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Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

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Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Dim 7 Aoû - 22:44

Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente



Les dirigeants et les banquiers centraux des grandes puissances mondiales sont sur un pied d'alerte dimanche. La menace d'une lourde chute plane sur les marchés dans la foulée de la crise dans la zone euro et de la décote américaine.

Selon l'agence Dow Jones Newswire, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) tient une rencontre extraordinaire par vidéoconférence. Des discussions sur une possible mesure d'aide pour l'Italie devraient avoir lieu.

Rome a affirmé vendredi que la BCE pourrait lui porter secours en achetant dès lundi des bons du Trésor du pays. Cette initiative n'a toutefois pas été confirmée à Francfort.

Les marchés ont réclamé cette intervention.

Jeudi dernier, le président de la BCE, Jean Claude Trichet, s'est engagé à acheter de nouveau sur le marché de la dette, mais cette annonce n'a pas rassuré les investisseurs. En conséquence, les primes de risques payées par l'Italie et l'Espagne ont atteint de nouveaux sommets.

L'Italie n'est toutefois pas assurée de l'appui de l'ensemble de la zone euro. L'Allemagne estime que l'Italie, troisième économie européenne, pèse trop lourd pour pouvoir être sauvée par le Fonds européen de soutien, selon l'édition de dimanche de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Remue-ménage après la décote américaine

Outre leur propre dette souveraine, les pays d'Europe pourraient souffrir de la sanction infligée à la première économie mondiale.

L'agence Standard & Poor's (S&P) a annoncé vendredi la dégradation de la note américaine de AAA à AA+ après une longue bataille entre républicains et démocrates sur le relèvement du plafond de la dette.

Le professeur d'économie à Genève Charles Wyplosz estime que cette décote « va provoquer des effets de ricochet sur l'Espagne et l'Italie et mettre la France sous pression ». « La zone euro descend dans les abysses », prévient-il.

Pour tenter de trouver un moyen de contrer la menace, les pays du G20 ont discuté dimanche matin lors d'une téléconférence, précédée de discussions au sein du cercle plus restreint du G7.

Une autre conférence téléphonique des ministres des Finances du G7 devrait suivre, incluant cette fois les banquiers centraux, avant la réouverture lundi matin des marchés boursiers asiatiques.

Les médias japonais évoquent une possible déclaration commune visant à apaiser les marchés.


Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters


============================================

Grosse nouvelle!

C'est comme si personne n'avait vu venir cela! L'Italie avec le bouffon à Berlusconi, la France avec son nano Président. Alors vous donnez combien de mois à l'Euro dans sa forme actuelle? Pensez-vous sérieusement que l'Allemagne va payer pour l'Italie longtemps? Les Allemands sont avec la Chine les deux pays exportateurs les plus importants du monde, avant les É.U. et bien en avant de la France. Quel va être le dernier pays qu'ils vont supporter? L'avalanche va s'arrêter à qui? L'U.E., telle qu'elle. ne survivra tout simplement pas à la crise actuelle. Il faut que le coeur de l'Europe, l'essentiel se consolide, se concentre et le fasse maintenant. Si non tout déboule. Et ça, cela exige des décisions fermes maintenant, des décisions que vous n'avez jamais voulu prendre.

Vous n'avez pas fini de gueuler dans la rue car, sans nul doute, vous allez dire "non" encore une fois à la nécessité de perdre des privilèges... Et là, si vous ne vous ressaisissez pas, ce sera grave. Shocked

Je l'ai déjà dit, les É.U. vont essayer de vous faire porter le singe, de vous faire payer à leur place. Ne jouez pas ce petit jeu, ouvrez-vous les yeux. Vous avez tout pour les battre, ils sont à terre. Celui qui va s'en sortir, c'est celui qui va passer outre ses vaches sacrées, celui qui va oser prendre un nouveau chemin.

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Clavier le Lun 8 Aoû - 8:30

Roosevelt avait le "new deal" , Normand a le "Nouveau chemin"
C'est sûr qu'il va falloir innover pour s'en sortir
A mon avis il n'y a surtout plus de route devant nous , on va devoir défricher à la machette .....

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Lun 8 Aoû - 16:18

Ce matin, croyez-le ou non, le USD$ Index est en hausse!!! Ce qui signifie que le USD$ est en forte demande... or rien n'est moins probable avec l'or en hausse de 504$ +-. CELA SIGNIFIE QUOI?

