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Comprendre les Québécois et les Canadians

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Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Ven 7 Mai - 18:15



Vingt ans après la conclusion, entre les Gouvernements des provinces et du Fédéral, d'une entente constitutionnelle de principe, avortée par la suite, par la législature de deux provinces canadiennes anglophones, voici l'état des positions de chacun des peuples fondateurs sur cette question.

Vous y constaterez que les diverges se sont accentuées et que plus que jamais les deux nations sont dans un cul de sac quant à leur avenir commun.

Il suffirait d'une étincelle pour rallumer le brasier qu'on a de part et d'autres refroidi volontairement après le dernier référendum, volé et gagné, par la peau des dents (.5%) par le Canada anglais et les tenants du "Non" à l'indépendance du Québec.

Il est clair qu'il y aura un autre "round" d'ici à quelques années, probablement un dernier référendum. L'intransigeance et la fermeture du Canada anglais pousse actuellement le Québec dans ses derniers retranchements.

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Ottawa, vendredi 7 mai 2010 –

« Vingt ans après l’échec de l’accord du lac Meech, le message des Canadiens à l’intention des Québécois est extrêmement clair : la possibilité de réformer le fédéralisme canadien pour répondre aux aspirations de la nation québécoise n’est qu’une grande illusion », a résumé le leader parlementaire du Bloc Québécois et député de Joliette, Pierre Paquette, à la suite de la publication des résultats d’un sondage de la firme Repère communication recherche, réalisé il y a quelques semaines pour le compte des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) et du Bloc Québécois.

« Le sondage vient démontrer qu’il n’y a aucune volonté d’accommoder, de quelque façon que ce soit, le Québec qui s’est pourtant fait imposer unilatéralement, contre son gré la Constitution canadienne de 1982. Une constitution qu’il n’a toujours pas signée. On nous aime bien contrôlés! » a constaté le président des IPSO, Gilbert Paquette.

Les consensus québécois sont rejetés

Le sondage relève entre autres que, alors que 82 % des Québécoises et des Québécois souhaiteraient que le Canada amorce une nouvelle ronde de négociations afin de trouver une entente constitutionnelle satisfaisant le Québec, 61 % des Canadiennes et des Canadiens s’y opposent. De plus, bien que la Chambre des communes ait reconnu il y a quatre ans l’existence de la nation québécoise, 83 % des Canadiens refusent catégoriquement de la reconnaître dans la Constitution canadienne, un geste qui serait pourtant apprécié par 73 % des Québécois. Enfin, 71 % des Canadiens s’opposent à tout nouveau partage des pouvoirs et des ressources entre Québec et Ottawa qui aurait pour effet de reconnaître au Québec un statut particulier.


Le président des IPSO souligne que l’opinion au Canada anglais témoigne d’un manque de respect révoltant envers la nation québécoise. « Sur le front linguistique, non seulement 69 % des Canadiens ne souhaitent pas que le gouvernement du Québec dispose de plus de pouvoirs pour protéger la langue et la culture sur son territoire, mais ils sont 74 % à penser que le Canada ne devrait pas respecter la Loi 101 qui fait du français la seule langue officielle du Québec. Les Québécois, eux, souhaitent à 90 % que la loi 101 soit respectée et veulent à 82 % que le Québec puisse mieux protéger sa langue et sa culture », reprend Gilbert Paquette.

Le sondage souligne également que les conditions minimales de l’accord du lac Meech de 1990 ne sont plus acceptées par les Canadiens en 2010. Le droit de veto du Québec ou de retrait avec compensation des programmes fédéraux, même dans les champs provinciaux de l’éducation ou de la santé est rejeté à 81 %; la pleine juridiction du Québec en matière d’immigration est rejetée à 77 %, ainsi que la nomination de juges par le Québec à la Cour suprême à 73 %. On ne sera pas surpris d’apprendre que 84 % des Canadiens s’opposent à donner plus de pouvoirs au Québec sur son territoire.

« Au total, la situation a évolué dans la mauvaise direction. Toutes les avancées possibles pour le Québec dans le Canada qui font consensus auprès des répondants québécois sont rejetées par les Canadiens. Comme quoi il existe bel et bien deux solitudes c’est-à-dire une nation québécoise et une nation canadienne », ajoute le député de Joliette.

