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Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Dix ans d’euro sur fond de hausse des prix
Aline Gérard et Valérie Hacot | Publié le 31.12.2011, 07h07
Le 1er janvier 2002, l’euro se substituait au franc. Un plus pour les économies. Mais, pour le consommateur, le bilan est mitigé. Malmenée par la crise, la monnaie unique n’a pu empêcher une flambée des étiquettes.
Pauvre euro! Si jeune, 10 ans tout juste demain, et déjà si fragile. Quand la monnaie unique est née, pourtant, que de promesses! Vendu comme l’arme anticrise, l’euro devait protéger les 300 millions d’Européens des tempêtes économiques. Une décennie plus tard, c’est le désenchantement. Le voilà accusé de tous les maux, au bord du précipice, certains envisageant même sa disparition.
Avec les Français, qui le rendent, à tort et à raison, responsable de la hausse des prix, c’est aussi le désamour : 36% souhaitent un retour au franc et 45% estiment que l’euro est un « handicap », selon un récent sondage*. En Allemagne, la défiance est encore plus forte : 70% des Allemands veulent revenir au mark. Les entreprises et les banques sont sur des charbons ardents : tous préparent des plans B en cas d’implosion de la zone euro.
Car la crise de la dette n’est toujours pas réglée. Après la Grèce, l’Italie vacille. Le triple A de la France, mais aussi de l’Allemagne, est menacé. La faute à l’euro? Si c’était si simple… Si la monnaie unique chancelle, c’est parce qu’elle est avant tout mal née.
En 1992, les pères du traité de Maastricht ont oublié une règle essentielle. Une monnaie, cela se pilote. Construire une Europe économique, soit, mais il faut une gouvernance politique. La crise ne fait que révéler les faiblesses de l’UE. Encore un effort et un peu de solidarité entre Etats membres et l’euro — deuxième monnaie de référence, après le dollar — pourra relever la tête.
Fin novembre, Jacques Attali affirmait : « L’euro a une chance sur deux de ne plus exister à Noël. » Il a peut-être été un peu vite en besogne.
Attali n'a peut être pas préciser Noël de quelle année
En tous cas, un feuilleton au succès assuré pour 2012, scénarios à rebondissements et des marchés monétaires qui vont en voir de toutes les couleurs, avec un différentiel entre le France et l'Allemagne qui pourrait frôler les 40% cela va être sportif... La mise en place de restrictions sur les mouvements monétaires à l'intérieur de la zone Euro sonnera comme un tocsin.
Aline Gérard et Valérie Hacot | Publié le 31.12.2011, 07h07
Le 1er janvier 2002, l’euro se substituait au franc. Un plus pour les économies. Mais, pour le consommateur, le bilan est mitigé. Malmenée par la crise, la monnaie unique n’a pu empêcher une flambée des étiquettes.
Pauvre euro! Si jeune, 10 ans tout juste demain, et déjà si fragile. Quand la monnaie unique est née, pourtant, que de promesses! Vendu comme l’arme anticrise, l’euro devait protéger les 300 millions d’Européens des tempêtes économiques. Une décennie plus tard, c’est le désenchantement. Le voilà accusé de tous les maux, au bord du précipice, certains envisageant même sa disparition.
Avec les Français, qui le rendent, à tort et à raison, responsable de la hausse des prix, c’est aussi le désamour : 36% souhaitent un retour au franc et 45% estiment que l’euro est un « handicap », selon un récent sondage*. En Allemagne, la défiance est encore plus forte : 70% des Allemands veulent revenir au mark. Les entreprises et les banques sont sur des charbons ardents : tous préparent des plans B en cas d’implosion de la zone euro.
Car la crise de la dette n’est toujours pas réglée. Après la Grèce, l’Italie vacille. Le triple A de la France, mais aussi de l’Allemagne, est menacé. La faute à l’euro? Si c’était si simple… Si la monnaie unique chancelle, c’est parce qu’elle est avant tout mal née.
En 1992, les pères du traité de Maastricht ont oublié une règle essentielle. Une monnaie, cela se pilote. Construire une Europe économique, soit, mais il faut une gouvernance politique. La crise ne fait que révéler les faiblesses de l’UE. Encore un effort et un peu de solidarité entre Etats membres et l’euro — deuxième monnaie de référence, après le dollar — pourra relever la tête.
Fin novembre, Jacques Attali affirmait : « L’euro a une chance sur deux de ne plus exister à Noël. » Il a peut-être été un peu vite en besogne.
