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honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
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honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Je vous propose de ne pas débattre dans ce sujet, mais juste d'y poster les remarquables inconnus, qui pourtant symbolisent l'excellence de notre civilisation mais demeurent dans l'ombre des minables, des bouffons, des batelleurs, bref dans l'ombre des "people".
Ce sujet leur rend un modeste hommage
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Mathématiques:
le prix Abel au Franco-russe Mikhaïl Leonidovich Gromov

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Mathématiques:
le prix Abel au Franco-russe Mikhaïl Leonidovich Gromov

NEW YORK (AFP) — Le Franco-russe Mikhaïl Leonidovich Gromov a fêté avec ses collègues et des étudiants de l'université de New York (NYU), où il enseigne, le prix Abel qui lui a été attribué jeudi "pour ses contributions révolutionnaires à la géométrie".
Le mathématicien a fait partager sa joie en buvant du champagne avec ses collègues et des étudiants. Il a expliqué à l'AFP qu'il avait manqué l'annonce de l'attribution de la récompense norvégienne parce qu'il se préparait pour aller travailler. "Je l'ai appris quand je suis arrivé au bureau. Mon téléphone était débranché", a-t-il dit.
Le triomphe modeste, M. Gromov, un homme d'allure simple, a décrit son approche des mathématiques comme "à la fois vague et précise".
"C'est clairement un des grands mathématiciens de notre époque", a réagi Leslie Greengard, directeur du +Courant Institute of Mathematical Sciences+, une section de la NYU spécialisée dans les mathématiques, soulignant son "esprit unique" et son "influence" sur la communauté scientifique. Le Courant Institute a déjà fourni deux lauréats au prix Abel.
La récompense confirme la bonne santé de l'école française de mathématiques.
Censé pallier l'absence de prix Nobel dans ce domaine, le prix Abel a récompensé deux autres mathématiciens français, Jean-Pierre Serre (2003) et Jacques Tits (conjointement avec l'Américain John Griggs Thompson, 2008), depuis sa création il y a six ans.
"Mikhaïl Gromov est toujours à la poursuite de nouvelles questions et pense constamment à de nouvelles solutions pour résoudre des problèmes longtemps restés sans réponse", a estimé le comité Abel dans ses attendus.
"Il a produit des travaux originaux, d'une grande profondeur, et demeure remarquablement créatif. Les travaux de Gromov continueront d'être une source d'inspiration pour de futures découvertes mathématiques", a ajouté le comité.
Né le 23 décembre 1943 à Boksitogorsk en Union soviétique, M. Gromov a été naturalisé français en 1992.
Très dépouillée, la page personnelle de "Misha Gromov" sur le site de l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES), dont il est membre, montre la photo d'un singe en guise de portrait.
L'IHES est installée à Bures-sur-Yvette, au sud-ouest de Paris. Elle ne compte que cinq professeurs permanents, mais permet à des mathématiciens de renommée mondiale de se consacrer entièrement à leurs recherches sans obligation d'enseignement.
Doté de 6 millions de couronnes (684.350 euros), le prix qui porte le nom du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829) lui sera remis par le roi Harald de Norvège à Oslo le 19 mai.
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La Voilà la vraie mondialisation, celle de la matière grise, du savoir, de l'intelligence, de tous temps les savants ont été apatrides et universalistes, ce "russe" d'origine démontre par son parcours que l'humanité est unique et le savoir universel.
Le mathématicien a fait partager sa joie en buvant du champagne avec ses collègues et des étudiants. Il a expliqué à l'AFP qu'il avait manqué l'annonce de l'attribution de la récompense norvégienne parce qu'il se préparait pour aller travailler. "Je l'ai appris quand je suis arrivé au bureau. Mon téléphone était débranché", a-t-il dit.
Le triomphe modeste, M. Gromov, un homme d'allure simple, a décrit son approche des mathématiques comme "à la fois vague et précise".
"C'est clairement un des grands mathématiciens de notre époque", a réagi Leslie Greengard, directeur du +Courant Institute of Mathematical Sciences+, une section de la NYU spécialisée dans les mathématiques, soulignant son "esprit unique" et son "influence" sur la communauté scientifique. Le Courant Institute a déjà fourni deux lauréats au prix Abel.