Le Canada nie le droit du Québec à l’autodétermination!

« Une autre constatation inquiétante que nous devons tirer de ce sondage : 70 % des Canadiens interrogés considèrent que le Québec n’a pas le droit de se séparer du Canada. Pire, les Canadiens ne se contentent pas de nier le droit à l’autodétermination : 75 % d’entre eux estiment que, si les Québécois décidaient de tenir un référendum sur la souveraineté, une majorité de 50 % plus un ne serait pas suffisante. Des proportions écrasantes, respectivement de 89 % et de 87 % sont d’avis qu’il appartient au Canada de déterminer la majorité qui est nécessaire ainsi que la formulation de la question », a relaté pour sa part le président des IPSO, Pierre Paquette.


La souveraineté : la solution

« Le sondage nous force à constater une chose : que le Québec propose de demeurer au sein du Canada ou qu’il décide de devenir souverain, les Québécois ne peuvent compter sur la bonne volonté des Canadiens. Le faire serait se bercer d’illusions. Il nous faudra compter sur une majorité démocratique des Québécoises et des Québécois qui exercent leur droit de décider de leur avenir, car les Canadiens sont résolus à construire le Canada à leur manière et ce, au détriment du Québec », a conclu Gilbert Paquette.

Ce sondage de la firme repère communication recherche effectué pour le compte des Intellectuels pour la souveraineté et du Bloc Québécois a été réalisé du 18 mars au 6 avril 2010 auprès de 1001 Québécois et de 1007 Canadiens. La marge d’erreur est de trois pour cent, dix-neuf fois sur vingt.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Ven 7 Mai - 18:32

Qu'en est-il du cadre légal de l'emploi du français au Canada?

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Ven 7 Mai - 19:28

Voici un portrait d'ensemble.

Le gouvernement du Canada (fédéral) est officiellement bilingue (là où le nombre le justifie (!)). Par contre, il est impossible, à un francophone, d'accéder à des services "fédéraux" en français à travers ce pays. Il n'y a qu'au Québec où une telle assurance existe. On peut réalistement dire que le réel service en français, ailleurs qu'au Québec, est, pour le moins,... aléatoire et ponctuel.

Comprenons nous bien, Ce n'est pas le pays qui est bilingue mais bien le seul gouvernement fédéral et cela demeure théorique. Ottawa, la capitale fédérale, n'est pas une ville bilingue. Elle est unilingue anglophone. Aucune loi n'oblige qui que ce soit tels les députés, les ministres, le Premier ministre, le Gouverneur général, les juges de la Cour suprême etc... à parler les deux langues.

Le dernier Premier ministre unilingue anglais du Canada est Lester Bowles Pearson en 1963. On devrait toutefois considérer que la première femme Premier minitre du Canada, Kim Campbell, n'était pas réellement bilingue. Elle occupa ce poste brièvement en 1993.

Au niveau des provinces, le gouvernement du Québec n'a qu'une seule langue, le français. Par contre, les anglophones disposent de toutes sortes de moyens, d'institutions (écoles, universités, hôpitaux, etc) qui fournissent des services dans leur langue et le gouvernement du Québec leur assure des services en anglais.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Le bilinguisme institutionnel est plus ou moins complet sur le territoire. On vient d'ouvrir un Casino d'état dans la capitale provinciale mais qui n'offre de services qu'en anglais. On peut dire que l'anglais est d'usage universel au N.B. et le français est usité dans certains endroits.

Toutes les autres provinces sont unilingues anglaises et certaines "accomodent" localement leurs minorités francophones à des degrés divers... et encore. La langue d'usage dans ces provinces et partout ailleurs dans le Canada, est exclusivement, sauf de très rares exceptions, l'anglais.


Nulle part, dans l'ensemble du Canada, il n'est illégal de s'exprimer dans l'une ou l'autre langue ni dans quelque langue que ce soit. Un immigrant, pour devenir citoyen canadien, doit parler l'une des deux langues peu importe de l'endroit où il s'installe.


La situation des langues au Québec est la suivante, grosso modo.