Attali n'a peut être pas préciser Noël de quelle année
En tous cas, un feuilleton au succès assuré pour 2012, scénarios à rebondissements et des marchés monétaires qui vont en voir de toutes les couleurs, avec un différentiel entre le France et l'Allemagne qui pourrait frôler les 40% cela va être sportif... La mise en place de restrictions sur les mouvements monétaires à l'intérieur de la zone Euro sonnera comme un tocsin.

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Je me permets de rappeler que peu de temps après son émission l'euro était autour de 0,80 $ ... Quand même.
Sculler.
Sculler.
Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Mouais ... Je crois que si nous devions reconvertir nos salaires en francs on serait sans doute déçu de la différence avec celui qu'on avait il y a dix ans.
Par contre, quand on regarderait les prix ... Ouah, plus rien à voir avec les prix en francs ! Du yaourt au carburant, c'est pour beaucoup de produits du simple au double.
Sculler, qui a encore un peu de mémoire.
Par contre, quand on regarderait les prix ... Ouah, plus rien à voir avec les prix en francs ! Du yaourt au carburant, c'est pour beaucoup de produits du simple au double.
Sculler, qui a encore un peu de mémoire.
Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Ce n'est pas dû qu'à l'euro. N'oublions pas l'explosion des prix des matières premières...
_________________
"Selon l'éthique capitaliste, il est tout à fait normal de laisser un homme mourir de faim après 40 ans de service ; au contraire, c'est sans doute du bon business, une réduction nécessaire des dépenses qui fait partie des obligations envers les actionnaires" (G. Orwell)
Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Tofraziel a écrit:Ce n'est pas dû qu'à l'euro. N'oublions pas l'explosion des prix des matières premières...
N'oublions pas l'explosion des profits. L'écart entre "trop riches" et "trop pauvres" augmente de façon exponentielle. Les prix des matières premières augmentent sans que la niveau de vie des gens qui peuplent les pays à fortes ressources en bénéficient.
Ces effets de yoyo sur les matières premières sont organisés par les techniciens de la bourses grassement surpayés, ainsi par exemple la hausse du blé qui a fait grimper les produits alimentaires, suivie d'une baisse du même blè peu ou pas répercutée et des milliards engrangés (c'est le cas de la dire
Je préconise un massacre (*) des "traders" à titre d'exemple, comme d'autres préconisent la mort pour les dealers ! C'est le même combat.
(*) C'est une image.
Toute l'année boursière 2011 n'a été que yoyo, et vous allez apprendre, peut être, que les bonus ont exploser les plafonds en 2011 (j'ai pas trouvé sur le net la confirmation que les bonus 2011 sont supérieurs à 2010, à suivre donc)

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L'Allemagne ne sauvera pas l'euro
ci-dessous un article intérressant à lire sur l'Euro. Je n'ai malheureusement pas le temps de le commenter, j'y reviendrai plus tard.
http://monargent.lecho.be/epargner_et_investir/investir/L_Allemagne_ne_sauvera_pas_l_euro.9144965-2222.art?ckc=1
Réunir un économiste d’une grande banque et son prédécesseur n’est pas chose courante. Mais la situation exceptionnelle qui prévaut sur les marchés en Europe mérite une mise en perspective historique. Roland Leuschel (74 ans) et Peter Vanden Houte (48 ans), tous les deux issus de l’ex-Banque Bruxelles Lambert (BBL), nous livrent leurs réflexions sur la crise européenne et donnent quelques précieux conseils aux investisseurs pour réagir au mieux à ces conditions très difficiles. Interview en face à face.
Peter Vanden Houte est entré en 1989 au service d’études de ce qui était encore la BBL. A l’époque, le stratégiste en chef Roland Leuschel s’était déjà forgé une solide réputation. En 1987 par exemple, l’effondrement des marchés américains qu’il avait annoncé lui valut le surnom de "prophète du krach" dans la presse internationale. "Je me souviens encore très bien de ma première rencontre avec Roland Leuschel", explique Peter Vanden Houte. "Nous étions devant un écran Bloomberg qui affichait l’évolution du DJ Industrials. L’indice américain se trouvait à 2.800 points. Leuschel a pointé l’écran du doigt et a dit: "Regarde. Bientôt, il sera à 1.500 points."