La récompense confirme la bonne santé de l'école française de mathématiques.
Censé pallier l'absence de prix Nobel dans ce domaine, le prix Abel a récompensé deux autres mathématiciens français, Jean-Pierre Serre (2003) et Jacques Tits (conjointement avec l'Américain John Griggs Thompson, 2008), depuis sa création il y a six ans.
"Mikhaïl Gromov est toujours à la poursuite de nouvelles questions et pense constamment à de nouvelles solutions pour résoudre des problèmes longtemps restés sans réponse", a estimé le comité Abel dans ses attendus.
"Il a produit des travaux originaux, d'une grande profondeur, et demeure remarquablement créatif. Les travaux de Gromov continueront d'être une source d'inspiration pour de futures découvertes mathématiques", a ajouté le comité.
Né le 23 décembre 1943 à Boksitogorsk en Union soviétique, M. Gromov a été naturalisé français en 1992.
Très dépouillée, la page personnelle de "Misha Gromov" sur le site de l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES), dont il est membre, montre la photo d'un singe en guise de portrait.
L'IHES est installée à Bures-sur-Yvette, au sud-ouest de Paris. Elle ne compte que cinq professeurs permanents, mais permet à des mathématiciens de renommée mondiale de se consacrer entièrement à leurs recherches sans obligation d'enseignement.
Diplômé de l'université de Leningrad (Saint-Pétersbourg) où il a d'abord enseigné, M. Gromov a émigré aux Etats-Unis en 1974, devenant professeur à l?université de New York, avant de rejoindre l?université de Paris VI en 1981 puis l'IHES l'année suivante.
Il a aussi été professeur au College Park de l'université du Maryland de 1991 à 1996, et est actuellement titulaire de la chaire de mathématiques Jay Gould au Courant Institute à New York.
Distingué par de nombreuses récompenses, il est membre notamment de l'Académie française des Sciences ainsi que de l'US National Academy of Sciences et de l?American Academy of Arts and Sciences.
Doté de 6 millions de couronnes (684.350 euros), le prix qui porte le nom du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829) lui sera remis par le roi Harald de Norvège à Oslo le 19 mai.
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La Voilà la vraie mondialisation, celle de la matière grise, du savoir, de l'intelligence, de tous temps les savants ont été apatrides et universalistes, ce "russe" d'origine démontre par son parcours que l'humanité est unique et le savoir universel.
Dernière édition par maxi le Mer 15 Sep - 13:17, édité 5 fois
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Le Pr Lantieri
pionnier des greffes de visages et des mains

pionnier des greffes de visages et des mains

Une nouvelle greffe du visage, la 3e en France et la 5e au monde, a été réalisée à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, dans le Val-de-Marne, par un pionnier de cette transplantation sur un homme de 28 ans. Le professeur Laurent Lantiéri, qui l'a opéré avec son équipe toute la nuit de jeudi à vendredi, a en effet déjà réussi une telle intervention réparatrice, mais aussi hautement symbolique. "Le patient avait été défiguré par un coup de fusil", a indiqué le chirurgien qui avait déjà réalisé une greffe de la face en janvier 2007. L'opération, entamée jeudi pour s'achever vendredi au matin, a duré une quinzaine d'heures. "Le patient est réveillé et va bien", a dit le Pr Lantiéri. Mais "il est beaucoup trop tôt pour en dire plus sur la prise de la greffe", a précisé le chirurgien. "Dans les 48 premières heures, il y a une période aiguë critique liée aux éventuels incidents purement chirurgicaux (caillots...). Ensuite, la 3e ou 4e semaine, on a la phase de phénomène de rejet, mais on dispose de moyens pour le maîtriser", a expliqué le Pr Lantiéri.