La langue d'usage et la langue commune est le français à la grandeur du territoire. Elle est la seule langue officielle, tel que déterminé par la Loi du Québec. Cette loi détermine le régime linguistique du Québec. Sa portée a été diminuée graduellement, grignotée dirait-on, par la Cour suprême du Canada à très forte majorité de juges anglophones. L'affichage doit être unilingue francophone ou bilingue (français-anglais) avec une nette prédominance du français (ex la taille du lettrage de l'anglais doit représenter le tiers ou moins du français). On tolère de l'affichage bilingue dans une langue autre que l'anglais dans les territoires habités par des minorités culturelles allophones tels les Chinois.

L'anglais occupe une place importante et quelques fois dominante dans certains coins de Montréal et de sa région où se concentrent les anglophones et les immigrants, particulièrement les immigrants anglophones.

Des aménagements existent dans certaines municipalités (surtout dans l'ouest de Montréal), à des degrés divers, en matière de bilinguisme des institutions municipales.

80% des Québécois sont nés au Québec et sont de langue maternelle, environ 60% des francophones ont appris et parlent, comme langue seconde, l'anglais à des degrés divers, particulièrement dans la région de Montréal.

Les anglophones nés au Québec ou au Canada mais qui habitent le Québec représentent environ 10% de la population et ils sont bilingues pour 70% d'entre eux.

Environ 10% de Québécois sont des immigrés. Plus de 50% s'assimilent aux Francophones, Ceux qui s'assimilent à la minorité anglophone sont bilingues dans l'ordre de près de 70%. Les immigrés n'ont pas accès à l'école primaire ou secondaire anglophone.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Ven 7 Mai - 20:30

Au niveau de la population générale, l'usage du français a-t-il tendance à augmenter ou pas?

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Sam 8 Mai - 2:44

Le français n'augmente pas significativement dans le ROC, (Rest of Canada), bien au contraire. Le bilinguisme est aussi en faible progression en milieu anglophone. Les anglophones du Canada ne parlent à peu près pas d'autres langues que l'anglais. Tout comme aux É.U.. Le français, en fait, diminue régulièrement mais surement en importance dans le ROC.

Il augmente au Québec car les anglophone n'étaient pas du tout bilingues avant les années 80 et que l'immigration passait à l'anglais dans près de 80% des cas. Aujoiurd'hui anglais et immigrants sont à près de 70% bilingues et les immigrants passent maintenant majoritairement à la majorité francophone.

Entre 90 et 95 % des Québécois parlent maintenant le français à des degrés divers alors que cela se limitait à 85% dans les années 60. Ce changement est du aux lois linguistiques du Québec et à la Charte de la langue française adoptées à la fin des années 70.

La population du Québec, toutes langues confondues est bilingue (anglais-français) à des degrés divers dans l'ordre de 60% alors qu'elle n'atteignait pas plus que 30% dans les années 60.

Le français se meurt lentement ailleurs qu'au Québec, exactement comme en Nouvelle-Angleterre où on estime à 8 millions le nombre d'Américains issus de Québécois francophones. Personne ou à peu de chose près, chez les jeunes de ces États, ne parle plus français maintenant. Cela s'est fait en moins de 100 ans.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Personne le Sam 8 Mai - 9:22

Le Canada nie le droit du Québec à l’autodétermination!

Voilà un schéma fort répandu dans le monde et que nous connaissons aussi (Corse, Bretagne, Pays Basque) a un moindre degré.

Les arguments le plus souvent mis en avant sont d'ordre économiques (solidarités inter régionales, cohérence des communications...) militaire (garantie de sécurité du territoire vis à vis de voisins proches culturellement) nationalistes (indivisibilité de la nation).

Quelles sont les limites imaginées d'un souveraineté Québecoise, le militaire en est probablement une, quid du reste ?

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par hendy le Sam 8 Mai - 15:30

Le bouleversement politique va venir par l' ouest.. la Colombie Britannique avec une population grandissante d' ascendance chinoise va rapidement imposer sa présence indépendantiste pour se ralier au us..maximum cinq à dix ans..
Une fois ce changement plus de retour possible le pays va se scinder de manière imprévisible.. et l' idée de reconnaissance officielle du Québec va tomber dans les oubliettes..l' autodétermination va devenir l' autodérision...
La langue francais diminue rapidement et les jeunes des grandes villes en sont le témoignage..Mes neveux et nièces y vivant sont presque tous bilingues et la génération suivante sera unilingue anglaise.. un peu comme les francophones en Nouvelle Angleterre..

