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Une crise peut en cacher une autre
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Une crise peut en cacher une autre
Un article intéressant :
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/claude-imbert/une-crise-peut-en-cacher-une-autre-13-10-2011-1383880_68.php
Si la crise financière reste encore insaisissable, c'est qu'elle profile une crise plus vaste de l'ensemble occidental. Sous nos yeux, la sanction des marchés fait déjà éclater la crise dormante de la Communauté européenne : la voici sommée de se réformer pour survivre. Mais, au-delà, la crise - qui n'épargne pas l'Amérique - ébranle le monopole technologique et le surplomb économique et stratégique de l'Occident. D'ores et déjà son modèle universaliste est contesté par les grands émergents de la planète. C'est cet ensemble gigogne de crises imbriquées qu'il faut embrasser pour prendre la juste mesure d'un bouleversement historique.
A son premier étage, la crise financière - crise de la dette - trouve une France très exposée. Ses banques ne sont pas les plus malades mais demandent néanmoins une perfusion préventive contre les poisons de leurs "papiers grecs". Quant à l'Etat, rameuté pour écoper les voies d'eau, il exhibe crûment sa vulnérabilité. Il est vain d'en accuser les seuls méfaits d'un système financier en effet déréglé. Car la France, avec trente déficits budgétaires continus depuis 1981, aura largement succombé à l'hystérie du crédit que nous dénonçons chez les autres.
Notre Etat-providence, son modèle social, ses "avantages acquis" sacralisés n'ont que trop demandé à l'emprunt pour emplir leur panier percé. Au fil des ans, une culture de l'assistanat a décervelé la Nation. Le socialisme français, le plus à gauche de tous les socialismes européens, est de surcroît enkysté dans les tréfonds de l'Etat : la droite d'un Chirac fut plus socialiste que le socialisme d'un Blair à Londres ou d'un Schröder à Berlin.
L'impératif du désendettement va peser lourd sur l'élection présidentielle. Lourd sur le nouveau "monarque" élu. Lourd sur les Français. La diète, comme on dit, est "bien partie pour rester". Elle agressera l'exception française, celle des 35 heures et des retraites précoces. Elle "indignera" des Français ahuris qui semblent ne découvrir qu'aujourd'hui une industrie mutilée, une balance commerciale effroyable, un enseignement déclassé, bref tout un pays paupérisé et qui lentement "décroche".
La seule bonne nouvelle, c'est qu'à gauche comme à droite les négationnistes reculent, submergés par les évidences d'une étrange défaite. Elle n'inspire pas encore à nos caciques le goût d'une vérité combative. Mais c'est sans doute que, en attendant la prochaine présidentielle, ils consentent à la Nation un nécessaire travail de deuil. Celui de ses illusions...
L'Europe, victime d'une impéritie politique tout aussi scélérate, est en péril. Les faucons du casino monétaire et les vautours de l'établissement financier anglo-américain la voient pantelante et spéculent sur son cadavre. Pour la mettre sur le flanc, il aura suffi que soit exhibée la défonce spectaculaire de la petite Grèce.
A la manoeuvre, et pour sauver l'Europe du naufrage, le couple franco-allemand n'a certes pas démérité. Il a surmonté un contraste périlleux entre d'un côté l'ardeur et l'imagination de notre pays, plus conseilleur que payeur, et de l'autre les prudences de la vertueuse Allemagne, où Angela Merkel mérite mieux que les jactances gauloises.
Qu'attendent-ils l'un et l'autre en feignant de croire qu'une Grèce insolvable peut être sauvée ? Sans doute le temps nécessaire pour que l'Italie, l'Espagne déjà dégradées et la France menacée de l'être démontrent leur rétablissement. Après quoi le "défaut grec" pourrait être négocié sans contaminer l'ensemble. Et sans que s'engloutissent avec l'euro les chances d'un continent globalement riche mais politiquement débile.
L'Europe des 27, Babel ingouvernable, technocratique et élitaire, n'a pas conquis les peuples. Une gouvernance économique peut encore la sauver. Si du moins elle n'est pas sacrifiée à l'"indignation" stérile de peuples malheureux.
Au troisième étage - et la défaillance américaine s'ajoutant à la crise européenne -, les grands pays émergents ébrèchent le statut d'un Occident sûr de lui et dominateur. L'Histoire, à nouveau en mouvement, recompose le monde. L'Europe pourrait idéalement y saisir la chance d'une médiation salutaire entre la Chine et l'Amérique. Mais l'Europe -"l'idiot du village international"(Hubert Védrine) - en est incapable. Elle aurait pourtant vocation à changer sur le monde le regard occidental. Comme Ovide, qui, exilé chez les Scythes hors de l'Empire romain, s'exclamait : "Ainsi me voici devenir moi-même barbare parmi ceux qui ne me comprennent pas." L'Occident a longtemps "colonisé" l'avenir du monde, mais l'avenir se décolonise. Les barbares y seront, un jour, partout et nulle part.