Que les Américains par le FED, probablement, rachètent des USD$ à la tonne (avec de l'argent bidon. Ils n'en ont plus de réserve depuis longtemps.). De sorte que l'Euro et le CDN$ perdent de la valeur. S'ils ne le faisaient pas la perte de confiance serait amplifiée et la bourse tomberait encore plus. Or il y a une fin à ce stratagème. On sait tous que tout cela repose sur du vent.

Que feront les gros du marché? Ils vont vendre. Je ne les vois pas se retenir. Tout le monde veut sauver sa peau. Et je doute que ce soit en douce, comme débuter la descente aux enfers demain. Il y aura cetes incertitude de la direction mais cela ne peut pas ne pas venir.

Si vous vendez, maintenant achetez des aurifères dans quelques jours seulement, la panique passée (elles vont baisser un peu dans la panique). À plus long terme ce sera plus gagnant que l'or solide. Bien que l'or solide ce soit encore plus sécuritaire mais éventuellement moins payant.

Nous entrons dans une grande zone d'incertitude car la bourse n'est qu'un reflet des problèmes et seulement aussi qu'une part limitée des problèmes.

Oui, les niveaux de la bourse sont irréalistes car l'économie ne va pas bien du tout (!) et la bourse est gonflée à l'hélium. Que de la spéculation, aucun fondamental pour supporter le tout.

Mais le mal le plus important est l'économie américaine. Pour s'en sortir, il faut traiter ce mal. Or ce qui le caractérise, c'est la pauvreté des É.U.. Il faut, pour comprendre les choses, considérer largement les É.U. comme une personne. C'est une personne pauvre, endettée à l'os mais propriétaire de beaucoup de biens. Un GROS pauvre qui a une maison, des autos etc... mais qui doit plus que ses actifs.

Jusqu'à maintenant pour s'en sortir, il a appliqué la fuite en avant. Il a amplifié sa dette pour ne pas tomber en faillite. Il a une deuxième, une troisième hypothèque. or il est maintenant au bout du rouleau

Les É.U. ont une capacité particulière d'imprimer de l,argent que n'ont pas les individus. Ils en sont là. Ils émettent des USD$ pour racheter leurs dettes. La communauté internationale dit : Nous ne sommes pas dupes". Vous allez nous donner 2-3-4-5 fois plus de USD$ pour le baril d'huile, l'once d'or etc... car votre argent est bidon (la monnaie n'a plus de référence concrète maintenant, elle ne repose que sur la confiance). Et comme la monnaie baisse, ceux qui prêtent ne veulent plus 5% d'une monnaie qui ne faudra plus que le quart, la moitié de ce qu'elle vaut dans un an. Ils en veulent plus! 10%, 20%? Vous voyez la décote des obligations US, vous voyez le point de départ de l'inflation.

Que faut-il faire. cesser d'émettre de l'argent bidon, resserrer le crédit fortement en montant le taux directeur, augmenter le rendement des prêteur. Cesser de dépenser. Augmenter les taxes des riches. Sortir les soldats qui coûtent les yeux de la tête de l'Afghanistan ou d'ailleurs, ne plus aller nulle part. Couper dans l'importation de pétrole donc augment er les taxes sur le pétrole, forcer l'économie d'énergie... Vous voyez le reste. Tout cela se traduira par une diminution éventuelle de la dette publique et privée par apport au PIB, une reprise de confiance dans la monnaie, une augmentation de la confiance etc...

Tant que cela ne se verra pas concrètement, l'hémorragie va se poursuivre.

Que faire en Europe? La même chose mais plus doucement car vous n'êtes pas dans la même dèche quoique dans la bonne direction pour le devenir.




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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Personne le Lun 8 Aoû - 19:50

Normand Choinière a écrit: Que de la spéculation, aucun fondamental pour supporter le tout.


Ce matin les bourses du moyen Orient était Orientées à la hausse, quelques Emirs qui jouent au Loto avec leur milliards et achètent à la baisse, y a pas de petits profits.

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Mar 9 Aoû - 16:15

Personne a écrit:
Normand Choinière a écrit: Que de la spéculation, aucun fondamental pour supporter le tout.


Ce matin les bourses du moyen Orient était Orientées à la hausse, quelques Emirs qui jouent au Loto avec leur milliards et achètent à la baisse, y a pas de petits profits.