"Le patient ne pouvait pas ouvrir la bouche, les muscles de la bouche étaient détruits", malgré des opérations de "réparation ne permettant pas à la bouche de s'animer". Le patient qui a subi plusieurs opérations depuis son accident en 2005 respirait à l'aide d'un tube introduit par trachéotomie. Une grande partie du visage du donneur a été greffée, ainsi que de l'os pour réparer la mâchoire supérieure et le nez. "C'est une greffe similaire à celle faite par le Dr Maria Siemionow (Ohio, États-Unis)" en 2008, qui a duré 22 heures, "et à celle réalisée pour Pascal" en 2007, a relevé le Pr Lantiéri. Pascal, 29 ans, défiguré par une tumeur d'origine génétique - une neurofibromatose, appelée maladie de Recklinghausen - a été opéré par le Pr Lantiéri. L'homme de 28 ans qui vient d'être greffé pourra dire ses premiers mots dès qu'on pourra enlever la canule mise en place pour respirer, "mais pour se faire bien comprendre, il faudra pouvoir bouger la bouche, le muscle orbiculaire (des lèvres)", ce qui prendra plus de temps, a commenté le chirurgien.

Une greffe impossible sans don d'organes
Cette greffe fait partie d'un programme de recherche clinique financé par le ministère de la Santé, portant, pour l'instant, sur cinq greffes, dont deux sont déjà faites, indique le chirurgien. "Ce type de transplantation nécessite en effet une évaluation", ajoute le Pr Lantiéri. Il souligne la "grande difficulté pour trouver un donneur" en raison du tabou qui peut encore entourer ce don de visage après la mort : "J'ai fait le tour de France", dit-il. "Le don d'organes est la grande cause nationale 2009 en France et c'est une bonne nouvelle que l'on ait pu faire cette greffe", se réjouit-il. "Actuellement, j'ai encore trois patients en attente", souligne-t-il.
La première mondiale de greffe partielle de visage a été réalisée en 2005 à Amiens sur Isabelle Dinoire, 38 ans, qui avait été défigurée par son chien. Trois ans plus tard, elle expliquait avoir "fait beaucoup de kiné pour réactiver tous les muscles" et que tout était "redevenu normal question sensibilité", affirmant en parlant de cette seconde peau : "C'est comme moi, comme ma peau." Un Chinois de 32 ans, Li Guoxing, greffé en 2006 est mort en juillet 2008 dans son village des montagnes du sud-ouest de la Chine, après avoir délaissé ses médicaments antirejet au profit d'herbes médicinales traditionnelles, a indiqué son médecin Guo Shuzhong. Il avait été attaqué par un ours.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Décès de Jean Dausset, prix Nobel et père de la greffe d'organes
Par Reuters, publié le 06/06/2009

Par Reuters, publié le 06/06/2009

PARIS - Le professeur Jean Dausset, prix Nobel de médecine en 1980 et père de la greffe d'organes, est décédé samedi à l'âge de 92 ans.
Sa découverte, en 1958, du système des groupes tissulaires HLA ("Human Leucocyte Antigen") a permis de vérifier la compatibilité entre donneur et receveur lors de transplantations, entraînant le développement du don et de la greffe d'organes dans le monde.
L'Elysée et Matignon ont rendu hommage à ce grand nom de l'immunologie.
"Ce grand scientifique représente l'excellence de la médecine et de la recherche médicale françaises," a déclaré le président Nicolas Sarkozy dans un communiqué.
Le Premier ministre François Fillon, qui a élevé le don d'organes au rang de "grande cause nationale" pour 2009, a salué la mémoire d'un "grand humaniste, pionnier du génome humain".
"En ces temps où la solidarité est plus que jamais le ferment de notre nation, donner un organe, des plaquettes, du sang ou de la moelle osseuse, c'est donner de la vie, pour la vie. C'est le don de soi par excellence," a-t-il ajouté.
Sa découverte, en 1958, du système des groupes tissulaires HLA ("Human Leucocyte Antigen") a permis de vérifier la compatibilité entre donneur et receveur lors de transplantations, entraînant le développement du don et de la greffe d'organes dans le monde.
L'Elysée et Matignon ont rendu hommage à ce grand nom de l'immunologie.
"Ce grand scientifique représente l'excellence de la médecine et de la recherche médicale françaises," a déclaré le président Nicolas Sarkozy dans un communiqué.
Le Premier ministre François Fillon, qui a élevé le don d'organes au rang de "grande cause nationale" pour 2009, a salué la mémoire d'un "grand humaniste, pionnier du génome humain".