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/claude-imbert/une-crise-peut-en-cacher-une-autre-13-10-2011-1383880_68.php
Si la crise financière reste encore insaisissable, c'est qu'elle profile une crise plus vaste de l'ensemble occidental. Sous nos yeux, la sanction des marchés fait déjà éclater la crise dormante de la Communauté européenne : la voici sommée de se réformer pour survivre. Mais, au-delà, la crise - qui n'épargne pas l'Amérique - ébranle le monopole technologique et le surplomb économique et stratégique de l'Occident. D'ores et déjà son modèle universaliste est contesté par les grands émergents de la planète. C'est cet ensemble gigogne de crises imbriquées qu'il faut embrasser pour prendre la juste mesure d'un bouleversement historique.
A son premier étage, la crise financière - crise de la dette - trouve une France très exposée. Ses banques ne sont pas les plus malades mais demandent néanmoins une perfusion préventive contre les poisons de leurs "papiers grecs". Quant à l'Etat, rameuté pour écoper les voies d'eau, il exhibe crûment sa vulnérabilité. Il est vain d'en accuser les seuls méfaits d'un système financier en effet déréglé. Car la France, avec trente déficits budgétaires continus depuis 1981, aura largement succombé à l'hystérie du crédit que nous dénonçons chez les autres.
Notre Etat-providence, son modèle social, ses "avantages acquis" sacralisés n'ont que trop demandé à l'emprunt pour emplir leur panier percé. Au fil des ans, une culture de l'assistanat a décervelé la Nation. Le socialisme français, le plus à gauche de tous les socialismes européens, est de surcroît enkysté dans les tréfonds de l'Etat : la droite d'un Chirac fut plus socialiste que le socialisme d'un Blair à Londres ou d'un Schröder à Berlin.
L'impératif du désendettement va peser lourd sur l'élection présidentielle. Lourd sur le nouveau "monarque" élu. Lourd sur les Français. La diète, comme on dit, est "bien partie pour rester". Elle agressera l'exception française, celle des 35 heures et des retraites précoces. Elle "indignera" des Français ahuris qui semblent ne découvrir qu'aujourd'hui une industrie mutilée, une balance commerciale effroyable, un enseignement déclassé, bref tout un pays paupérisé et qui lentement "décroche".
La seule bonne nouvelle, c'est qu'à gauche comme à droite les négationnistes reculent, submergés par les évidences d'une étrange défaite. Elle n'inspire pas encore à nos caciques le goût d'une vérité combative. Mais c'est sans doute que, en attendant la prochaine présidentielle, ils consentent à la Nation un nécessaire travail de deuil. Celui de ses illusions...
L'Europe, victime d'une impéritie politique tout aussi scélérate, est en péril. Les faucons du casino monétaire et les vautours de l'établissement financier anglo-américain la voient pantelante et spéculent sur son cadavre. Pour la mettre sur le flanc, il aura suffi que soit exhibée la défonce spectaculaire de la petite Grèce.
A la manoeuvre, et pour sauver l'Europe du naufrage, le couple franco-allemand n'a certes pas démérité. Il a surmonté un contraste périlleux entre d'un côté l'ardeur et l'imagination de notre pays, plus conseilleur que payeur, et de l'autre les prudences de la vertueuse Allemagne, où Angela Merkel mérite mieux que les jactances gauloises.
Qu'attendent-ils l'un et l'autre en feignant de croire qu'une Grèce insolvable peut être sauvée ? Sans doute le temps nécessaire pour que l'Italie, l'Espagne déjà dégradées et la France menacée de l'être démontrent leur rétablissement. Après quoi le "défaut grec" pourrait être négocié sans contaminer l'ensemble. Et sans que s'engloutissent avec l'euro les chances d'un continent globalement riche mais politiquement débile.
L'Europe des 27, Babel ingouvernable, technocratique et élitaire, n'a pas conquis les peuples. Une gouvernance économique peut encore la sauver. Si du moins elle n'est pas sacrifiée à l'"indignation" stérile de peuples malheureux.
Au troisième étage - et la défaillance américaine s'ajoutant à la crise européenne -, les grands pays émergents ébrèchent le statut d'un Occident sûr de lui et dominateur. L'Histoire, à nouveau en mouvement, recompose le monde. L'Europe pourrait idéalement y saisir la chance d'une médiation salutaire entre la Chine et l'Amérique. Mais l'Europe -"l'idiot du village international"(Hubert Védrine) - en est incapable. Elle aurait pourtant vocation à changer sur le monde le regard occidental. Comme Ovide, qui, exilé chez les Scythes hors de l'Empire romain, s'exclamait : "Ainsi me voici devenir moi-même barbare parmi ceux qui ne me comprennent pas." L'Occident a longtemps "colonisé" l'avenir du monde, mais l'avenir se décolonise. Les barbares y seront, un jour, partout et nulle part.