Bien des années plus tard, Roland Leuschel n’a rien perdu de son style. "Je ne serais pas étonné que la zone euro se désagrège complètement", prévient l’homme qui prétend encore détenir des Deutsche Marks. Mais Peter Vanden Houte, qui entre temps est déjà économiste en chef depuis 10 ans chez ING, ne partage pas le pessimisme de son maître à penser: "Malgré la gravité de la crise, je suis optimiste. Peut-être est-il urgent de recommencer à croire dans la créativité de l’Homme". Double interview en face-à-face de deux icônes d’ING, mais avec quelques réserves. "Si l’on apprend tout à l’heure qu’une guerre a éclaté en Israël par exemple, alors il faudra oublier tout ce qui s’est dit ici", relativise Roland Leuschel.
Aucune solution structurelle à la crise ne semble encore en vue. Que faut-il faire, selon vous?
Peter Vanden Houte: "Les dirigeants politiques sont conscients de l’extrême gravité de la situation. Si nous ne faisons rien, nous pouvons nous préparer à une récession qui sera encore dix fois plus profonde. Nous assistons déjà à des transferts de capitaux massifs vers des pays plus robustes. Le problème est que les ministres ne semblent pas comprendre le message des marchés. Comment peuvent-ils continuer à discuter du levier du fonds de secours alors que les marchés ont déjà indiqué que ce fonds n’était pas crédible? Je ne pense pas que la solution doit venir de la Banque Centrale Européenne (BCE). Vous pouvez lui demander d’éteindre un incendie, mais pas de consolider la maison."
Roland Leuschel: "La tâche la plus importante de la Banque Centrale Européenne est et reste le maintien de la stabilité des prix. Sauver des Etats ne fait pas partie de sa mission. Tout le monde ne parle que de déflation, mais regardez le niveau actuel de l’inflation. Près de 4% en Belgique et largement supérieur à l’objectif de 2% dans les autres pays européens. Pourquoi accuser les Allemands? Nous ne pouvons sortir d’une spirale négative que si l’argent que nous utilisons chaque jour est sain. Il faut donc absolument rétablir la confiance dans notre monnaie, et contrecarrer les attaques orchestrées par les marchés."
Tous les regards sont pourtant tournés vers l’Allemagne. Peut-elle sauver la zone euro?
Leuschel: "Je ne crois pas que l’Allemagne puisse sauver la zone euro. Elle se trouve dans une situation presque aussi délicate que celle de la France. En pourcentage du PIB, son taux d’endettement est passé de 20 à 80% ces dernières décennies. Et il ne risque pas de diminuer dans l’immédiat. Au contraire: si le fonds de secours doit être renforcé, la dette allemande ne fera qu’augmenter. Par ailleurs, je redoute une poursuite de la hausse des taux d’intérêt, ce qui pourrait créer un effet boule de neige. Sans oublier la récession. Ces trois facteurs sont un cocktail mortel, capable de mettre les Allemands à genoux.
Il faut quand même constater qu’au sein du trio formé par l’Europe, l’Asie et les États-Unis, le maillon le plus faible est l’Europe. Cette fai- blesse est surtout la conséquence du fait que l’Europe n’est pas une union. Voyez les différentiels de taux. Dans une union, ils n’auraient jamais pu être aussi élevés. Le manque d’union est lui-même la conséquence de la lutte de pouvoirs qui se joue. L’Allemagne et la France ne sont absolument pas disposées à céder davantage de prérogatives à l’Union européenne."
La solution doit-elle venir d’en dehors de l’Europe?
Leuschel: "Si vous observez les marchés, vous constaterez qu’on assiste à une grande braderie des titres européens. Les Asiatiques et les Américains contemplent le spectacle avec une certaine satisfaction. Les Américains ont tout intérêt à détourner l’attention de leur propre endettement. Je ne dis pas que c’est un complot, mais je suis convaincu que les Américains ne se soucient pas beaucoup des Européens et voient surtout les avantages de la crise de l’euro."
Vanden Houte: "Je ne crois pas que les Américains aient intérêt à ce que l’Europe s’affaiblisse. Au contraire: ils préfèrent une Europe en croissance car leur croissance dépend aussi de la nôtre. Par ailleurs, les Américains veulent un dollar qui se déprécie peu à peu. Une lente dépréciation du billet vert ne remettra pas son rôle en question. Les assouplissements quantitatifs sont d’ailleurs une tentative d’affaiblir le dollar sans le montrer trop ostensiblement. Seul un dollar plus faible peut offrir aux Américains une issue à leur énorme problème d’endettement."
Une solution pour la zone euro est-elle possible?