"En ces temps où la solidarité est plus que jamais le ferment de notre nation, donner un organe, des plaquettes, du sang ou de la moelle osseuse, c'est donner de la vie, pour la vie. C'est le don de soi par excellence," a-t-il ajouté.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
^^ et pendant ce temps là, le monde pleure un chanteur ...
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L'extraordinaire histoire de la petite fille aux deux cœurs
Jean-Michel Bader 27/07/2009

Hannah Clark (ici à Londres, lundi) a aujourd'hui 16 ans.
Elle est en pleine santé et son histoire permet aux médecins d'envisager de nouvelles techniques de greffe cardiaque temporaire.
Jean-Michel Bader 27/07/2009

Hannah Clark (ici à Londres, lundi) a aujourd'hui 16 ans.
Elle est en pleine santé et son histoire permet aux médecins d'envisager de nouvelles techniques de greffe cardiaque temporaire.
L'ablation du cœur greffé de Hannah du fait de complications graves a mis en évidence la guérison incroyable de son cœur naturel, malade depuis sa naissance.
Hannah Clark a 16 ans, et elle gagne son argent de poche en gardant des animaux de compagnie. Cet été elle part en famille à la mer. Loin des docteurs, des hôpitaux, loin, si loin du sort funeste qui lui était promis peu après sa naissance. Car Hannah est une miraculée moderne de la science médicale, guérie d'une «cardiomyopathie du nourrisson» qui aurait dû la tuer.
Née en mai 1993 à Mountain Ash, près de Cardiff au pays de Galles, Hannah est amenée en urgence en janvier 1994 à l'hôpital de Harefield (Middlesex) spécialisé dans les maladies cardiaques et pulmonaires : elle présente alors tous les symptômes d'une grave défaillance cardiaque. Hannah est atteinte d'une maladie du cœur, une cardiomyopathie (surtout fréquente avant l'âge de 12 mois) au pronostic très sombre.

Immédiatement inscrite sur la liste d'attente des superurgences, pour une greffe cardiaque, Hannah est opérée en juillet 1995. Le Pr Magdi Yacoub, pionnier britannique des greffes pulmonaires et cardiaques, installe dans sa poitrine, un cœur de donneur (d'un bébé de 5 mois), mais au lieu de retirer le cœur malade de la fillette, il le laisse en place. Le minuscule cœur greffé est installé en parallèle et joue en quelque sorte le rôle d'une assistance ventriculaire pour aider le cœur malade à pomper le sang dans l'organisme.
Pendant 4 années, cette greffe va fonctionner parfaitement. Bien sûr, Hannah, comme tout transplanté, doit prendre des médicaments antirejet qui assurent une immunosuppression suffisante pour que son corps ne rejette pas le cœur. Son cœur malade va même récupérer et fonctionner à nouveau de façon satisfaisante.
Mais, en août 2001, nouveau coup dur : Hannah est victime d'une complication classique de ces médicaments. On diagnostique en effet chez elle une forme de cancer baptisée «syndrome lymphoprolifératif», une tumeur maligne, activée par le virus d'Ebstein-Barr, qui s'est installé en elle grâce aux immunosuppresseurs.
«Douze heures à vivre»
À 8 ans, les deux cœurs d'Hannah semblent fonctionner normalement, mais ce cancer secondaire continue à progresser. Il «flambe» même, et menace la vie de la fillette. Plusieurs chimiothérapies anticancéreuses parviennent malgré tout à contrôler la maladie, sans pour autant la faire disparaître. En janvier 2003, une récidive du cancer réclame à nouveau un cycle de plusieurs protocoles anticancéreux. Pendant deux ans, le combat de Hannah se poursuit sans relâche.
Comme si ce n'était pas assez, en 2005, une échographie cardiaque de contrôle inquiète beaucoup les médecins : le cœur naturel de la jeune fille continue à bien travailler, mais le cœur greffé donne des signes incontestables de fatigue.