Je me demande même si c'est cela l'explication car les Émirs en ont jusque là des USD$ qui chutent à vue d'oeil. Ils n'ont absolument aucun intérêt à s’empiffrer de USD$ soit directement ou indirectement en achetant des actions américano-dépendantes. Ils ont tout intérêt à acheter de l'or, des Francs suisses, à la limite des Euros.

Pendant ce temps, la fed devrait annoncer des mesures "traditionnelles" pour toujours encourager le crédit facile avec des USD$ inexistants. On gage combien?

Soit dit en passant, je me préoccupe de ce temps là des tonnes d'or qu'ont les Américains à Fort Knox. Personne, au fait, ne sait trop combien ils en ont. C'est un secret connu de... personne ou à peu près, certainement pas public. Leur en reste-t-il, combien????

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Criquette le Ven 12 Aoû - 1:24

Je viens de lire deux articles que je trouve suspects.

Normand je pense qu'ils peuvent vous interesser.
Sur l'impossibilité de connaître les détenteurs étrangers (hors zone euro) de notre dette . Une loi règlemente même cette interdiction.

Ca ne vous semble pas bizarre ???
Ainsi au 30 JUIN 2010, 70,6 % de notre dette négociable était détenue par des non-résidents. Ce qui nous classe juste sous le Portugal et la Grèce.

Je crois que cette loi qui interdit la non-communication de l'identité des détenteurs non-résidents est une arme qui pourrait s'avérer redoutable si elle était dirigée contre nous avec malveillance.

Que se passerait-il si des banques centrales étrangères ou des organismes financiers se mettaient à vendre en masse nos obligations d'état ?



http:// www.lemonde.fr/politique/article/2011/08/10/a-qui-appartient-la-dette-de-la-france_1558009_823448.html

http://www.la-raudiere.com/lng_FR_srub_39_iart_553-Reponse-a-ma-question-au-gouvernement-%20-Qui-sont-les-crean-.html

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Ven 12 Aoû - 3:09

Criquette a écrit:...
Que se passerait-il si des banques centrales étrangères ou des organismes financiers se mettaient à vendre en masse nos obligations d'état ?


Je reprend l'expression de notre ancien Premier ministre.... Ils s'autopeluredebananiseraient! Il faut que le motif de le faire soit très élevé car la conséquence directe serait la diminution de la valeur de leurs titres. Ils se tireraient dans le pied! Les Chinois qui détiennent 10% de la dette américaine marchent sur des oeufs car ce 10% perd de la valeur à chaque jour depuis maintenant près de 10 ans. Toujours est-il qu'ils avalent leur pilule et ne vendent pas...

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par maxi le Dim 18 Sep - 10:18

Les Français hostiles à une nouvelle aide à la Grèce
Par lefigaro.fr publié le 17/09/2011


68% des Français désapprouvent l'augmentation de la contribution française au sauvetage de la Grèce, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.

Les Français seraient-ils devenus moins solidaires avec la Grèce ? Ou tout simplement, inquiets qu'une nouvelle aide au pays creuse encore un peu plus l'endettement de la France ? En juin dernier, 59% d'entre eux s'étaient déclarés favorables à une aide française pour sauver la Grèce au nom de la solidarité européenne. Trois mois plus tard, ils désapprouvent à 68% la nouvelle contribution financière de la France à la Grèce, estimée à 15 milliards d'euros par François Fillon, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.

Dans le détail, 30% des personnes interrogées se déclarent «tout à fait hostiles» et 38% «plutôt» hostiles à cette nouvelle aide. Pour 87% d'entre eux, l'argent prêté à la Grèce est de l'argent perdu. Ils estiment en effet que le pays ne pourra jamais rembourser ses dettes.


Si la Grèce n'est pas sauvée...

Une position qui n'empêche pas la majorité des Français (84% des personnes interrogées) de reconnaître que si la Grèce n'est pas sauvée, les difficultés de la zone euro vont s'accroître dangereusement.

Depuis vendredi, les ministres des Finances de la zone euro sont réunis en Pologne pour discuter de la nouvelle aide de 158 milliards d'euros pour la Grèce. Une réunion que le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, présent pour la première fois, a quitté les mains vides et en désaccord avec les Européens. L'Eurogroupe a par ailleurs repoussé à la mi-octobre toute décision sur le versement d'une nouvelle tranche de huit milliards, dans le cadre du premier plan d'aide de 110 milliards.

