Donc le concept de stockage géologique est vraiment fort.
La proposition du candidat socialiste à la présidentielle de réduire la part nucléaire dans le bilan électrique français à 50 % vous paraît-elle satisfaisante ?
T. S. Elle n’est pas claire. Un pourcentage, c’est un numérateur et un dénominateur. Et selon que la consommation augmente ou diminue, les 50 % représenteront un nombre de réacteurs très différent. En fait, le vrai problème est celui-ci : est-ce qu’on met en œuvre des EPR ou pas ? Si on ne le fait pas et qu’on arrive en fin de vie des réacteurs à 30 ou 40 ans, on ira vers une sortie du nucléaire de fait. Le problème, c’est le remplacement par un réacteur qui n’a pas encore produit dans le monde un seul kilowattheure et dont le coût de départ était affiché à trois milliards d’euros alors qu’il se révèle maintenant coûter plus de six milliards.
B. B. Réduire le nucléaire, c’est mieux que vouloir en sortir. Cela dit, je suis parfaitement d’accord : qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Est-ce qu’on pense que la consommation d’électricité va augmenter ou va baisser ? Vouloir arrêter maintenant l’EPR en construction à Flamanville serait un gâchis considérable. Il coûte plus cher que ce qui était prévu, mais c’est un prototype. Quand on lance un prototype, on n’a jamais de certitude absolue de ce que ça coûtera. En revanche, on sait très bien que ceux d’après coûteront moins cher. De plus, la durée de fonctionnement des réacteurs est sans doute plus longue que les trente ou quarante ans évalués que vous mentionnez. Aux Etats-Unis, sur 104 réacteurs, 63 sont déjà autorisés à fonctionner soixante ans. Donc on n’est pas obligé de construire des EPR au même rythme que dans les années 1970 et 1980. Au total, il est effectivement très important d’opérer une certaine transition énergétique, mais garder l’atout nucléaire fait partie d’un bon scénario pour arriver au bon endroit en 2050.
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"Il n'y a pas pire ennemi, qu'un ami trahi" - maxi 2012

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Date d'inscription: 11/09/2005
Re: Sortir du Nucléaire et du reste: in fine
Un dialogue constructif et des arguments recevables.
Lorsqu'il m'arrive la nuit de descendre à la cuisine j'aperçois d'un coup les deux voyant du "Lave vaisselle", la veille de la petite télé, l'écran lumineux de la "free box", l'heure du micro onde, et l'heure du pèse aliment et l'heure de la cuisinière, le voyant du téléphone, l'indicateur d'alarme du frigo... Un vrai sapin de noël !
(Lorsque j'ai aménager mon home cinéma j'ai pris la précaution d'un interrupteur général, l'honneur est sauf
)
Sans doute il y a la matière a des économies d'énergie fantastiques car multiplier par des millions de foyers.
Ceci dit il me semble que l'électricité produite est perdue si elle n'est pas consommée, il faut probablement modérer la réflexion.
Puisque l'on parle de gaspillage, il y avait dans l'air du temps l'idée d'un "transfo" universel (au lieu de l'idiotie du 1 appareil = 1 transfo), une trop bonne idée sans doute, pour les fabricants asiatiques.
Par ailleurs les millions de gens qui se croisent tous les matins sur Paris pour aller travailler est une aberration, combien d'employés de toutes sortes devraient échanger ou travail, ou logements, à moins que l'on finisse par se résoudre au télé-travail (avec plus de 80% du temps passé les yeux sur l'ordi, combien ont encore réellement besoin de se déplacer tous les jours ?).
Une ouverture d'esprit pour une philosophie de vie plus générale : faut-il continuer à ajuster la production à des besoins toujours croissants poussée par une société devenue individuellement mégalo, ou bien devons limiter nos besoins pour les ajuster à nos ressources au risque de régresser.