Vanden Houte: "Elle ne sera en tout cas pas facile à trouver. En fait, je ne vois que trois options pour sortir de cette spirale de l’endettement. On peut d’abord créer de l’inflation, ce qui réduit mécaniquement le poids de la dette. On peut également imposer des rendements plus faibles. Et on peut augmenter les impôts. Nous aurons sans doute droit à une combinaison des trois. Paul Volcker, qui a présidé la banque centrale américaine de 1979 à 1987, a reçu beaucoup de louanges pour s’être attaqué violemment à l’inflation en procédant à de fortes hausses des taux. Mais c’était dans un contexte d’augmentation de la population active. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un vieillissement de la population et à une diminution du nombre d’actifs. En ce sens, notre situation est comparable à celle du Japon. Le pays a vu ses dettes décupler sans que cela provoque une hausse des taux et de l’inflation. Je m’attendais alors à ce que l’Allemagne, pays le plus vieux du lot, mette tout en œuvre pour dompter l’inflation. Qui crée de l’inflation dans un pays où la population est relativement âgée appauvrit ses retraités.
La deuxième possibilité consiste à augmenter brutalement les impôts. Mais c’est également un jeu dangereux, parce que les impôts pèsent sur la croissance et aggravent la récession.
C’est pourquoi je crois dans une troisième option basée sur la théorie de Carmen Reinhart. Elle affirme qu’il faut organiser une répression financière en obligeant les créanciers à accepter des taux plus bas. En Europe, il faudra trouver un équilibre entre ces trois mesures."
Leuschel: "Je crains qu’une solution ne soit possible que lorsque nous aurons le courage de dire que les entreprises faibles doivent faire faillite, que la Grèce doit sortir de la zone euro ou, dans un scénario encore plus extrême, que l’euro n’y survivra pas. J’ai lu récemment une étude qui fait le bilan des engagements financiers des différents pays. Conclusion: un seul pays de l’OCDE n’a pas de problème, et c’est la Suisse. Il faut oser regarder la réalité en face. "
La récession dans laquelle nous sommes plongés sera-t-elle sévère?
Leuschel: "Personne ne peut le prévoir. C’est comme un em- bryon: au début, il est tout petit, mais il grandit peu à peu pour devenir énorme par rapport à sa taille de départ. Il est déjà très courageux de dire que nous sommes en récession. Mais c’est pire: nous sommes emprisonnés dans un cercle vicieux. Une récession entraîne une baisse des recettes fiscales, ce qui aggrave encore la situation. Je n’exclus pas que nous entraînions également les marchés émergents dans notre sillage. N’oubliez pas qu'il y a une grande corrélation aujourd’hui: tout monte et baisse en même temps. Et une récession est très difficile à enrayer. En 2007, nous avions encore quelques munitions sous la main. Nous pouvions recourir à l’endettement, ce qui est impossible désormais. Au Portugal, les restaurants ferment et le taux de chômage augmente. Ils ont augmenté la TVA, ce qui pèse énormément sur la consommation. Je suis convaincu que les tensions actuelles au sein de la zone euro vont rapidement être source de troubles sociaux."
Vanden Houte: "Des tensions ne sont en effet pas à exclure. Que se passera-t-il en cas de ‘haircut’ sur les obligations grecques? Il n’est pas inimaginable de penser que les Allemands diront alors: c’est notre argent. Cela peut engendrer des tensions. Nous avons connu 50 ans de stabilité, nous devons tout faire pour la conserver."
http://monargent.lecho.be/epargner_et_investir/investir/L_Allemagne_ne_sauvera_pas_l_euro.9144965-2222.art?ckc=1
Réunir un économiste d’une grande banque et son prédécesseur n’est pas chose courante. Mais la situation exceptionnelle qui prévaut sur les marchés en Europe mérite une mise en perspective historique. Roland Leuschel (74 ans) et Peter Vanden Houte (48 ans), tous les deux issus de l’ex-Banque Bruxelles Lambert (BBL), nous livrent leurs réflexions sur la crise européenne et donnent quelques précieux conseils aux investisseurs pour réagir au mieux à ces conditions très difficiles. Interview en face à face.
Peter Vanden Houte est entré en 1989 au service d’études de ce qui était encore la BBL. A l’époque, le stratégiste en chef Roland Leuschel s’était déjà forgé une solide réputation. En 1987 par exemple, l’effondrement des marchés américains qu’il avait annoncé lui valut le surnom de "prophète du krach" dans la presse internationale. "Je me souviens encore très bien de ma première rencontre avec Roland Leuschel", explique Peter Vanden Houte. "Nous étions devant un écran Bloomberg qui affichait l’évolution du DJ Industrials. L’indice américain se trouvait à 2.800 points. Leuschel a pointé l’écran du doigt et a dit: "Regarde. Bientôt, il sera à 1.500 points."