Pour répondre aux inquiétudes de Timothy Geithner, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a affirmé à l'issue de la réunion des ministres des Finances européens que «la zone euro se porte mieux économiquement que d'autres grands pays développés». La crise couve entre les Européens et les Américains...

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Personne le Dim 18 Sep - 10:39

Objectivement le constat est : L'Euro ça fonctionne pas.

L'idée n'est pas en cause, les peuples "installés" ne veulent pas payer pour les autres, c'est aussi simple que cela et d'une évidence criante.
Les rêveurs de l'Europe économiquement égalitaire peuvent retourner à leur "puzzle", l'égoïsme est aujourd'hui triomphant, reprenons le franc, fermons nos frontières et renvoyons les étrangers crever de faim chez eux.
La messe est dite.
Amen.

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Dim 18 Sep - 15:25

Personne a écrit:Objectivement le constat est : L'Euro sa fonctionne pas.
L'idée n'est pas en cause, les peuples "installés" ne veulent pas payer pour les autres, c'est aussi simple que cela et d'une évidence criante.
Les rêveurs de l'Europe économiquement égalitaire peuvent retourner à leur "puzzle", l'égoïsme est aujourd'hui triomphant, reprenons le franc, fermons nos frontières et renvoyons les étrangers crever de faim chez eux.
La messe est dite.
Amen.

Personne (un peu fatigué du monde).


Tout un revirement!!!

Cela pourrait être nuancé. L'Euro est possible à certaines conditions comme celle de regrouper le comparable, d'appliquer les mêmes rigueurs et tenter de tenir compte des souverainetés (mais j'en doute). En fait, l'Euro n'est pas une nécessité et peut même être nuisible au développement de l'Europe car les politiques communes exigées par l'Euro peuvent nuire au développement de ses membres! Renoncer à l'Euro, ce n'est pas non plus renoncer à la coopération européenne ni à une certaine Europe économique.

Ce qui est clair pour moi, c'est que l'Europe aura à s'isoler bientôt des É.U. . Avec la chute du USD$, les É.U. vont vous exporter leurs problèmes et plomber votre économie! Vous allez devoir payer leur facture! Clairement, vous devrez mettre fin aux règles du libéralisme mondial tout azimut et imposer des barrières tarifaires pour protéger vos économies.

Et c'est vrai que l'économie de l'Europe est objectivement meilleure que celle des É.U.. Trichet a raison. Au plan perceptuel, c'est autre chose. Cela ne signifie pas que l'urgence de vous resaisir au niveau des finances publiques et du déficit n'est plus là. Que non!

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Ils pédalent dans le vide

Message par Ulmo le Mer 12 Oct - 7:17

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-ils-pedalent-dans-le-vide.aspx?article=3638336632G10020&redirect=false&contributor=Paul+Jorion

Il règne ces jours derniers un silence trompeur, uniquement ponctué par des déclarations allemandes répétant que pas un euro de plus ne sera donné au FESF. Ce qui, faut-il le remarquer, ne ferme pas la porte à un montage financier lui permettant de disposer d’un effet de levier sur la base de son financement actuel. Mais n’anticipons pas, cherchons en attendant ce que ce calme inhabituel en ces temps agités dissimule…

Tout simplement des pourparlers à propos de deux nouveaux sauvetages. Avec pour objectifs de soulager davantage la dette de la Grèce, ainsi que de contenir préventivement l’hémorragie au sein de la zone euro. Les principes et ajustements du premier font l’objet des discussions, tandis que ceux du second sont à peine abordés.

Ces plans seront délicats à annoncer, dans un contexte où tant de mesures de rigueur déferlent, sans compter celles qui restent à venir. Alors que les opérations de diversion, comme la taxe sur les transactions financières, peinent à remplir leur rôle. Afin d’occuper les esprits, le débat sur le renforcement du pilotage économique de la zone euro va donc rebondir, car lui au moins peut être tenu publiquement. A condition d’escamoter les divergences avec les Américains, qui réclament des mesures de relance dont les Allemands ne veulent pas. Et d’y aller pour infléchir la ligne des Allemands, en ce qui concerne les Français.

