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Illusion américaine fatale!
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Illusion américaine fatale!
Un avertissement pour les États-Unis
La hausse des déficits et de la dette inquiète. Le vieillissement de la population aggravera les choses. Certains doutent que la volonté politique soit au rendez-vous.
Agence Reuters 17 mai 2010 Actualités économiques
Washington — Les problèmes de dette souveraine dans la zone euro pourraient servir d'avertissement aux États-Unis, qui risquent de se retrouver eux-mêmes confrontés à une crise si le gouvernement recule face aux mesures difficiles à prendre pour réduire les déficits.
Le président Barack Obama a exhorté la Grèce et l'Espagne à prendre des décisions courageuses et à poursuivre les réformes afin de retrouver la confiance des marchés.
Mais les États-Unis connaissent leurs propres difficultés. La plus grave récession depuis la Grande Dépression des années 1930 a plombé le pays avec un déficit de 1400 milliards de dollars, soit environ 10 % de son économie.
En outre, la pression budgétaire va augmenter sous l'effet du vieillissement de la population, qui entraînera une hausse des dépenses santé et de retraite.
Pour l'instant, les investisseurs plébiscitent la dette américaine aux dépens d'au-tres émetteurs souverains jugés moins sûrs. Mais, si le marché arrive à la conclusion que l'endettement des États-Unis n'est plus soutenable, la première puissance mondiale pourrait alors se retrouver prise au piège comme l'Espagne ou la Grèce.
Consensus difficile à trouver
«Nous savons que nous avons d'importants problèmes budgétaires», concède Douglas Holtz-Eakin, qui a été économiste dans le gouvernement de George W. Bush. «Je pense que l'idée est en train de s'imposer que quelque chose doit se produire. Je ne vois pas de volonté réelle pour que cela se fasse cette année».
La Maison-Blanche a con-science du danger. Le directeur du budget, Peter Orszag, a déclaré mercredi que les difficultés de l'Europe montraient la nécessité pour les États-Unis de remettre de l'ordre dans leurs finances publiques au plus tôt.
«Nous voulons nous assurer que nous ne serons jamais confrontés aux choix que la Grèce doit faire en ce moment», a-t-il dit dans une interview à Reuters Insider.
Les divisions politiques actuelles rendent toutefois incertaine la perspective d'un compromis au Congrès sur des mesures difficiles et impopulaires.
C'est la raison pour laquelle Barack Obama a mis en place une commission réunissant démocrates et républicains afin de déboucher sur une série de propositions. Pour éviter des interférences avec le programme politique, ses membres doivent présenter leurs conclusions d'ici le 1er décembre, soit quelques semaines après les élections de novembre.
Toutefois, certains républicains accusent déjà Barack Obama de se servir de cette commission pour légitimer de futures hausses des impôts.
La croissance avant les déficits
Les États-Unis, qui bénéficient de leur statut de première puissance économique mondiale et du rôle de valeur refuge du dollar, ont plus de marge de manoeuvre que la Grèce.
Mais il ne faut pas écarter un scénario cauchemar dans lequel les taux d'emprunt augmenteraient pour les États-Unis et où le gouvernement serait contraint de réduire ses dépenses alors que la croissance est encore molle.
Pour l'instant, la fuite des investisseurs vers la dette américaine profite aux États-Unis en maintenant leurs taux bas.
Mais l'humeur des marchés pourrait changer brutalement, met en garde Douglas Holtz-Eakin, qui conseille les parlementaires sur des dossiers économiques et budgétaires.
Pour Allen Sinai, économiste en chef à Decision Economics, le pays va devoir assumer le lourd héritage des mesures monétaires et budgétaires massives mises en oeuvre par les autorités pour lutter contre la récession.
Même si elles étaient nécessaires, elles n'ont pas réussi à stopper le recul de l'activité, et le chômage, qui approche aujourd'hui les 10 %, constitue une poudrière, estime l'analyste qui reconnaît toutefois que les options du gouvernement sont limitées.
«La politique budgétaire sera contrainte par le problème de dette souveraine américain: des déficits budgétaires records et un rapport dette publique-produit intérieur brut qui créent les conditions d'une crise de la dette souveraine», dit-il.
Plusieurs analystes estiment cependant que les pouvoirs publics devront se concentrer sur le redressement de l'activité avant de penser aux déficits.
«Mettre en oeuvre d'importantes réductions des dépenses dans les années à venir est déconseillé, car cela entravera les efforts pour redresser une économie fragile», explique James Horney, spécialiste de la politique fiscale au Center on Budget and Policy Priorities.