Lorsqu'il m'arrive la nuit de descendre à la cuisine j'aperçois d'un coup les deux voyant du "Lave vaisselle", la veille de la petite télé, l'écran lumineux de la "free box", l'heure du micro onde, et l'heure du pèse aliment et l'heure de la cuisinière, le voyant du téléphone, l'indicateur d'alarme du frigo... Un vrai sapin de noël !
(Lorsque j'ai aménager mon home cinéma j'ai pris la précaution d'un interrupteur général, l'honneur est sauf
Sans doute il y a la matière a des économies d'énergie fantastiques car multiplier par des millions de foyers.
Ceci dit il me semble que l'électricité produite est perdue si elle n'est pas consommée, il faut probablement modérer la réflexion.
Puisque l'on parle de gaspillage, il y avait dans l'air du temps l'idée d'un "transfo" universel (au lieu de l'idiotie du 1 appareil = 1 transfo), une trop bonne idée sans doute, pour les fabricants asiatiques.
Par ailleurs les millions de gens qui se croisent tous les matins sur Paris pour aller travailler est une aberration, combien d'employés de toutes sortes devraient échanger ou travail, ou logements, à moins que l'on finisse par se résoudre au télé-travail (avec plus de 80% du temps passé les yeux sur l'ordi, combien ont encore réellement besoin de se déplacer tous les jours ?).
Une ouverture d'esprit pour une philosophie de vie plus générale : faut-il continuer à ajuster la production à des besoins toujours croissants poussée par une société devenue individuellement mégalo, ou bien devons limiter nos besoins pour les ajuster à nos ressources au risque de régresser.

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Re: Sortir du Nucléaire et du reste: in fine
Article intéressant.
Première remarque, vous faites la guerre au messager plutôt qu'au message! Il FAUT distinguer électricité et nucléaire, il faut distinguer la source de l'énergie de sa forme.
La plupart des sources d'énergie électrique (sauf les fossiles et le nucléaire) sont renouvelables et propres. L'avenir est à l'électricité... propre et renouvelable.
Attention à la biomasse. Elle est la plupart du temps renouvelable mais elle n'est pas propre.
Attention à l'énergie fossile, y compris le gaz ou les succédanés du fossile comme le pétrole issu de la biomasse, elle n'est jamais (ou presque) renouvelable et elle n'est JAMAIS propre.
Sous bien des aspects, le fossile est bien plus dangereux et dommageable, à court ET long terme, que le nucléaire.
Au niveau des priorités sur l'usage des sources d'énergie
La première de toutes les priorités est de sortir du fossile sous toutes ses formes le plus rapidement possible et de ne l'utiliser que quand il n'y a aucune alternative... comme en aviation.
La seconde est de développer au max les alternatives au fossile ET au nucléaire concurremment en excluant la biomasse dans la mesure du possible.
La troisième priorité est de sortir du nucléaire.
La quatrième est de sortir de la biomasse.
Au niveau des approches "préventives"
La première priorité : réduire la consommation globale d'énergie non propre et non renouvelable.
Le domaines d'application vont varier d'un pays à l'autre.
Il est clair qu'au Québec les actions requises seront fort différentes de celles de la France. L'énergie électrique du Québec est presque, à 100%, de source considérée comme propre et renouvelable. Le nucléaire ne représente presque rien et la seule centrale que nous avons sera probablement fermée d'ici quelques années. Tous les développements prévus et à venir seront propres et renouvelables.
Les énergies fossiles devront, ici, être visées en premier et l'usage de la biomasse régulé encore plus pour que ses aspect dommageables sur l,environnement et les humains soient le mieux possible circonscrits. Les transports individuels, commerciaux et publics devront être transformés du fossile à l'électrique. Le transport public devra être développé.
Au chapitre de la réduction de la consommation globale d'énergie, il y a les mesures de conservation comme l'isolation des édifices. Beaucoup de progrès a été réalisé au Québec où c'est une tradition mais le progrès à faire est très important en France.