Dans l’immédiat, une rumeur se propage : la BCE pourrait entamer un nouveau programme d’achats d’obligations sécurisées des banques, comme déjà fait. Le but serait d’aider celles-ci à renforcer leurs fonds propres, alors qu’elles doivent consentir sur le marché obligataire des taux à la hausse et qui rognent leurs marges. Par cette ouverture, ainsi que par une baisse de son taux principal, en dépit de l’augmentation de l’inflation, la BCE pourrait chercher à être tenue pour quitte, afin de ne pas s’impliquer dans des montages financiers avec le FESF qui lui répugnent. A chacun ses pauvres dans un monde bien gardé : à elle les banques, aux Etats leurs homologues.

Entre les décisions qui pourraient être prises lors de la réunion de jeudi prochain de son conseil des gouverneurs et l’ensemble des manifestations qui se préparent à l’occasion du départ de Jean-Claude Trichet et de l’arrivée de Mario Draghi à sa tête, le terrain médiatique va être occupé par la BCE. C’est tout du moins l’espoir qui anime les dirigeants européens, bousculés à Washington et faisant le dos rond.

Il est attendu d’eux qu’ils résolvent sans tarder des questions capitales, en premier lieu en faveur de la Grèce et du système bancaire, car elles sont étroitement liées. Le second plan de sauvetage de la Grèce étant notoirement sous-dimensionné avant même d’avoir été appliqué, son renforcement s’impose en effet. Il pourrait être demandé aux banques d’accepter une décote supplémentaire sur les 135 milliards d’euros d’obligations grecques qui doivent faire l’objet d’un swap, pour l’instant assorti d’une décote fixée à 21%. Une hypothèse ouvertement évoquée par les Allemands, qui attendent pour se prononcer le rapport de la Troïka finalement retournée à Athènes, objet de tous les enjeux et de toutes les pressions.

Mais les autorités françaises craignent pour la solidité de leurs banques et ne voudraient pas avoir à les aider ouvertement. Ils préféreraient l’adoption d’une autre formule – l’achat par le FESF de dettes grecque – afin de ne pas à nouveau consentir aux banques des prêts participatifs (et sans conditions), une formule qui pourrait cette fois-ci être mal ressentie.

Cette option mobilisant le FESF n’a pas la faveur des Allemands, qui considèrent qu’elle permettrait aux banques, qui ont acheté des obligations grecques à très bas prix (en raison de la hausse de leur taux), de les revendre à bon prix à celui-ci, ce qui représenterait une aide déguisée et ferait appel à des fonds publics et non au financement du privé. A l’opposé de ce qu’ils préconisent. Elargir le champ des obligations faisant l’objet du swap pour l’étendre à des maturités plus longues, comme il en est également question, défavoriserait sans doute les banques allemandes, qui semblent en posséder le plus, mais le gouvernement allemand ne verrait pourtant pas d’un mauvais œil cette solution, décidé au contraire du français à faire contribuer les banques.

Comme on le constate sans surprise, le gouvernement français reste sur une ligne de défense et soutien inconditionnel des banques, tandis que les Allemands poursuivent et accentuent une politique visant à partager avec celles-ci la charge, cohérents avec leur volonté de réduction des déficits publics.

Tel serait, reconstitué, le dessous des cartes de ce premier volet du sauvetage de la zone euro. Dans l’attente de sa clarification, il est acquis que l’échange d’obligations en cours d’être entériné par les parlements nationaux n’est pas une mauvaise affaire pour les banques, les marchés enregistrant une décote de 40 à 50% au lieu des 21% qu’elles consentent. Ce qui explique que l’objectif de réunir des engagements représentant 90% de 135 milliards d’euros d’obligations soit en passe d’être atteint.

Une nouvelle réunion des ministres des finances européens se tiendra lundi et mardi prochains, ainsi qu’une autre de la BCE jeudi, dans l’attente d’une future rencontre d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy « les jours prochains », a vaguement précisé vendredi ce dernier. Un sommet aura lieu les 17 et 18 octobre à Bruxelles et le G20 se tiendra à Cannes début novembre. Autant d’échéances qui sont attendues pour que soit clarifiée la stratégie européenne, les dirigeants européens se réfugiant dans le silence ou, non sans démagogie, derrière le nécessaire temps de la démocratie pour masquer leurs atermoiements. Un bien grand mot pour un futur petit tête à tête !