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 3:50

Voilà, Hendy une "opinion" qui ne correspond pas aux faits. C'est de l'ordre de la supposition et de la supputation. Les faits soutiennent exactement le contraire.

Les transferts linguistiques des francophones vers l'anglais n'ont jamais été importants au Québec et le sont encore moins aujourd'hui. Au coeur de ce phénomène se trouvent des explications solides.

1- Seuls les anglophones du Québec (nés au Québec ou au Canada seulement (clause "Canada")) on droit à une éducation en anglais au Québec (primaire et secondaire). Cela est impossible pour les francophones et les immigrés. Cela ne représente que 10% de la population environ. À lui seul, cet élément a radicalement consolidé le français au Québec et donné un signal très clair à tout le monde.

2- Les enfants nés de mariages ou d'unions de faits entre francophones et immigrés doivent aller à l'école française. cela empêche à long terme L,assimilation des immigrés aux populations anglophones. Presque tous les "enfants de la Loi 101" (régime linguistique du Québec) parlent français.

3- La majorité des enfants issus de mariages ou unions de faits entre francophones et anglophones va à l'école française et non anglaise. C'est L'effet de "halo" de la définition du français comme langue officielle et d'usage.

3 - Seuls les enfants issus de mariages entre anglophones ou entre anglophones et immigrés vont à l'école française majoritairement. Ils en ont légalement le droit. Cela ne représente qu'un très faible pourcentage de la population totale du Québec soit de l'ordre de d'à peine 2%. Ce n'est pas ce qui va tuer le français au Québec!

Bien que la population du grand Montréal ne soit francophone que dans l'ordre d'un peu plus de 60-70% (cela dépend de l'étendue de la "région"), le reste étant composé à part presqu'égales d'anglophones et d'immigrés, il n'en demeure pas moins que près de 90 % de la population de ce territoire soit apte à s'exprimer en français à des degrés divers et que l'anglais ne soit une langue secondaire ou primaire que pour environ 15-20% de cette population.

Soit dit en passant, la population francophone du grand Montréal n'a pas réellement diminuées. Les chiffres pris hors contexte sont trompeurs tant au niveau de cette région que de l'ensemble du Québec. Alors qu'il n'y avait pas d'immigration dans les années soixante, la population se divisait grosso modo entre 85% de francophones et 15% d'anglophones. Les populations d'anglophones sont toujours du même ordre sauf que, maintenant, 10% de la population est allophone ou immigrée. C'est ce 10% qui fait diminuer de 5% la proportion de francophones et de 5% la population d'anglophones. La même chose se produit aussi dans la région de Montréal où se situent près de 75% (historiquement) des anglophones et presque tous les immigrants. Les francophones ne diminuent pas dans la région de Montréal ni les anglophones, c'est tout simplement l'immigration qui y explose (or à long terme les immigrants seront assimilés aux francophones).

Par contre le bilinguisme plus ou moins achevé de toute la population, sans égard à la langue maternelle, doit se situer dans les 70% pour la grande région de Montréal.

Ce qui caractérise la période 1980 à 2010, c'est bien la "bilinguisation" explosive des anglophones et la "francisation" maintenant dominante des immigrés, un revirement complet et radical par rapport à la période antérieure où unilinguisme chez les anglophones et intégration des immigrés aux anglophones était la règle.

Parallèlement, les francophones ont à toute fin utile doublé leur bilinguisme sous l'influence de la hausse de leur scolarisation. C'est la scolarisation qui semble être le plus important facteur d'augmentation du bilinguisme tant chez les francophones que chez les anglophones que chez les allophones. Il ne fait pas de doute toutefois que l'affirmation de l'unilinguisme français du Québec ait fortement influencé les anglophones à apprendre le français et les immigrés à choisir le français (en plus des lois linguistiques).

Enfin les moyens modernes de communication et les média ont certainement exposé les francophones plus que jamais à l'anglais et les ont aussi incité à apprendre cette langue.

Soit dit en passant, la situation des francophones au Québec est radicalement différente des francophones hors Québec et des Franco-canadiens immigrés aux É.U.. On ne peut que de façon... simpliste prédire l'avenir du français au Québec en examinant rétrospectivement ce qu'il est advenu des francophones hors Québec. Les Français immigrés aux É.U. ne sont pas, non plus, prédicteurs du sort de la langue française en France!