Jamais une telle tentative d'extraction n'avait été faite. Le Pr Magdi Yacoub la tente pourtant au Great Ormond Street Hospital de Londres en février 2006. Paul, le papa de Hannah, s'est souvenu lors d'une conférence de presse lundi à Londres, qu'une infirmière lui avait alors dit que «sa fille n'avait plus que 12 heures à vivre» et lui avoir répondu : «Croyez ce que vous voulez, et moi ce que je veux.» Trois ans et demi après l'ablation de ce cœur greffé sans lequel on pensait qu'elle ne pourrait pas vivre, Hannah est en pleine santé, vit au milieu d'une bande d'amis, et vient même de passer l'équivalent du BEPC. Cet apparent miracle médical laisse, selon le Pr Yacoub, entrevoir la possibilité de greffes cardiaques temporaires en l'attente de la guérison spontanée du cœur malade.
Hannah Clark a 16 ans, et elle gagne son argent de poche en gardant des animaux de compagnie. Cet été elle part en famille à la mer. Loin des docteurs, des hôpitaux, loin, si loin du sort funeste qui lui était promis peu après sa naissance. Car Hannah est une miraculée moderne de la science médicale, guérie d'une «cardiomyopathie du nourrisson» qui aurait dû la tuer.
Née en mai 1993 à Mountain Ash, près de Cardiff au pays de Galles, Hannah est amenée en urgence en janvier 1994 à l'hôpital de Harefield (Middlesex) spécialisé dans les maladies cardiaques et pulmonaires : elle présente alors tous les symptômes d'une grave défaillance cardiaque. Hannah est atteinte d'une maladie du cœur, une cardiomyopathie (surtout fréquente avant l'âge de 12 mois) au pronostic très sombre.

Immédiatement inscrite sur la liste d'attente des superurgences, pour une greffe cardiaque, Hannah est opérée en juillet 1995. Le Pr Magdi Yacoub, pionnier britannique des greffes pulmonaires et cardiaques, installe dans sa poitrine, un cœur de donneur (d'un bébé de 5 mois), mais au lieu de retirer le cœur malade de la fillette, il le laisse en place. Le minuscule cœur greffé est installé en parallèle et joue en quelque sorte le rôle d'une assistance ventriculaire pour aider le cœur malade à pomper le sang dans l'organisme.
Pendant 4 années, cette greffe va fonctionner parfaitement. Bien sûr, Hannah, comme tout transplanté, doit prendre des médicaments antirejet qui assurent une immunosuppression suffisante pour que son corps ne rejette pas le cœur. Son cœur malade va même récupérer et fonctionner à nouveau de façon satisfaisante.
Mais, en août 2001, nouveau coup dur : Hannah est victime d'une complication classique de ces médicaments. On diagnostique en effet chez elle une forme de cancer baptisée «syndrome lymphoprolifératif», une tumeur maligne, activée par le virus d'Ebstein-Barr, qui s'est installé en elle grâce aux immunosuppresseurs.
«Douze heures à vivre»
À 8 ans, les deux cœurs d'Hannah semblent fonctionner normalement, mais ce cancer secondaire continue à progresser. Il «flambe» même, et menace la vie de la fillette. Plusieurs chimiothérapies anticancéreuses parviennent malgré tout à contrôler la maladie, sans pour autant la faire disparaître. En janvier 2003, une récidive du cancer réclame à nouveau un cycle de plusieurs protocoles anticancéreux. Pendant deux ans, le combat de Hannah se poursuit sans relâche.
Comme si ce n'était pas assez, en 2005, une échographie cardiaque de contrôle inquiète beaucoup les médecins : le cœur naturel de la jeune fille continue à bien travailler, mais le cœur greffé donne des signes incontestables de fatigue.
En réalité, pour stopper la progression du cancer, les médecins ont diminué les doses de médicaments immunosuppresseurs et son greffon n'est plus protégé contre le phénomène de rejet. La seule solution possible pour sortir de cette boucle infernale, c'est de retirer le greffon cardiaque, d'arrêter les médicaments qui «alimentent» la tumeur, et espérer que le cœur d'origine soit capable de travailler seul.