Si le renforcement du second plan de sauvetage de la Grèce pourrait être annoncé dès ce mois d’octobre, le casse-tête que représente le choix de la méthode utilisée pour créer un effet de levier au FESF reste entier. Les montages financiers envisageables sont étudiés sous tous les angles. Comment pourrait-il mettre sur la table les montants nécessaires pour empêcher que les Italiens et les Espagnols ne tombent dans le trou, sans augmenter ses moyens propres comme l’exigent les Allemands ? Le sujet est bien plus épineux que le précédent. Ce ne sont plus du tout les mêmes montants qui sont en jeu, impliquant que la BCE s’en mêle.

Même si le FESF prend son relais pour soutenir le marché obligataire, en procédant à des achats sur le marché secondaire, la BCE pourrait en effet être appelée à jouer un rôle clé peu orthodoxe, auquel elle ne va pouvoir échapper que par des acrobaties financières des Etats. Une logique qui pourrait rétrospectivement mieux éclairer la démission de son économiste en chef, Jürgen Stark.

Les autorités européennes sont confrontées à une décision difficile à prendre, qui avive leurs divergences. Tout nouveau plan de financement de la crise financière européenne les conduirait à prendre des engagements financiers énormes, sous une forme ou sous une autre. Sans garantie d’éteindre pour autant le feu. Rester les bras croisés n’est pas non plus possible. Elles sont désormais incitées à devoir contracter – dans la logique de ce qu’elles ont entrepris depuis le commencement – de nouvelles dettes pour financer un désendettement qui coince ! Vont-elles alors se poser une question triviale, ou continuer leur fuite en avant : quelle va être à l’arrivé la balance de l’opération, la dette globale va-t-elle être diminuée ou augmentée ?

D’un côté on serre les vis, de l’autre on ouvre les vannes, quelle est la logique de tout cela ? Il n’y en a pas, ont beau jeu de faire remarquer les Allemands, qui ne disposent pas pour autant de stratégie de rechange et en conséquence avancent à reculons dans cette direction.

Tous ces constructions financières sont absurdes et dangereuses, elles reposent une nouvelle fois sur l’espoir qu’elles seront dissuasives et n’auront pas à servir. Sempiternelle vision optimiste démentie tous les jours par les tensions qui se manifestent sur les marchés, et par les difficultés continuelles que rencontrent les dirigeants espagnols et italiens.

Reculant devant l’énormité de ce qui leur a été demandé par le concert des nations à Washington, les dirigeants Européens se préparent une fois de plus à lamentablement bidouiller. Ce qui est bien entendu la pire des options ! Ils parlent haut et fort des plans de réduction du déficit public et de leur futur gouvernance miracle pour masquer qu’ils pédalent dans le vide. Rappelant ces exécrables gestionnaires qui se font à peu de frais une réputation de managers de haut vol en jouant les cost killers. En réalité des apprentis.

Billet rédigé par François Leclerc

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par maxi le Mer 12 Oct - 21:45

Zone euro : les Nobel prônent le fédéralisme budgétaire
Figaro.fr


Selon les lauréats 2011 Christopher Sims et Thomas Sargent, il serait «facile» pour l'Europe de sortir de la crise des dettes. Leur solution? Un renforcement de la compétence budgétaire de Bruxelles. Décryptage.

Leur remède à la crise de la dette en zone euro était attendu. Après avoir enfilé leurs nouveaux habits de prix Nobel d'économie 2011, les Américains Christopher Sims et Thomas Sargent ont donc abattu la carte du fédéralisme budgétaire. Un précédent historique doit selon eux servir de modèle: l'union des budgets des treize États fondateurs des États-Unis avec la Constitution de 1787. Pour Christopher Sims, il s'agit-là d'une «solution déterminée» avec laquelle «nous sommes nés». Et Thomas Sargent d'appeler la zone euro à concevoir «une manière de partager les fardeaux budgétaires pour relier la compétence budgétaire à la Banque centrale européenne (BCE) et au prêteur en dernier ressort». D'après lui, les perspectives pour l'euro demeureront «sombres» si ces liens «restent aussi peu clair».

Même si l'idée n'est pas nouvelle, elle a ressurgi à la faveur de la crise grecque. Ce mercredi, des personnalités politiques et économiques de toute l'UE (dont le milliardaire George Soros ou Martti Ahtisaari, l'ancien premier ministre finlandais) ont signé une tribune appelant les dirigeants de la zone euro à s'unir. Publiée par le Financial Times , cette missive prône la «mise en place d'un budget commun qui pourrait lever des fonds et assurer la discipline fiscale des États membres». Dans cet esprit, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a récemment souhaité que l'Europe se dote «d'un ministre fédéral des Finances».