Bien des années plus tard, Roland Leuschel n’a rien perdu de son style. "Je ne serais pas étonné que la zone euro se désagrège complètement", prévient l’homme qui prétend encore détenir des Deutsche Marks. Mais Peter Vanden Houte, qui entre temps est déjà économiste en chef depuis 10 ans chez ING, ne partage pas le pessimisme de son maître à penser: "Malgré la gravité de la crise, je suis optimiste. Peut-être est-il urgent de recommencer à croire dans la créativité de l’Homme". Double interview en face-à-face de deux icônes d’ING, mais avec quelques réserves. "Si l’on apprend tout à l’heure qu’une guerre a éclaté en Israël par exemple, alors il faudra oublier tout ce qui s’est dit ici", relativise Roland Leuschel.
Aucune solution structurelle à la crise ne semble encore en vue. Que faut-il faire, selon vous?
Peter Vanden Houte: "Les dirigeants politiques sont conscients de l’extrême gravité de la situation. Si nous ne faisons rien, nous pouvons nous préparer à une récession qui sera encore dix fois plus profonde. Nous assistons déjà à des transferts de capitaux massifs vers des pays plus robustes. Le problème est que les ministres ne semblent pas comprendre le message des marchés. Comment peuvent-ils continuer à discuter du levier du fonds de secours alors que les marchés ont déjà indiqué que ce fonds n’était pas crédible? Je ne pense pas que la solution doit venir de la Banque Centrale Européenne (BCE). Vous pouvez lui demander d’éteindre un incendie, mais pas de consolider la maison."
Roland Leuschel: "La tâche la plus importante de la Banque Centrale Européenne est et reste le maintien de la stabilité des prix. Sauver des Etats ne fait pas partie de sa mission. Tout le monde ne parle que de déflation, mais regardez le niveau actuel de l’inflation. Près de 4% en Belgique et largement supérieur à l’objectif de 2% dans les autres pays européens. Pourquoi accuser les Allemands? Nous ne pouvons sortir d’une spirale négative que si l’argent que nous utilisons chaque jour est sain. Il faut donc absolument rétablir la confiance dans notre monnaie, et contrecarrer les attaques orchestrées par les marchés."
Tous les regards sont pourtant tournés vers l’Allemagne. Peut-elle sauver la zone euro?
Leuschel: "Je ne crois pas que l’Allemagne puisse sauver la zone euro. Elle se trouve dans une situation presque aussi délicate que celle de la France. En pourcentage du PIB, son taux d’endettement est passé de 20 à 80% ces dernières décennies. Et il ne risque pas de diminuer dans l’immédiat. Au contraire: si le fonds de secours doit être renforcé, la dette allemande ne fera qu’augmenter. Par ailleurs, je redoute une poursuite de la hausse des taux d’intérêt, ce qui pourrait créer un effet boule de neige. Sans oublier la récession. Ces trois facteurs sont un cocktail mortel, capable de mettre les Allemands à genoux.
Il faut quand même constater qu’au sein du trio formé par l’Europe, l’Asie et les États-Unis, le maillon le plus faible est l’Europe. Cette fai- blesse est surtout la conséquence du fait que l’Europe n’est pas une union. Voyez les différentiels de taux. Dans une union, ils n’auraient jamais pu être aussi élevés. Le manque d’union est lui-même la conséquence de la lutte de pouvoirs qui se joue. L’Allemagne et la France ne sont absolument pas disposées à céder davantage de prérogatives à l’Union européenne."
La solution doit-elle venir d’en dehors de l’Europe?
Leuschel: "Si vous observez les marchés, vous constaterez qu’on assiste à une grande braderie des titres européens. Les Asiatiques et les Américains contemplent le spectacle avec une certaine satisfaction. Les Américains ont tout intérêt à détourner l’attention de leur propre endettement. Je ne dis pas que c’est un complot, mais je suis convaincu que les Américains ne se soucient pas beaucoup des Européens et voient surtout les avantages de la crise de l’euro."