La seconde priorité dans ce domaine est de forcer l'industrie à concevoir et à mettre en marché des biens beaucoup plus efficaces dans l'utilisation de l'énergie quelle qu'en soit la source.
Cela va de l'automobile au frigo en passant par l'éclairage. Des mesures
répressives et d'encouragement sont à mettre en place comme de taxer plus les biens consommant des énergies fossiles et de détaxer les ampoules efficaces comme celles fonctionnant avec diodes électroluminescentes (del).
Au niveau des conditions favorables aux énergies non fossiles et non nucléaires
Il faut impliquer l'individu, la famille, à prime abord. Il faut l'inciter à faire les bons choix et rendre ces choix rentables pour lui comme l'encourager à produire de l'énergie propre et renouvelable excédentaire à ses besoins, comme le soutenir dans l'application de mesures de réduction de l'usage des énergies.
Il faut impliquer la communauté à produire pour ses membres l'énergie qui lui est nécessaire en visant son autonomie complète au niveau local et possiblement une surproduction en vue de soutenir celles qui ne réussissent pas à atteindre l'objectif d'autonomie. La plupart des nouvelles formes d'énergie sont favorables à une prise en charge individuelle et/ou communautaire : éolien, solaire, géothermique, aquathermique, certains usages de l'hydro-élecrtique se prêtent bien au niveau communautaire etc...
La forme d'encadrement pourra varier en fonction des structures publiques prévalent dans les différents pays. cela pourra être le quartier, la municipalité, les structures sous régionales ou régionales.
Ceci représente un changement radical de paradigme. Jusqu'à aujourd'hui la responsabilité ultime a presque toujours été placée au niveau le plus haut comme dans des sociétés nationales publiques (souvent) comme l'EDF ou Hydro-Québec ou encore dans des entreprises privées souvent multinationales comme dans le pétrole ou le gaz (et même l'électricité).
Ce que je soutiens est d'inverser la pyramide de la responsabilité soit de partir de l'individu pour passer au communautaire pour en arriver au niveau national et plus global où la responsabilité de produire deviendra de moins en moins importante et ou celle de coordination et d'orchestration sera plus importante.
Au niveau du débat de fond quant au rôle du secteur privé et du secteur public
Inverser la pyramide de la responsabilité dont celle de la production de l'énergie pose inévitablement la question de la place du secteur privé et de la nécessité de gérer globalement la question de l'énergie.
Le secteur privé a toujours été dominant presque partout sur la planète dans l'approvisionnement de la planète. Et il l'a été surtout dans le domaine des énergies fossiles et non renouvelables et encore plus dans celui des énergies sales. Le tout s'est fait aussi sans trop de stratégie d'ensemble.
Or la stratégie générale et d'ensemble s'avère d'une première nécessité. Non seulement faut-il faire une reconversion générale du fossile et du nucléaire mais faut-il la faire en déplaçant la responsabilité vers le bas plutôt que vers le haut. Il est clair que les stratégies d'ensemble ne saurait être placée dans le privé ni que le privé puisse se substituer au niveau communautaire.
Il se dégage de ceci une part de responsabilité qui devrait diminuer pour le secteur privé et augmenter de beaucoup pour le public et le communautaire. Le privé devra se réorienter vers ds énergies nouvelles et se présenter en rôle de soutien au secteur public et communautaire où il pourra occuper une place et où il sera en concurrence avec les organisation publiques de production et de distribution des énergies. C'est donc un changement radical mais inévitable par rapport à ce que nous avons connu jusqu'ici.
Première remarque, vous faites la guerre au messager plutôt qu'au message! Il FAUT distinguer électricité et nucléaire, il faut distinguer la source de l'énergie de sa forme.
La plupart des sources d'énergie électrique (sauf les fossiles et le nucléaire) sont renouvelables et propres. L'avenir est à l'électricité... propre et renouvelable.
Attention à la biomasse. Elle est la plupart du temps renouvelable mais elle n'est pas propre.