Jugeant «pragmatique» la position des deux Nobel, Jérôme Creel, directeur adjoint des études à l'OFCE et professeur à l'ESCP Europe estime aussi que cette idée d'un fédéralisme budgétaire constitue «un impératif». En clair, la zone euro devrait se doter d'un véritable «budget fédéral» à côté des budgets nationaux. Celui-ci permettrait de mieux «réguler l'activité» de l'Union via une «réciprocité permanente» dans les relations bilatérales entre les pays les plus forts et les plus faibles, notamment en période de chocs économiques. «En achetant des Mercedes, les Grecs contribuent à la croissance allemande: il est donc normal de lui venir en aide en cas de besoin», prend en exemple l'économiste.
«L'euro doit marcher sur ses deux jambes»

Le Fonds de secours de la zone euro (FESF), qui a déjà aidé le Portugal et l'Irlande, apparaît aux yeux de Jérôme Creel comme une ébauche d'un fédéralisme budgétaire plus poussé. D'après lui, il en va de même pour les débats actuels concernant l'émission d'euro-obligations («qui pourraient à terme financer un grand budget commun»), tout comme celui, embryonnaire et loin de faire l'unanimité, de la taxe sur les transactions financières.

Pour être efficace, prône Jérôme Creel, la mise en place de ce budget fédéral ne se fera pas sans la BCE. «L'euro doit pouvoir marcher sur ses deux jambes: une BCE indépendante pour son levier monétaire et une politique budgétaire coordonnée», soutient-il. Or l'institution de Francfort n'a pour l'instant qu'un objectif de lutte contre l'inflation (au contraire de la Réserve fédérale américaine). Résultat, la coordination et les relations entre la BCE et les États sont régulièrement tendues: l'économiste rappelle qu'en juin 2008, Nicolas Sarkozy s'était notamment emporté contre l'institution de Francfort, qui avait décidé une augmentation de son principal taux directeur de 4% à 4,25% après la flambée des matières premières. La BCE «devrait se poser la question de la croissance économique» et «pas simplement de l'inflation», avait fustigé le chef de l'État, redoutant une hausse de la monnaie unique face au dollar, pénalisante pour les exportations de la zone euro. Six mois plus tard, contagion de la crise financière des États-Unis au Vieux Continent oblige, la BCE a revu par trois fois ses taux à la baisse, jusqu'à 0,75% fin 2008.

Problème: la mise en place d'un vrai budget fédéral implique un «important transfert de souveraineté aux instances européennes», pointe Alexandre Delaigue, économiste blogueur d'Econoclaste. «Pour que cela fonctionne, il faudrait alors que Bruxelles puisse surveiller étroitement les déficits et contrôler tout ce qui touche à la compétitivité des membres, insiste-t-il. Avec le budget, on touche directement à la vie des gens.» Pêle-mêle, il cite «l'âge de la retraite, les conditions d'assurance chômage», qui seraient alors indirectement contrôlés par Bruxelles via le levier budgétaire. De plus, il rappelle qu'aux États-Unis, «l'union budgétaire n'a pu se faire qu'après la guerre de sécession...»

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Mer 12 Oct - 23:45

Vous aurez très bientôt à choisir si vous devenez des Europériens ou si vous demeurez Français. Pour rester Français, vous aurez un prix à payer.... et pour devenir Europériens aussi!!!

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par maxi le Ven 21 Oct - 8:19

Les Européens renoncent à boucler un plan global dimanche
Les Echos - 21.10.11


Les difficultés à bâtir un accord global sur la crise de la dette dans la zone euro sont telles que le sommet de dimanche a failli être reporté. Finalement il est maintenu, mais un deuxième Conseil est prévu en début de semaine.

