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femme de chambre d'un 5 étoiles: témoignage

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femme de chambre d'un 5 étoiles: témoignage

Message par maxi le Ven 3 Juin - 19:46

Confession : Moi, Laurence M, femme de chambre

Rencontre avec Laurence M., 44 ans, qui a travaillé plusieurs années dans des palaces sur la Côte d’Azur. Un témoignage… surprenant.


Sans l’affaire DSK, le blog de Laurence M., une ancienne femme de chambre dans des hôtels 4 et 5 étoiles à Nice, n’aurait probablement jamais dépassé le cercle de ses anciennes collègues de galère. Aujourd’hui, son journal de bord, qui dresse à grands renforts d’anecdotes et de photos un portrait peu reluisant des clients de ces luxueux palaces, a trouvé un écho outre-Atlantique. Jeudi dernier, dans l’atmosphère feutrée du bar d’un grand hôtel de la promenade des Anglais, Laurence, longiligne, cheveux grisonnants et regard malicieux, nous chuchote qu’elle n’en revient pas : il y a quelques jours, elle a reçu une demande d’interview émanant d’un journaliste du tabloïd new-yorkais Daily News. Celui-là même qui, depuis le début des ennuis de l’ancien ministre des Finances, consacre quotidiennement ses unes aux déboires de DSK. Plus tard, au cours de la conversation, elle nous avouera à demi-mot qu’une maison d’édition américaine a également pris contact avec elle… « Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment », glisse-t-elle en dissimulant difficilement un sourire empli de satisfaction.
Des obsédés sexuels en passant par les exhibitionnistes, les « rats d’hôtel » et autre « cra-cra », l’ancienne femme de chambre, aujourd’hui âgée de 44 ans et toujours accompagnée par ses deux chiens qu’elle a récemment adoptés, passe au crible tous les travers de ces drôles de clients aux mœurs peu avouables. Florilège.

1– Les obsédés sexuels

« Il arrive parfois que certains clients confondent péripatéticiennes et femmes de chambre. L’an dernier, dans un hôtel 5 étoiles situé sur la promenade des Anglais, une de mes collègues s’est ainsi vu proposer 1.000 € pour passer 10 minutes avec l’un d’eux. Malgré son refus, le monsieur l’a poursuivie partout dans les étages. Cet homme, de forte corpulence, était attiré par les femmes de couleur. Alors, lorsqu’une employée blanche de peau venait faire sa chambre, il faisait tout pour la dégoûter en urinant partout. Plus tard dans la journée, une autre collègue a toqué à sa chambre pour venir faire les vitres. C’est en peignoir qu’il lui a ouvert la porte. Il s’est ensuite rendu dans la salle de bains qu’il a finalement quittée quelques minutes plus tard… nu comme un ver avec le « baromètre au beau fixe » ! Pour se défendre, elle a sorti le petit Opinel dont elle se servait habituellement pour gratter le rebord des fenêtres et lui a lancé : « Rhabillez-vous, sinon je vous la coupe ! » Il n’a pas réclamé son reste, heureusement pour elle… La vision de ces vieux obsédés bedonnants exhibant leurs “carottes flétries” ne laisse pas rêveuse, c’est plutôt cauchemardesque. Le pire, c’est que la femme de chambre aurait eu beau crier, personne ne l’aurait entendue : on travaille souvent seule à l’étage. Désormais, ce client figure sur la liste noire des clients de l’hôtel. Ce qui signifie qu’il ne pourra plus jamais y séjourner. »
2– Les exhibitionnistes

« Mon Dieu, qu’est-ce qu’il ne faut pas faire et supporter pour gagner sa vie. Franchement, comme si cela ne suffisait pas de débarrasser leur bazar, nous devons en plus parfois voir des horreurs et assister à leurs parties de jambes en l’air… Un jour, alors que je passais à proximité d’une collègue, je l’ai vue frapper à la porte d’une chambre. N’ayant aucune réponse, elle a considéré qu’elle était vide. L’employée est donc entrée, s’est annoncée, et, à sa grande surprise, s’est retrouvée face à un couple en pleins ébats. Le monsieur avait la tête entre les jambes de sa compagne. Ma collègue est ressortie toute gênée et a retourné la pancarte « ne pas déranger ». Plus tard, elle y est retournée et a remarqué que le client avait enlevé le panneau. Rassurée, elle a frappé, ouvert la porte, est entrée après s’être une nouvelle fois annoncée… et s’est retrouvée à nouveau confrontée à la même situation embarrassante. Elle est ressortie rouge comme une pivoine. Elle ne savait plus où se mettre ! Les clients, eux, étaient ravis d’avoir pu exposer leur intimité.
La même année, dans un autre hôtel, une collègue qui se rendait dans une chambre pour la nettoyer a, elle aussi, vécu une situation pour le moins gênante… Arrivée devant la porte, elle s’est annoncée, a frappé. Pas de réponse. Elle est donc entrée et s’est retrouvée devant un couple de femmes allongées dans le couloir. L’une d’entre elles avait le doigt où vous savez, comme si elle était en train de remuer le café… Evidemment, les deux “amies” ont été ravies d’être surprises… »
3– Les « cra-cra »