Attention à l'énergie fossile, y compris le gaz ou les succédanés du fossile comme le pétrole issu de la biomasse, elle n'est jamais (ou presque) renouvelable et elle n'est JAMAIS propre.
Sous bien des aspects, le fossile est bien plus dangereux et dommageable, à court ET long terme, que le nucléaire.
Au niveau des priorités sur l'usage des sources d'énergie
La première de toutes les priorités est de sortir du fossile sous toutes ses formes le plus rapidement possible et de ne l'utiliser que quand il n'y a aucune alternative... comme en aviation.
La seconde est de développer au max les alternatives au fossile ET au nucléaire concurremment en excluant la biomasse dans la mesure du possible.
La troisième priorité est de sortir du nucléaire.
La quatrième est de sortir de la biomasse.
Au niveau des approches "préventives"
La première priorité : réduire la consommation globale d'énergie non propre et non renouvelable.
Le domaines d'application vont varier d'un pays à l'autre.
Il est clair qu'au Québec les actions requises seront fort différentes de celles de la France. L'énergie électrique du Québec est presque, à 100%, de source considérée comme propre et renouvelable. Le nucléaire ne représente presque rien et la seule centrale que nous avons sera probablement fermée d'ici quelques années. Tous les développements prévus et à venir seront propres et renouvelables.
Les énergies fossiles devront, ici, être visées en premier et l'usage de la biomasse régulé encore plus pour que ses aspect dommageables sur l,environnement et les humains soient le mieux possible circonscrits. Les transports individuels, commerciaux et publics devront être transformés du fossile à l'électrique. Le transport public devra être développé.
Au chapitre de la réduction de la consommation globale d'énergie, il y a les mesures de conservation comme l'isolation des édifices. Beaucoup de progrès a été réalisé au Québec où c'est une tradition mais le progrès à faire est très important en France.
La seconde priorité dans ce domaine est de forcer l'industrie à concevoir et à mettre en marché des biens beaucoup plus efficaces dans l'utilisation de l'énergie quelle qu'en soit la source.
Cela va de l'automobile au frigo en passant par l'éclairage. Des mesures
répressives et d'encouragement sont à mettre en place comme de taxer plus les biens consommant des énergies fossiles et de détaxer les ampoules efficaces comme celles fonctionnant avec diodes électroluminescentes (del).
Au niveau des conditions favorables aux énergies non fossiles et non nucléaires
Il faut impliquer l'individu, la famille, à prime abord. Il faut l'inciter à faire les bons choix et rendre ces choix rentables pour lui comme l'encourager à produire de l'énergie propre et renouvelable excédentaire à ses besoins, comme le soutenir dans l'application de mesures de réduction de l'usage des énergies.
Il faut impliquer la communauté à produire pour ses membres l'énergie qui lui est nécessaire en visant son autonomie complète au niveau local et possiblement une surproduction en vue de soutenir celles qui ne réussissent pas à atteindre l'objectif d'autonomie. La plupart des nouvelles formes d'énergie sont favorables à une prise en charge individuelle et/ou communautaire : éolien, solaire, géothermique, aquathermique, certains usages de l'hydro-élecrtique se prêtent bien au niveau communautaire etc...
La forme d'encadrement pourra varier en fonction des structures publiques prévalent dans les différents pays. cela pourra être le quartier, la municipalité, les structures sous régionales ou régionales.
Ceci représente un changement radical de paradigme. Jusqu'à aujourd'hui la responsabilité ultime a presque toujours été placée au niveau le plus haut comme dans des sociétés nationales publiques (souvent) comme l'EDF ou Hydro-Québec ou encore dans des entreprises privées souvent multinationales comme dans le pétrole ou le gaz (et même l'électricité).
Ce que je soutiens est d'inverser la pyramide de la responsabilité soit de partir de l'individu pour passer au communautaire pour en arriver au niveau national et plus global où la responsabilité de produire deviendra de moins en moins importante et ou celle de coordination et d'orchestration sera plus importante.