Jamais une telle tentative d'extraction n'avait été faite. Le Pr Magdi Yacoub la tente pourtant au Great Ormond Street Hospital de Londres en février 2006. Paul, le papa de Hannah, s'est souvenu lors d'une conférence de presse lundi à Londres, qu'une infirmière lui avait alors dit que «sa fille n'avait plus que 12 heures à vivre» et lui avoir répondu : «Croyez ce que vous voulez, et moi ce que je veux.» Trois ans et demi après l'ablation de ce cœur greffé sans lequel on pensait qu'elle ne pourrait pas vivre, Hannah est en pleine santé, vit au milieu d'une bande d'amis, et vient même de passer l'équivalent du BEPC. Cet apparent miracle médical laisse, selon le Pr Yacoub, entrevoir la possibilité de greffes cardiaques temporaires en l'attente de la guérison spontanée du cœur malade.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Je n'en reviens pas du nombrilisme américain en matière de santé. Les Français non seulement n'ont pas à avoir de complexe dans le domaine mais encore sont-ils aux premières loges bien souvent en avant des Américains. Chapeau! 

Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Oui la France a tj été innovatrice en chirurgie et médecine, en grande partie "grâce" aux guerres. Pour le dernier message il s'agit d'un britannique, disons que l'Europe unie ferait évidemment figure de grand du monde si on totalisait ses prouesses qui ne sont pas que passées.
(les ricains sont comme nous étions jusqu'en mai40 ... leur déclin viendra)
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Dernière édition par AdminF24 le Sam 31 Mar - 7:00, édité 2 fois
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Peu de savants se sont aventurés aussi loin que Claude Lévi-Strauss dans l'exploration des mécanismes cachés de la culture. Par des voies diverses et convergentes, il s'est efforcé de comprendre cette grande machine symbolique qui rassemble tous les plans de la vie humaine, de la famille aux croyances religieuses, des œuvres d'art aux manières de table. Le paradoxe des très grandes œuvres, celles qui sont vraiment décisives et novatrices, est de pouvoir se caractériser en peu de mots.
Ainsi pourrait-on dire qu'il déchiffra le solfège de l'esprit. A tout le moins, il s'en approcha, et de fort près, à force de rigueur et d'invention conceptuelle. Parler d'un solfège de l'esprit n'est pas seulement le prolongement de cette métaphore musicale toujours présente dans l'œuvre de l'anthropologue. Or il faut entendre cette formule littéralement. Même si nous chantions, quotidiennement, les ritournelles de la vie en société, même si nous connaissions par cœur les mélodies des mythes ou des mariages, nous ne savions pas ce qui organisait ces systèmes. Notre conscience ne nous révèle rien, spontanément, des processus qui sont à l'œuvre dans le vaste domaine de la symbolique sociale. C'est pourquoi nous ignorions leurs règles de fonctionnement, les lois de leurs combinaisons. Il nous manquait un solfège.
Derrière la diversité des mélodies, celui-ci explicite les règles qui les engendrent : accord, renversement, transformations. Il définit des formes (canon, fugue, sonate…). Il n'est pas faux de dire que la démarche de Claude Lévi-Strauss visait un but analogue. Ce qui l'attirait avant toute chose était de découvrir les organisations cachées, les lois sous-jacentes au chatoiement des apparences sociales. Il était de ceux qui pensent à la géologie en contemplant un paysage ou songent aux classements botaniques face aux massifs de fleurs.
C'est pourquoi, derrière le foisonnement déconcertant des règles de parenté, des totems ou des mythes, derrière l'apparent tohu-bohu des échanges économiques et des créations artistiques, il s'est consacré à découvrir, plus qu'une partition unique et isolée, certaines des structures qui les engendrent, indépendamment de la volonté des acteurs et de leurs consciences.
Cette démarche, toujours semblable en son fond, connut plusieurs époques et une succession de points d'application. Elle s'attacha d'abord à la parenté, dont Claude Lévi-Strauss, dans sa thèse, abandonna la face visible pour en dégager les "structures élémentaires". Elle se focalisa ensuite sur le totem, dont il éclaira l'énigme en quittant le terrain des analogies apparentes pour mieux saisir les jeux globaux. Elle se fixa longuement sur la mythologie, dont quatre volumes monumentaux, de 1964 à 1971, scrutèrent les transformations et le fonctionnement propre, indépendant des décisions individuelles, des langues, des peuples, voire des lieux et des temps.