Vanden Houte: "Je ne crois pas que les Américains aient intérêt à ce que l’Europe s’affaiblisse. Au contraire: ils préfèrent une Europe en croissance car leur croissance dépend aussi de la nôtre. Par ailleurs, les Américains veulent un dollar qui se déprécie peu à peu. Une lente dépréciation du billet vert ne remettra pas son rôle en question. Les assouplissements quantitatifs sont d’ailleurs une tentative d’affaiblir le dollar sans le montrer trop ostensiblement. Seul un dollar plus faible peut offrir aux Américains une issue à leur énorme problème d’endettement."
Une solution pour la zone euro est-elle possible?
Vanden Houte: "Elle ne sera en tout cas pas facile à trouver. En fait, je ne vois que trois options pour sortir de cette spirale de l’endettement. On peut d’abord créer de l’inflation, ce qui réduit mécaniquement le poids de la dette. On peut également imposer des rendements plus faibles. Et on peut augmenter les impôts. Nous aurons sans doute droit à une combinaison des trois. Paul Volcker, qui a présidé la banque centrale américaine de 1979 à 1987, a reçu beaucoup de louanges pour s’être attaqué violemment à l’inflation en procédant à de fortes hausses des taux. Mais c’était dans un contexte d’augmentation de la population active. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un vieillissement de la population et à une diminution du nombre d’actifs. En ce sens, notre situation est comparable à celle du Japon. Le pays a vu ses dettes décupler sans que cela provoque une hausse des taux et de l’inflation. Je m’attendais alors à ce que l’Allemagne, pays le plus vieux du lot, mette tout en œuvre pour dompter l’inflation. Qui crée de l’inflation dans un pays où la population est relativement âgée appauvrit ses retraités.
La deuxième possibilité consiste à augmenter brutalement les impôts. Mais c’est également un jeu dangereux, parce que les impôts pèsent sur la croissance et aggravent la récession.
C’est pourquoi je crois dans une troisième option basée sur la théorie de Carmen Reinhart. Elle affirme qu’il faut organiser une répression financière en obligeant les créanciers à accepter des taux plus bas. En Europe, il faudra trouver un équilibre entre ces trois mesures."
Leuschel: "Je crains qu’une solution ne soit possible que lorsque nous aurons le courage de dire que les entreprises faibles doivent faire faillite, que la Grèce doit sortir de la zone euro ou, dans un scénario encore plus extrême, que l’euro n’y survivra pas. J’ai lu récemment une étude qui fait le bilan des engagements financiers des différents pays. Conclusion: un seul pays de l’OCDE n’a pas de problème, et c’est la Suisse. Il faut oser regarder la réalité en face. "
La récession dans laquelle nous sommes plongés sera-t-elle sévère?
Leuschel: "Personne ne peut le prévoir. C’est comme un em- bryon: au début, il est tout petit, mais il grandit peu à peu pour devenir énorme par rapport à sa taille de départ. Il est déjà très courageux de dire que nous sommes en récession. Mais c’est pire: nous sommes emprisonnés dans un cercle vicieux. Une récession entraîne une baisse des recettes fiscales, ce qui aggrave encore la situation. Je n’exclus pas que nous entraînions également les marchés émergents dans notre sillage. N’oubliez pas qu'il y a une grande corrélation aujourd’hui: tout monte et baisse en même temps. Et une récession est très difficile à enrayer. En 2007, nous avions encore quelques munitions sous la main. Nous pouvions recourir à l’endettement, ce qui est impossible désormais. Au Portugal, les restaurants ferment et le taux de chômage augmente. Ils ont augmenté la TVA, ce qui pèse énormément sur la consommation. Je suis convaincu que les tensions actuelles au sein de la zone euro vont rapidement être source de troubles sociaux."
Vanden Houte: "Des tensions ne sont en effet pas à exclure. Que se passera-t-il en cas de ‘haircut’ sur les obligations grecques? Il n’est pas inimaginable de penser que les Allemands diront alors: c’est notre argent. Cela peut engendrer des tensions. Nous avons connu 50 ans de stabilité, nous devons tout faire pour la conserver."

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Voilà des gens qui en connaissent un rayon, ils tombent de leur arbre et nous expliquent pourquoi
. Ils sont issus des mêmes dogmes économiques que ceux qui nous ont "mis dedans" et s'aperçoivent, effarés, qu'ils n'ont plus de solutions
"Nous avons connu 50 ans de stabilité, nous devons tout faire pour la conserver."
Pour moi tout est expliqué dans la phrase "aveu" ci-dessus, le reste n'est qu'un constat de 50 ans de lâcheté politique.
"Nous avons connu 50 ans de stabilité, nous devons tout faire pour la conserver."