Au niveau du débat de fond quant au rôle du secteur privé et du secteur public
Inverser la pyramide de la responsabilité dont celle de la production de l'énergie pose inévitablement la question de la place du secteur privé et de la nécessité de gérer globalement la question de l'énergie.
Le secteur privé a toujours été dominant presque partout sur la planète dans l'approvisionnement de la planète. Et il l'a été surtout dans le domaine des énergies fossiles et non renouvelables et encore plus dans celui des énergies sales. Le tout s'est fait aussi sans trop de stratégie d'ensemble.
Or la stratégie générale et d'ensemble s'avère d'une première nécessité. Non seulement faut-il faire une reconversion générale du fossile et du nucléaire mais faut-il la faire en déplaçant la responsabilité vers le bas plutôt que vers le haut. Il est clair que les stratégies d'ensemble ne saurait être placée dans le privé ni que le privé puisse se substituer au niveau communautaire.
Il se dégage de ceci une part de responsabilité qui devrait diminuer pour le secteur privé et augmenter de beaucoup pour le public et le communautaire. Le privé devra se réorienter vers ds énergies nouvelles et se présenter en rôle de soutien au secteur public et communautaire où il pourra occuper une place et où il sera en concurrence avec les organisation publiques de production et de distribution des énergies. C'est donc un changement radical mais inévitable par rapport à ce que nous avons connu jusqu'ici.
Nucléaire: l'abominable coût global !
Les coûts de la filière nucléaire française au grand jour
C'est dépassé le nucléaire, ça pouvait paraître génial quand le général de Gaulle a initié ce programme qui nous fournit de l'électricité depuis 40 ans, mais aujourdhui on sait bien que les coûts vont exploser, surtout pour la gestion des centrales stoppées qu'il faudra gérér pdt ... ??????? des siècles ??? c'est un scandale envers les futures générations !! il est temps de prévoir un plan énergétique pour l'après nucléaire et il faut le faire maintenant.
Le rapport de la Cour des Comptes sur "les coûts de la filière électro-nucléaire" publié ce mardi liste, pour la première fois, les différents postes de dépenses qui composent le coût global du nucléaire. La Cour confirme la hausse certaine de ce coût dans les années à venir et souligne l'incertitude sur le plus long terme.
Comme l’avait révélé La Tribune le 12 janvier dernier, le rapport de la Cour des Comptes publié ce mardi souligne l’incertitude qui entoure le coût futur du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets nucléaires Estimé aujourd’hui à 22,2 milliards d’euros pour le premier et 35 milliards d’euros pour le second,. la Cour "confirme la nécessité et l’urgence de faire réaliser, comme l’envisage la DGEC [direction générale de l’énergie et du climat], des audits techniques par des cabinets et des experts extérieurs", afin de valider les estimations d’EDF en la matière et "d’ajuster, si nécessaire, le niveau de provisionnement des opérateurs en conséquence".
Cet avis ne surprendra aucun des deux camps, pro et anti-nucléaire, qui s’affrontent avec une vigueur inédite en France depuis l’accident de Fukushima en mars dernier. Pour les premiers, au premier rang desquels le gouvernement, la satisfaction est de rigueur. "L’examen de la Cour ne fait pas apparaître de coût non pris en compte au sein de la régulation économique globale de la filière nucléaire", se félicite le cabinet d’Eric Besson, ministre de l’Energie. Ce qui permet aux pro-nucléaire d’affirmer que ce rapport signe la "fin du mythe des coûts cachés".