« Il y a ceux qui “tapissent” leur w.-c. et n’utilisent pas la brosse prévue à cet effet. Ils doivent sûrement penser qu’elle sert uniquement de décoration ou bien qu’elle a été mise là juste pour nous, les femmes de chambre. Il y a aussi le client qui craint probablement de se faire une entorse au doigt en tirant la chasse d’eau. Heureusement, ma formation d’aide-soignante me sert dans ces cas-là : j’ai appris à respirer par la bouche pour m’épargner des odeurs nauséabondes… Sans oublier tous ceux qui prennent les toilettes pour des cendriers “autonettoyants” et nous contraignent à aller repêcher leurs mégots au fond de la cuvette. Il y a aussi le client qui tartine les murs et les portes d’excréments. Celui qui rentre saoul, jette le couvre-lit par la fenêtre, se blesse et met du sang partout dans la chambre. Sans oublier cette belle et élégante jeune femme qui avait laissé trôner en plein milieu de sa suite à plus de 1.000 € un string garni d’une serviette hygiénique usagée…
Et puis il y a les adeptes du sport en chambre qui n’ont aucun scrupule lorsqu’ils abandonnent le « petit chapeau » à même le sol ou bien dans les tiroirs des tables de nuit. C’est bien la peine d’avoir tant de manières pour se comporter de la sorte. Ces gens-là n’ont franchement aucune pudeur et aucun respect. Faut-il demander aux fabricants de préservatifs de préciser sur la notice d’emploi qu’après utilisation, il faut le jeter dans une poubelle ? »
4– Les « rats d’hôtel »

« Quand j’ai démarré ma carrière dans les hôtels de luxe, on m’a dit d’être très vigilante parce qu’il y avait beaucoup de rats d’hôtel en pleine saison. Dans la profession, c’est ainsi que l’on surnomme les clients qui volent dans les établissements. Certains n’hésitent pas à se faufiler dans les chambres quand la porte est entrouverte et que la femme de chambre est occupée dans la salle de bain pour agir. Il y a aussi les clients qui tentent de s’introduire dans les chambres en faisant croire qu’ils ont oublié leur clé. Il y a aussi ceux qui prétendent avoir été volés afin de faire marcher l’assurance ou obtenir un geste commercial… A chaque fois, c’est le même scénario. Ils assurent avoir été dépouillés pendant leur absence. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que lorsqu’un vol est signalé, tous les pass, qui permettent d’enregistrer les allées et venues dans les chambres, sont vérifiés. Il est donc très facile de mettre à jour leur malhonnêteté. Le plus drôle, c’est que, lorsque le responsable leur certifie que personne n’est entré dans leur chambre, la plupart de ces clients malveillants retrouvent leurs biens… comme par enchantement ! »
5– L’affaire DSK

« Cette histoire m’écœure. Parce qu’ils sont aisés, ces gens se croient tout permis […] Ils confondent péripatéticiennes et femmes de chambre. Franchement, comment peut-on penser que cette personne (Nafissatou Diallo, NDLR) aurait pris le risque de perdre sa place pour une bagatelle ? Certes, il ne faut pas oublier le principe de présomption d’innocence, mais pour moi, la victime, c’est elle. Pas lui. Maintenant, j’espère qu’il y aura une prise de conscience générale et que tous les hôtels, qu’ils soient de luxe ou non, protègeront mieux leurs employés à l’avenir. La plupart d’entre nous vivent dans l’angoisse de se retrouver face à une personne seule dans une chambre. Parce qu’on ne sait jamais à qui l’on a affaire… »

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