Ce souci des structures, des combinatoires, des codes de transformation, rapproche Claude Lévi-Strauss des scientifiques, principalement des mathématiciens. Il le rattache aussi à la lignée des philosophes qui, de Platon à Kant, ont reconnu la place centrale des processus formels.
LES MYTHES "SE PENSENT ENTRE EUX"
Là se trouve le cœur de l'œuvre, et ce qu'elle a, à sa manière, de vertigineux. Car, dans l'analyse de ces milliers de mythes qui "se pensent entre eux", se répondent sans se connaître, se combinent sans que personne l'ait décidé, on voit s'esquisser des procédures mentales universelles.
Cette approche d'un solfège de l'esprit humain prolonge ou accompagne le schématisme de Kant, la linguistique structurale de Roman Jakobson ou, en psychanalyse, la théorie lacanienne du signifiant. Le résultat est d'autant plus impressionnant que cette analyse convoque des peuples et des cultures sans contacts connus les uns avec les autres. L'historien – comme Georges Dumézil, féru lui aussi de perspective structurale – ne compare que des mythes issus de peuples entretenant des liens attestés. En s'affranchissant de cette limite, en confrontant, par exemple, les mythes amérindiens avec ceux du Japon, Lévi-Strauss a ouvert des perspectives théoriques qui intéressent, au-delà de l'ethnologie restreinte, l'anthropologie générale, l'étude de l'esprit des hommes.
Sans doute est-ce là une marque persistante, à travers détours et exils, de son attachement profond à la rigueur des philosophes. Ils ne cessèrent en fait d'avoir sa préférence. Très jeune, cet enfant d'artiste (son père était peintre) porta son attention vers les concepts. Normalien, il choisit en 1927 la philosophie. Agrégé, il commença à l'enseigner en 1932. L'ennui toutefois le gagna vite, et le désir de "l'expérience vécue des sociétés indigènes" l'emporta : il partit en 1935 pour Sao Paulo, où il enseigna durant trois ans en menant plusieurs missions d'étude chez les Bororo, puis les Nambikawara, en compagnie de Dina Dreyfus, sa première femme, épousée en 1932.
Ils se séparèrent à leur retour en France, en 1939, et l'anthropologue connut ensuite deux autres mariages, en 1945 et en 1954.
Révoqué de l'enseignement au titre des lois antijuives de Vichy, il se retrouva à New York, où il fréquenta les surréalistes, et se lia avec Jakobson, dont l'apport fut déterminant dans la construction de son œuvre. L'après-guerre fut une période instable pour ce chercheur dont les œuvres maîtresses commençaient seulement à s'imprimer et que les institutions savantes ne reconnaissaient pas encore. Attaché culturel à New York, puis en mission en Inde et au Pakistan pour l'Unesco, il fut nommé en 1950 à l’Ecole pratique des hautes études avec l’appui de Dumézil.
En 1955, Tristes Tropiques le fit connaître du grand public. Journal de voyage soutenu par une écriture limpide et sensible, méditation sur le savoir et sur l’époque d’une grande liberté de ton, le livre est une réussite littéraire et devint aussitôt un succès de librairie, bientôt une référence. Bien des pages de ce livre appartiennent depuis aux anthologies en usage dans les classes. On y découvre un voyageur déjà préoccupé des désastres de la planète, tourmenté par la destruction de la diversité humaine, soucieux d’écologie bien avant que l’époque ne se saisisse du terme. On discerne également son penchant pour le bouddhisme et sa réticence envers l’islam. Cette dernière est si forte que certaines pages de Tristes Tropiques, peu remarquées à l’époque, vaudraient sûrement à leur auteur de virulentes protestations si elles paraissaient aujourd’hui.
Après la publication d’Anthropologie structurale (1958) et l’élection au Collège de France (1959), Lévi-Strauss déploya une activité exceptionnelle d’organisateur et d’auteur qui lui valut une reconnaissance internationale croissante. Après La Pensée sauvage (1962) et les quatre volumes des Mythologiques, il devint évident que cette œuvre était l’une des grandes de son siècle. Il est désormais difficile de parler de l’homme, de la société, des échanges sans tenir compte de son apport.