"Heureusement, qu’on ne découvre pas aujourd’hui, après cinquante ans de programme nucléaire, de nouveaux coûts", ironise Michèle Rivasi, parlementaire européenne, Europe Ecologie-Les Verts. "En revanche, l’incertitude sur les futurs coûts est confirmée", insiste-elle. La Cour, elle-même, tient à relativiser son propos en soulignant que les "charges futures sont par nature incertaines". "Elles seront certaines quand elles auront eu lieu", appuie un magistrat. D’ailleurs, ajoute la Cour, même si ces coûts estimés (démantèlement et déchets) doublaient, le coût de production de l’électricité n’augmenterait "que" de 5% (pour ce qui concerne le démantèlement) et de 1% pour les déchets.
Des dépenses certaines en forte hausse
Une certitude, en revanche, souligne la Cour des Comptes. Le programme d’investissement d’EDF pour entretenir le parc nucléaire français dans les années 2011-2025 va doubler par rapport aux dernières années. Il est prévu à 50 milliards d’euros (55 milliards en incluant les dépenses liées aux récentes exigences de l’Autorité de sûreté nucléaire après Fukushima), soit 3,7 milliards par an en moyenne, contre 1,7 milliard en 2010. Conséquence, certaine, elle : le coût de production de l’électricité nucléaire va bondir de 10%, calcule la Cour des Comptes.
Au titre des coûts cachés, la Cour met à jour trois chiffres peu connus jusqu’à présent. D’abord, le budget moyen annuel financé par l’Etat en matière de recherche (414 millions en 2010) et de sûreté (budget de l’ASN, IRSN… de 230 millions), qui s’élève à 640 millions d’euros en 2010. Plus original, elle calcule combien couterait à EDF de souscrire auprès d’un organisme financier une garantie couvrant le risque d’un accident nucléaire. Cette garantie est actuellement consentie gratuitement par l’Etat. Dans l’hypothèse d’une catastrophe dont la facture s’établirait à 70 milliards d’euros, cette garantie (sur 40 ans) coûterait 500 millions d’euros par an. Ce qui représente une hausse du coût de production de l’électricité de 3,5%.
Par ailleurs, la Cour rapporte un chiffre qu’EDF tient assez discrètement par devers lui. L’électricité qui sortira de l’EPR de Flamanville, en construction, aura un coût de production de 70 à 90 euros le mégawattheure(MWh) contre 42 euros pour le courant qui sort des centrales actuelles.
Impossible d’arrêter les centrales à quarante ans
Enfin, la Cour souligne longuement les conséquences de la "non décision actuelle » sur l’évolution du parc nucléaire français. Rappelant que d’ici 2022, 22 réacteurs (sur 58) atteindront leur 40ème année de fonctionnement, elle alerte sur l’urgence de décider. Si les centrales n’étaient pas autorisées à fonctionner au-delà de 40 ans, pour maintenir la part actuelle du nucléaire (75% de l’électricité produite en France), il faudrait construire onze EPR d’ici cette date. Ce qui semble à la Cour "très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles".
"Cela signifie qu’à travers l’absence de décision d’investissement, une décision implicite a été prise qui engage déjà la France : soit à faire durer ses centrales au-delà de quarante ans, soit à faire évoluer significativement et rapidement le mix énergétique".
La Cour conclut en souhaitant qu’"un stratégie énergétique soit formulée, débattue et adoptée en toute transparence et de manière explicite". Nul doute que là aussi, elle fera l’unanimité.
Marie-Caroline Lopez - 31/01/2012
C'est dépassé le nucléaire, ça pouvait paraître génial quand le général de Gaulle a initié ce programme qui nous fournit de l'électricité depuis 40 ans, mais aujourdhui on sait bien que les coûts vont exploser, surtout pour la gestion des centrales stoppées qu'il faudra gérér pdt ... ??????? des siècles ??? c'est un scandale envers les futures générations !! il est temps de prévoir un plan énergétique pour l'après nucléaire et il faut le faire maintenant.
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"Il n'y a pas pire ennemi, qu'un ami trahi" - maxi 2012

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Re: Sortir du Nucléaire et du reste: in fine
Il faut garder son calme, aux prix du baril de pétrole qui ne cesse d'augmenter, rien n'est acquis.

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