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 4:21

Personne a écrit:Le Canada nie le droit du Québec à l’autodétermination!

Voilà un schéma fort répandu dans le monde et que nous connaissons aussi (Corse, Bretagne, Pays Basque) a un moindre degré.

Les arguments le plus souvent mis en avant sont d'ordre économique (solidarités inter régionales, cohérence des communications...) militaire (garantie de sécurité du territoire vis à vis de voisins proches culturellement) nationaliste (indivisibilité de la nation).

Quelles sont les limites imaginées d'un souveraineté Québecoise, le militaire en est probablement une, quid du reste ?


On a, pendant plusieurs années, épouvanté les Québécois avec des arguments économiques comme la perte de la valeur de la monnaie. Les Québécois l'ont vécue sous le régime fédéral depuis lors et ont trouvé des avantages au CDN$ à .65 cents US$. Cela ne fait plus peur à personne. On soulignait que seuls les anglophones détenaient les leviers économiques. Ce n'est absolument plus vrai. Les Québéccois le savent et cet argument ne fonctionne plus.

On a fait peur aux personnes âgées en leur disant qu'ils perdraient leurs retraites. Il y a belle lurette que le ballon a été dégonflé. On a fait croire que les anglophones retireraient leurs entreprises du Québec de même que les Américains. Avec l'ALÉNA, on sait tous que cela ne se fera pas parce que ce n'est de l,intérêt de personne de le faire. On a laissé entendre que le Québec serait exclu de l'ALÉNA. Les Américains se sont refusés publiquement de tenir cette thèse. Personne n'y croit plus. On a laissé entendre que la "péréquation" (formule de répartition de la richesse au Canada (!). Cela tient encore un peu, mais c'est loin d'être définitif.

Les questions militaires n'ont aucun impact. Les Québécois savent ce qu'ils récupéreraient au niveau militaire et le Québec jouerait le même rôle ou son équivalent dans le régime de défense nord-américain. Personne ne croit que le Québec se ferait attaquer par les Canadians ou les Américains! Cela est de l'ordre de la paranoïa.

Ce qui retient le plus le Québec au Canada me semble du même ordre que le fédéralisme des Wallons. Les Québécois ont, pour plusieurs, le sentiment que le Canada, l'Ouest, les Rocheuses leur appartiennent. Il est vrai que ce sont les francophones qui ont "découvert" et "colonisé" ce pays (et une bonne partie des É.U.. Et on a toujours une certaine sensation de "propriété" qui subsiste. C'est sentimental, mais c'est comme cela.

Pour ce qui est des Anglophones, plusieurs voient dans le Québec et sa "différence" une espèce de garantie que le Canada, leur Canada, pourra ainsi mieux empêcher les É.U. de les bouffer. C'est fou, mais c'est aussi comme ça. Ils ne tiennent pas à nous pour ce que nous sommes, mais pour la protection culturelle que nous pourrions leur accorder!!! Perdre le Québec, c'est pour plusieurs anglophones la fin du Canada. Ils sont la conviction que la séparation du Québec "détruirait" le Canada et ils disent ne jamais vouloir le permettre!

Comme quoi bien de ces choses, dans nos entités, propres n'ont pas trop de fondements rationnels!!!

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Dim 9 Mai - 9:37

Si je comprends bien il n'y a au Canada aucune entité politique supra régionale qui regroupe tous les Francophones du pays, c'est ça?

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Personne le Dim 9 Mai - 10:30

"C'est fou, mais c'est aussi comme ça. Ils ne tiennent pas à nous pour ce que nous sommes, mais pour la protection culturelle que nous pourrions leur accorder!!"

Nous touchons là ce qui fait un des ciments de la France, pas un d'entre nous qui ne revendique la variété culturelle et géographique de notre pays, c'est un paradoxe de vouloir soumettre aux mêmes lois (économie, langues, codes de vie) des régions dont on ne cesse de vanter les particularités.
Le syndrome Wallons (dans le contexte) me semble largement partagé ici aussi.