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Voilà les conditions du "péché mortel" présentes : matière grave, connaissance suffisante et plein consentement de la volonté. Le roi est nu et on se refuse à l'admettre. Le réveil sera extrêmement pénible.
La hausse des déficits et de la dette inquiète. Le vieillissement de la population aggravera les choses. Certains doutent que la volonté politique soit au rendez-vous.
Agence Reuters 17 mai 2010 Actualités économiques
Washington — Les problèmes de dette souveraine dans la zone euro pourraient servir d'avertissement aux États-Unis, qui risquent de se retrouver eux-mêmes confrontés à une crise si le gouvernement recule face aux mesures difficiles à prendre pour réduire les déficits.
Le président Barack Obama a exhorté la Grèce et l'Espagne à prendre des décisions courageuses et à poursuivre les réformes afin de retrouver la confiance des marchés.
Mais les États-Unis connaissent leurs propres difficultés. La plus grave récession depuis la Grande Dépression des années 1930 a plombé le pays avec un déficit de 1400 milliards de dollars, soit environ 10 % de son économie.
En outre, la pression budgétaire va augmenter sous l'effet du vieillissement de la population, qui entraînera une hausse des dépenses santé et de retraite.
Pour l'instant, les investisseurs plébiscitent la dette américaine aux dépens d'au-tres émetteurs souverains jugés moins sûrs. Mais, si le marché arrive à la conclusion que l'endettement des États-Unis n'est plus soutenable, la première puissance mondiale pourrait alors se retrouver prise au piège comme l'Espagne ou la Grèce.
Consensus difficile à trouver
«Nous savons que nous avons d'importants problèmes budgétaires», concède Douglas Holtz-Eakin, qui a été économiste dans le gouvernement de George W. Bush. «Je pense que l'idée est en train de s'imposer que quelque chose doit se produire. Je ne vois pas de volonté réelle pour que cela se fasse cette année».
La Maison-Blanche a con-science du danger. Le directeur du budget, Peter Orszag, a déclaré mercredi que les difficultés de l'Europe montraient la nécessité pour les États-Unis de remettre de l'ordre dans leurs finances publiques au plus tôt.
«Nous voulons nous assurer que nous ne serons jamais confrontés aux choix que la Grèce doit faire en ce moment», a-t-il dit dans une interview à Reuters Insider.
Les divisions politiques actuelles rendent toutefois incertaine la perspective d'un compromis au Congrès sur des mesures difficiles et impopulaires.
C'est la raison pour laquelle Barack Obama a mis en place une commission réunissant démocrates et républicains afin de déboucher sur une série de propositions. Pour éviter des interférences avec le programme politique, ses membres doivent présenter leurs conclusions d'ici le 1er décembre, soit quelques semaines après les élections de novembre.
Toutefois, certains républicains accusent déjà Barack Obama de se servir de cette commission pour légitimer de futures hausses des impôts.
La croissance avant les déficits
Les États-Unis, qui bénéficient de leur statut de première puissance économique mondiale et du rôle de valeur refuge du dollar, ont plus de marge de manoeuvre que la Grèce.
Mais il ne faut pas écarter un scénario cauchemar dans lequel les taux d'emprunt augmenteraient pour les États-Unis et où le gouvernement serait contraint de réduire ses dépenses alors que la croissance est encore molle.
Pour l'instant, la fuite des investisseurs vers la dette américaine profite aux États-Unis en maintenant leurs taux bas.
Mais l'humeur des marchés pourrait changer brutalement, met en garde Douglas Holtz-Eakin, qui conseille les parlementaires sur des dossiers économiques et budgétaires.
Pour Allen Sinai, économiste en chef à Decision Economics, le pays va devoir assumer le lourd héritage des mesures monétaires et budgétaires massives mises en oeuvre par les autorités pour lutter contre la récession.
Même si elles étaient nécessaires, elles n'ont pas réussi à stopper le recul de l'activité, et le chômage, qui approche aujourd'hui les 10 %, constitue une poudrière, estime l'analyste qui reconnaît toutefois que les options du gouvernement sont limitées.
«La politique budgétaire sera contrainte par le problème de dette souveraine américain: des déficits budgétaires records et un rapport dette publique-produit intérieur brut qui créent les conditions d'une crise de la dette souveraine», dit-il.
Plusieurs analystes estiment cependant que les pouvoirs publics devront se concentrer sur le redressement de l'activité avant de penser aux déficits.
«Mettre en oeuvre d'importantes réductions des dépenses dans les années à venir est déconseillé, car cela entravera les efforts pour redresser une économie fragile», explique James Horney, spécialiste de la politique fiscale au Center on Budget and Policy Priorities.
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