Pour moi tout est expliqué dans la phrase "aveu" ci-dessus, le reste n'est qu'un constat de 50 ans de lâcheté politique.

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la France abaissée d'un cran à AA+
et voila le jour tant redouté, AA+ avec perspective négative
l'Italie et l'espagne ont été dégradée de 2 crans
le Portugal est à BB
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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Et l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande s'en sortent.
Contrairement à ce que disent les pittbulls de Sarko, ils ont mis la France dans le mauvais wagon.
Contrairement à ce que disent les pittbulls de Sarko, ils ont mis la France dans le mauvais wagon.
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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Il peut renoncer à se présenter, son reste de crédibilité vient de plonger
Juppé Président !!!
Juppé Président !!!
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maxi- Francophonomaniaque

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
En fait, on le voit bien, il y a 2 Euros... L’Allemagne et ses acolytes sont reconnus comme "Standard & Rich". La France préside le "Standard & Poor'!!
Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
A croire qu'il est grand temps de changer de système en 2012 vu qu'on en a l'occasion comme le prônent certains et d'arrêter de s'entêter...
M'enfin moi jdis ça jdis rien ...
M'enfin moi jdis ça jdis rien ...
Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Evênement attendu par tous les spécialistes ....
mais il est vrai que l'électeur moyen a besoin de points sur les i pour réagir
En tous cas, ce n'est pas le genre de truc à faire remonter l'actuel Président .....
mais il est vrai que l'électeur moyen a besoin de points sur les i pour réagir
En tous cas, ce n'est pas le genre de truc à faire remonter l'actuel Président .....

Clavier- Gd Officier de la francophonie

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l'agence S&P s'explique
S&P s'explique : «la réponse à la crise n'est pas la bonne»
Par Cyrille Lachèvre Figaro.fr
Par Cyrille Lachèvre Figaro.fr
L'agence de notation estime que les chefs d'Etat ont mal analysé la crise, se concentrant trop sur les déficits budgétaires au lieu de réduire les écarts de compétitivité. Une règle d'or n'y changerait rien, selon elle.
Standard and Poor's n'a pas attendu lundi matin pour s'expliquer. Vingt heures seulement après avoir allumé un incendie dans l'ensemble de la zone euro, en abaissant la note de 9 pays sur 16 dont quatre (Espagne, Italie, Chypre et Portugal) directement de deux crans, l'agence de notation a tenu une conférence téléphonique, samedi après-midi, pour motiver sa décision.
Au-delà des raisons propres à chaque pays, il ressort de façon globale que l'agence est clairement déçue par les résultats du sommet européen du 9 décembre qui devait mettre un terme à la crise de l'euro. «Les dirigeants européens n'ont pas réussi à trouver les solutions adaptées à l'ampleur de la crise qui touche la zone euro», résume Moritz Kraemer, le responsable de la notation des états souverains européens.
Plus important, et plus inquiétant, «les chefs d'Etat n'ont pas forcément établi le bon diagnostic sur les raisons profondes de cette crise». Ce qui, selon S&P, les empêche d'y apporter les bonnes réponses. «Tous les pays se concentrent essentiellement sur des remèdes budgétaires en réduisant leurs déficits excessifs, en particulier dans les pays périphériques, mais la crise de la zone euro s'explique surtout par un écart de compétitivité qui n'a cessé de se creuser entre certains pays européens depuis le lancement de la monnaie unique», estime Moritz Kraemer.
La France n'arrive plus à compenser son déficit commercial
En termes économiques, cet écart de compétitivité a abouti au creusement, dans certains pays, de la balance des paiements et ce creusement a été trop longtemps ignoré par les responsables européens.
Depuis plusieurs années, S&P fait de cette balance des paiements l'un des critères majeurs de sa notation, au côté des chiffres plus usuels des déficits publics. De fait, ce sont les pays comme l'Irlande, l'Espagne ou le Portugal, dont les balances des paiements se sont lourdement creusées, qui ont été les plus dégradées ces dernières années. Dans une certaine mesure c'est aussi ce déficit -plus encore que ses déficits budgétaires- qui a fini par affecter la note de la France. Encore bénéficiaire en 2004, cette balance des paiements ne cesse de se dégrader depuis lors, au point de s'élever en moyenne à 6 ou 7 milliards de déficit par mois. C'est le signe que la France n'arrive plus à compenser son déficit commercial par suffisamment d'entrées de capitaux étrangers sur son territoire.