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Nombre de messages: 460
Age: 42
Localisation: Wallonie
Date d'inscription: 14/07/2011
Re: Une crise peut en cacher une autre
" la droite d'un Chirac fut plus socialiste que le socialisme d'un Blair à Londres ou d'un Schröder à Berlin."
hou ! absolument répugant. Un système condamné à s'effondrer.
Le socialisme européen est seul responsable. Dépression du corps malade suivi d'un effondrement majeur, voilà ce qui nous attend.
hou ! absolument répugant. Un système condamné à s'effondrer.
Le socialisme européen est seul responsable. Dépression du corps malade suivi d'un effondrement majeur, voilà ce qui nous attend.

Criquette- ~ Maitre de la Francophonie ~

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Nombre de messages: 1398
Age: 65
Localisation: FRANCE
Date d'inscription: 21/10/2009
Re: Une crise peut en cacher une autre
Ulmo a écrit:Un article intéressant :
Oui, sans doute, et ? Un avis peut être, ou simplement une admiration béate et sans critique d'un texte, qui, comme d'autres nous oriente comme des moutons...ou pas.
Ils sont nombreux aujourd'hui les loups à hurler, ils sont même la majorité.
Pour ma part je retiens que la France civilisé qui partage le travail et tente de mettre au service du bien être les progrès du monde moderne est ici encore critiquée, sans doute il faudrait comme en 1900 travailler 12mois, six jours sur 7 (le dimanche est réservé à se courber devant celui qui nous offre le paradis : une fois mort et enterré !) jusqu'à ce qu'incapacité de travail s'en suive, au profit d'une France de milliardaires de haute noblesse industrielle dans un pays au top de la production.
Sans doute vouloir tout, tout de suite, est une utopie dangereuse et la responsable du chaos, mais ceux qui nous dirigent sont les pires en ce domaine, et les responsabilités largement partagées.

Personne- ♥ Grand Maitre ♥

-

Nombre de messages: 2349
Age: 62
Localisation: Paris
Date d'inscription: 01/06/2008
Re: Une crise peut en cacher une autre
Le premier post occulte un phénomène que tout le monde peut et doit observer, ce sont les mêmes qui dirigent que ce soit en Grèce ou en France depuis 40 ans. Nous apercevons le bilan , nous allons en vivre les conséquences. Comment se fait il qu'ayant perçu les incompétences ,nous n'aspirions pas à changer. Aucune société privée mis en redressement ne saurait être gérée par les anciens cadres, il apparait surprenant que dans le domaine politique ,cette règle nécessaire ne soit pas observée....
Un simple raisonnement mathématiques suffit à percevoir les responsabilités et les responsables du marasme , la droite totalise plus des 2/3 des gouvernances ,de plus avec les 15 dernières années ,qui se sont traduites par une explosion de la dette ,du chômage ,de la perte de nos industries, de magouilles en tous genres,d'une gestion calamniteuse et qui ne trouve qu'un seul argument à produire c'est pas moi ,c'est ma soeur...
Le ridicule ne tue pas ,l'incompétence si et le peuple devra en payer le prix...
Car il aura encore élu des clowns incapables....
Un simple raisonnement mathématiques suffit à percevoir les responsabilités et les responsables du marasme , la droite totalise plus des 2/3 des gouvernances ,de plus avec les 15 dernières années ,qui se sont traduites par une explosion de la dette ,du chômage ,de la perte de nos industries, de magouilles en tous genres,d'une gestion calamniteuse et qui ne trouve qu'un seul argument à produire c'est pas moi ,c'est ma soeur...
Le ridicule ne tue pas ,l'incompétence si et le peuple devra en payer le prix...
Car il aura encore élu des clowns incapables....

un artisan- Gd Officier de la francophonie

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Nombre de messages: 658
Age: 60
Localisation: calvados
Date d'inscription: 16/11/2009
Re: Une crise peut en cacher une autre
Criquette a écrit:Le socialisme européen est seul responsable.
Le fait que, depuis pas mal d'années, quasiment aucun gouvernement européen ne soit socialiste n'entre manifestement pas en ligne de compte.
_________________
"Savoir distinguer le mouvement qui vient des convoitises du mouvement qui vient des principes, combattre l'un et seconder l'autre, c'est là le génie et la vertu des grands révolutionnaires."
Victor Hugo, Quatrevingt-treize.
"Il est temps que l'on oublie qu'il y a eu des chefs. La République est un vaste atelier où il n'y a aucun chef : nous en sommes tous les ouvriers.
Jean-Marie Collot d'Herbois.

Tanityaël- "Le coup passa si près..."
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Nombre de messages: 2064
Age: 25
Localisation: Paris
Date d'inscription: 21/09/2005
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