Si ce n'est pas de la panique, cela ressemble à un immense affolement. Après avoir promis aux investisseurs, à la Grèce et au reste du monde une réponse décisive à la crise de la zone euro ce dimanche, les dirigeants européens n'ont pu que constater, hier, qu'ils étaient encore loin du compte. Un nouveau report du sommet européen -il avait déjà été repoussé du 17 au 23 octobre -a même été envisagé hier après-midi, pendant quelques heures. Finalement, le sommet de dimanche est maintenu, mais ne devrait pas trancher la question de l'effet de levier du Fonds européen de stabilité financière (FESF) faute d'accord au niveau européen. Une autre rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement est prévue « au plus tard mercredi », selon le communiqué franco-allemand diffusé hier soir par l'Elysée pour finaliser l'accord. Une réunion Merkel-Sarkozy est en outre organisée samedi soir. La force de frappe et l'utilisation du Fonds suscitent de profonds désaccords entre les Européens.


Des différences de taux

Hier, en milieu d'après-midi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble annonçait qu'il y avait « un accord total » entre la France et l'Allemagne, Paris ayant renoncé à l'idée d'en faire une banque qui pourrait obtenir des financements auprès de la BCE. Après son entrevue de mercredi soir à Francfort avec la chancelière allemande, Nicolas Sarkozy s'est rallié, voire résigné, à la proposition plus restrictive de Berlin, qui consiste à faire du FESF un assureur sur les titres de dette des pays les plus fragiles. L'idée consiste en ce qu'une partie des 440 milliards actuels du Fonds serve à garantir entre 10 % et 30 % des obligations les plus risquées. Sa capacité d'intervention serait ainsi démultipliée. Ce choix de l'Elysée a, semble-t-il, fâché Bercy qui repousse l'idée allemande. Le ministère français des Finances n'est pas le seul. L'Italie et l'Espagne refusent aussi ce compromis. Elles redoutent que cette garantie européenne ne produise l'effet inverse de celui recherché et ne jette le doute sur la portion non assurée des obligations, faisant remonter les taux exigés par les investisseurs. Elles craignent aussi qu'il s'instaure des différences de taux entre les obligations de maturité différente. Rome et Madrid plaident pour une augmentation effective du Fonds européen à 1.000 milliards d'euros. De quoi accroître encore la colère des députés allemands, furieux que le gouvernement ne les ait pas informés de ses projets d'installer un « effet de levier » sur le FESF. Les députés de la commission budgétaire ont bien reçu du ministère des Finances un document sur l'utilisation du Fonds, mais « le texte est totalement différent de ce qui est discuté sur la place publique », tempêtait hier Carsten Schneider, spécialiste des questions budgétaires du SPD. Les relations entre le gouvernement et le Bundestag sont si tendues que Wolfgang Schäuble a annulé, hier, l'un de ses engagements pour les rencontrer. Tandis que la chancelière annulait la déclaration de politique européenne qu'elle devait faire vendredi matin en amont du sommet de dimanche. Pour ajouter à la confusion, des tensions sont apparues, hier, entre le Fonds monétaire international et la Commission européenne au sujet de la Grèce. Les deux organisations supposées soumettre un texte commun aux chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas la même vision sur l'évolution future de la dette grecque et sur la capacité du pays à honorer ses échéances. Or c'est de cette évaluation que dépend l'importance de l'aide que les Européens devront lui fournir. Ainsi que la décote que les banques devront accepter pour l'alléger. Hier soir, Barack Obama s'est entretenu par visioconférence avec Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et David Cameron, selon la Maison Blanche qui a déclaré que les dirigeants européens comprenaient « l'urgence de la situaton »


catherine Chatignoux avec Massimo Prandi et Karl de meyer, Les Echos


Le successeur de Sarkozy aura visiblement une sacrée épine au pied en moins.

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Clavier le Ven 21 Oct - 13:36

C'est de l'humour je suppose ....?

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Re: Crise de la dette : la zone euro dans la tourmente

Message par Normand Choinière le Ven 21 Oct - 14:36

Je commence à me demander si les Américains ne vont pas humilier l'Europe en rachetant eux-mêmes TOUTE la dette grecque, histoire aussi d'arrêter à sa source une débâcle qui affecterait lourdement les É.U... Il faut comprendre que la dette grecque, c'est des décimales par rapport à la dette américaine.

Ceci en dit long et très long de l'inexistence réelle de l'Europe. On se pète les bretelles, on veut contrôler les fiances de tout et chacun, de ses budgets, de sa fiscalité, on veut LE pouvoir... sauf que régler un si petit problème ça, on n'est pas capable. Pas capable d'accorder les violons! La conclusion, c'est clair, l'U.E. est encore un projet dont les objectifs ne sont pas partagés mais pas du tout.

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