Depuis le début des années 50 (pour ne pas dire depuis la progressive mise en place de l'Europe afin de ne fâcher personne Wink ) un rattachement du Pays Basque à l'Espagne ou de la Corse à l'Italie ou encore l'Alsace à l'Allemagne ne sont plus à l'ordre du jour, éliminant defacto la contrainte militaire.

C'est le point particulier du périmètre d'indépendance du Québec (largement débattu chez vous sans doute) que je trouve intéressant pour nous ou ceux d'entre nous qui souhaitent préserver l'unité nationale et la fierté de l'identité régionale encore très forte chez nous.

A ce stade, le mieux est peut-être un lien vers le programme du parti séparatiste.


Dernière édition par Personne le Dim 9 Mai - 15:29, édité 1 fois

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Dim 9 Mai - 10:47

Je pense que les Québécois ne sont pas des régionalistes, dans le sens où leurs préocupations ne sont pas que territoriales, mais également culturelles.

Le débat entre la pertinence des Régions vs les Communautés est encore vivace chez les Francophones de Belgique et a une forte connotation politique.

Historiquement, ce sont les socialistes francophones qui sont les tenants du régionalisme, c'est à dire qu'ils souhaitent fonder le fédéralisme sur les Régions ( bxl et Wallonie ), les Libéraux quant à eux sont partisans de la Communauté et veulent fusionner les régions dans cette entité administrative et ne faire plus qu'un seul groupe au niveau fédéral.


Dernière édition par Bruno le Dim 9 Mai - 10:59, édité 2 fois

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Personne le Dim 9 Mai - 10:55

Pardon, j'ai confondu Région et Culture, mon écrit suppose que l'un et l'autre sont confondus ce qui est souvent la cas, mais pas toujours.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Dim 9 Mai - 10:59

L'idéal serait évidemment que les Francophones se retrouvent tous dans la Communauté, ça serait une immense économie budgétaire structurelle, mais celà conforterait leur position au niveau fédéral en renforçant la circulation des idées et les partenariats. Hélas, sur +:- 4 millions de Francophones, il y a +/- 1 million de Bruxellois ( majoritairement libéraux ) pour +/- 3 Wallons ( majoritairement socialistes). Il semble que le mécanisme d'alternance politique en Wallonie soit en panne, ce qui n'est pas pour donner de l'enthousiame à cette Union Sacrée.

Au Canada, la démocratie paraît en excellente santé et je ne comprends pas pourquoi les Francophones ne désirent pas la création d'une entité fédérale qui les regroupe tous.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Dim 9 Mai - 11:00

Personne a écrit:Pardon, j'ai confondu Région et Culture, mon écrit suppose que l'un et l'autre sont confondus ce qui est souvent la cas, mais pas toujours.


Normal, la différence Région/Communauté est un concept purement belge.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 16:58

Bruno a écrit:Si je comprends bien il n'y a au Canada aucune entité politique supra régionale qui regroupe tous les Francophones du pays, c'est ça?


I n'existe pas, à quelques niveaux que ce soit de partis "ethniques" ni au Canada, ni au Québec. Les partis sont territoriaux.

Au fédéral, ils couvrent l'ensemble du pays à une exception près... pour l'instant ça cela peut changer et rapidement dans l'Ouest surtout.

L'exception, c'est le Bloc Québécois, le pendant du Parti Québécois au Fédéral. C'est toute une exceptions car depuis 20 ans, les Québécois indépendantistes (presqu'excluisivement et peu importe leur langue) l'appuient autour de 40 à 50% et plus et ce parti obtient (sauf une fois si je me souviens bien) toujours la pluralité ou la majorité des sièges sur le territoire du Québec au niveau fédéral. Autrment dit la présence du Québec à la Chambre des commune est majoritairement indépendantiste. Curieusement, il est arrivé une fois que le second parti à la Chambre des Communes soit le Bloc Québécois. De sorte que l'Opposition officielle au Canada était dasn les mains du Québec et de son parti indépendantiste!

Au fédéral, tous les partis "nationaux" ont de supporteurs venant des deux groupes linguistiques mais en minorité.

Au Québec, il n'y a aucun parti "ethnique" et deux partis identifiés comme indépendantiste : le Parti Québécois et Qubec solidaire.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Bruno le Dim 9 Mai - 17:02

Quel est donc le degré de solidarité entre les Québécois et les autres Francophones du Canada?