Vu sous cet angle, les solutions proposées par les différents sommets européens, notamment le durcissement de la discipline budgétaire, sont largement insuffisantes pour résoudre tous les problèmes de l'euro. «Si il y avait eu une règle d'or budgétaire dans les pays auparavant, il n'est pas certain que la crise aurait été évitée», explique Moritz Kraemer. «Pour preuve, avant 2007, les Allemands avaient un déficit budgétaire bien plus élevé que les Espagnols, qui étaient presque à l'équilibre». Mais la compétitivité de l'économie allemande lui a permis de mieux résister au choc, ce qui n'a pas été le cas de l'Espagne.
Standard and Poor's n'a pas attendu lundi matin pour s'expliquer. Vingt heures seulement après avoir allumé un incendie dans l'ensemble de la zone euro, en abaissant la note de 9 pays sur 16 dont quatre (Espagne, Italie, Chypre et Portugal) directement de deux crans, l'agence de notation a tenu une conférence téléphonique, samedi après-midi, pour motiver sa décision.
Au-delà des raisons propres à chaque pays, il ressort de façon globale que l'agence est clairement déçue par les résultats du sommet européen du 9 décembre qui devait mettre un terme à la crise de l'euro. «Les dirigeants européens n'ont pas réussi à trouver les solutions adaptées à l'ampleur de la crise qui touche la zone euro», résume Moritz Kraemer, le responsable de la notation des états souverains européens.
Plus important, et plus inquiétant, «les chefs d'Etat n'ont pas forcément établi le bon diagnostic sur les raisons profondes de cette crise». Ce qui, selon S&P, les empêche d'y apporter les bonnes réponses. «Tous les pays se concentrent essentiellement sur des remèdes budgétaires en réduisant leurs déficits excessifs, en particulier dans les pays périphériques, mais la crise de la zone euro s'explique surtout par un écart de compétitivité qui n'a cessé de se creuser entre certains pays européens depuis le lancement de la monnaie unique», estime Moritz Kraemer.
La France n'arrive plus à compenser son déficit commercial
En termes économiques, cet écart de compétitivité a abouti au creusement, dans certains pays, de la balance des paiements et ce creusement a été trop longtemps ignoré par les responsables européens.
Depuis plusieurs années, S&P fait de cette balance des paiements l'un des critères majeurs de sa notation, au côté des chiffres plus usuels des déficits publics. De fait, ce sont les pays comme l'Irlande, l'Espagne ou le Portugal, dont les balances des paiements se sont lourdement creusées, qui ont été les plus dégradées ces dernières années. Dans une certaine mesure c'est aussi ce déficit -plus encore que ses déficits budgétaires- qui a fini par affecter la note de la France. Encore bénéficiaire en 2004, cette balance des paiements ne cesse de se dégrader depuis lors, au point de s'élever en moyenne à 6 ou 7 milliards de déficit par mois. C'est le signe que la France n'arrive plus à compenser son déficit commercial par suffisamment d'entrées de capitaux étrangers sur son territoire.
Vu sous cet angle, les solutions proposées par les différents sommets européens, notamment le durcissement de la discipline budgétaire, sont largement insuffisantes pour résoudre tous les problèmes de l'euro. «Si il y avait eu une règle d'or budgétaire dans les pays auparavant, il n'est pas certain que la crise aurait été évitée», explique Moritz Kraemer. «Pour preuve, avant 2007, les Allemands avaient un déficit budgétaire bien plus élevé que les Espagnols, qui étaient presque à l'équilibre». Mais la compétitivité de l'économie allemande lui a permis de mieux résister au choc, ce qui n'a pas été le cas de l'Espagne.
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maxi- Francophonomaniaque

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Le creusement de la balance commerciale était corrigé auparavant par une dévaluation compétitive. Mais maintenant qu'on à l'Euro...

Ulmo- Gd Officier de la francophonie

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Les allemands ont "absorbé" l'allemagne de l'Est et son retard économique, comme l'Europe aurait dû "absorbé" la Grèce et ses escrocs de dirigeants. La grenade dégoupillée par l'égoïsme nous a sauter à la figure endommageant gravement la finance de tout le sud de l'europe.
Comme dit un vieux dicton, plaie d'argent n'est pas mortelle.
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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente
Ulmo a écrit:Le creusement de la balance commerciale était corrigé auparavant par une dévaluation compétitive. Mais maintenant qu'on à l'Euro...
Exact. Le contrôle de la politique monétaire est capital.
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