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 17:05

Personne a écrit:.....
Nous touchons là ce qui fait un des ciments de la France, pas un d'entre nous qui ne revendique la variété culturelle et géographique de notre pays, c'est un paradoxe de vouloir soumettre aux mêmes lois (économie, langues, codes de vie) des régions dont on ne cesse de vanter les particularités.
Le syndrome Wallons (dans le contexte) me semble largement partagé ici aussi.


Les indépendantistes Québécois ont dans leur programme de reconnaïtre les minorités culturelles suivantes : les anglophones du Québec et les diverses nations amérindiennes. Le Québec indépendant protègerait et soutiendrait leurs institutions tel que nous le faisons actuellement dans le cadre du fédéralisme canadien. C'est, pour tous les Québécois, indépendantistes ou non, un principe très important, consensuel que de respecter ces différences. Il n'est pas question pour eux de passer le rouleau compresseur. pour les immigrants, c,est autre chose, Il n'est absolument pas question d'encourager, le communautarisme et le multiculturalisme.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 17:13

Bruno a écrit:Je pense que les Québécois ne sont pas des régionalistes, dans le sens où leurs préocupations ne sont pas que territoriales, mais également culturelles.


Nous ne sommes absolument pas fédéralistes chez la majorité des francophones. Donc pas question de rproduire le modèle canadien au sein d'un Québec indépendant. par contre, l'indépendance faite, nous supporterions une certaine décentralisation de l'état Québécois vers les régions.

Actuellement, le mouvement indépendantiste donne de l'importance au territoire que dans la mesure où il supporte la Nation québécoise. C'est le foyer géographique de notre culture et c'est la culture plus que tout qui nous distingue. Nous n'avons aucune prétention territoriale sur les territoires occupés majoritairement par des francophones ailleurs au Canada comme en Ontario ou au Nouveau-Brunswick. Nous N,avons aussi aucune prétention sur d'autres territoires su Canada quioque le Nunavut au Nord du Québec pourrait être réclamé comme faisant partie du Québec.

Nous avalons encore de travers que le Gouvernement britannique ait donné à Terre-Neuve le Labrador québécois en sus du Labrador terreneuvien que nous ne contestons cependant pas. Advenant l'indépendance du Québec, certains voudraient ressusciter le dossier. Je ne crois pas qu'il le soit vraiment.

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Re: Comprendre les Québécois et les Canadians

Message par Normand Choinière le Dim 9 Mai - 17:35

Bruno a écrit:Au Canada, la démocratie paraît en excellente santé et je ne comprends pas pourquoi les Francophones ne désirent pas la création d'une entité fédérale qui les regroupe tous.


Les francophones hors Québec sont fédéralistes. Ils voient dans l'État fédéral leur protecteur (!). Le Québec en tant que province ou en tant qu'État indépendant n'aura jamais les moyens de les protéger d'aucune façon. En ce sens ils ont parfaitement raison. Jamais nous n'avons, par exemple, essayé de faire protéger les droits des francophones hors Québec en mettant dans la balance un certain chantage sur la protection des droits anglophones du Québec. Jamais une telle chose n'aurait pu se faire légalement.

Pour les Québécois, nous avons énormément de sympathie à l'égard des francophones hors Québec. Nous les aidons au mieux de nos possibilités : support culturel, financier etc.. mais nous savons tous qu'ils sont promis à l'extinction (sauf possiblement le nord du Nouveau-Brunswick, les Acadiens). Évidemment, un Québec indépendant souhaiterait leur retour comme les francophones américains aussi. Nous serions évidemment prêts à réunir les territoires francophones du Nouveau-Brunswick mais il n'en est actuellement pas question. Ils ne le souhaitent pas et sont clairement encore fédéralistes. On verra plus tard.

Il faut aussi comprendre que les Québécois ont majoritairement renoncé à toute prétention sur le territoire canadien qu'ils ont découvertet colonisé. Nous avons accpeté de le laisser aux anglophones et nous croyons que les francophones qui habitent le ROC vont tous s,assimiler aux anglophones. C'est une cause perdue et en définitive, il n'est pas réaliste de lier notre sort au leur. Nous nous pouvons et allons survivre et nous avons qu'avec tous nos moyens nous avons l'assurance de réussir. Mieux vaut donc se replier à l'intérieur des frontières du Québec.

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