La voie des honneurs, parallèlement, se poursuivit. En 1973, Claude Lévi-Strauss fut élu à l’Académie française, il accompagna François Mitterrand au Brésil en 1985, ses collections d’objets furent exposées au Musée de l’homme en 1989, ses photographies du Brésil éditées en 1994, son 90eanniversaire célébré par des numéros spéciaux.
En 2005, l’Unesco fêta les 60 ans de sa fondation en confiant à son ancien collaborateur un discours d’ouverture qui restera, bien que l’orateur ait alors approché le siècle, un modèle de pertinence et de lucidité. Il y rappela notamment, en se référant à Rousseau – l’un de ses maîtres, avec Montaigne –, les menaces que notre expansion effrénée fait peser sur la nature et sur l’humanité. Car Claude Lévi-Strauss, en fin de compte, ne dissociait pas la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle.
Dans une époque pressée, confuse, massivement portée à la veulerie et au simplisme, l’homme passait fréquemment pour distant. Tous ceux qui eurent la chance de l’approcher peu ou prou savent combien cet esprit universel, profondément attaché à la dignité de tous peuples, savait être proche, amical, fidèle et chaleureux, surtout si l’on avait su tenir le coup sous son regard, le plus acéré qui fût.
Hautain ? Non. Seulement exigeant, suprêmement intelligent, et peu enclin au mensonge. Cela fait évidemment beaucoup de défauts, surtout si l’on est en outre l’auteur d’une des œuvres majeures du XXe siècle. Dans la cacophonie de l’heure, une partition exemplaire. Et l’élégance altière, à côté du solfège, d’un musicien de l’esprit.Roger-Pol Droit
Ainsi pourrait-on dire qu'il déchiffra le solfège de l'esprit. A tout le moins, il s'en approcha, et de fort près, à force de rigueur et d'invention conceptuelle. Parler d'un solfège de l'esprit n'est pas seulement le prolongement de cette métaphore musicale toujours présente dans l'œuvre de l'anthropologue. Or il faut entendre cette formule littéralement. Même si nous chantions, quotidiennement, les ritournelles de la vie en société, même si nous connaissions par cœur les mélodies des mythes ou des mariages, nous ne savions pas ce qui organisait ces systèmes. Notre conscience ne nous révèle rien, spontanément, des processus qui sont à l'œuvre dans le vaste domaine de la symbolique sociale. C'est pourquoi nous ignorions leurs règles de fonctionnement, les lois de leurs combinaisons. Il nous manquait un solfège.
Derrière la diversité des mélodies, celui-ci explicite les règles qui les engendrent : accord, renversement, transformations. Il définit des formes (canon, fugue, sonate…). Il n'est pas faux de dire que la démarche de Claude Lévi-Strauss visait un but analogue. Ce qui l'attirait avant toute chose était de découvrir les organisations cachées, les lois sous-jacentes au chatoiement des apparences sociales. Il était de ceux qui pensent à la géologie en contemplant un paysage ou songent aux classements botaniques face aux massifs de fleurs.
C'est pourquoi, derrière le foisonnement déconcertant des règles de parenté, des totems ou des mythes, derrière l'apparent tohu-bohu des échanges économiques et des créations artistiques, il s'est consacré à découvrir, plus qu'une partition unique et isolée, certaines des structures qui les engendrent, indépendamment de la volonté des acteurs et de leurs consciences.
Cette démarche, toujours semblable en son fond, connut plusieurs époques et une succession de points d'application. Elle s'attacha d'abord à la parenté, dont Claude Lévi-Strauss, dans sa thèse, abandonna la face visible pour en dégager les "structures élémentaires". Elle se focalisa ensuite sur le totem, dont il éclaira l'énigme en quittant le terrain des analogies apparentes pour mieux saisir les jeux globaux. Elle se fixa longuement sur la mythologie, dont quatre volumes monumentaux, de 1964 à 1971, scrutèrent les transformations et le fonctionnement propre, indépendant des décisions individuelles, des langues, des peuples, voire des lieux et des temps.
Ce souci des structures, des combinatoires, des codes de transformation, rapproche Claude Lévi-Strauss des scientifiques, principalement des mathématiciens. Il le rattache aussi à la lignée des philosophes qui, de Platon à Kant, ont reconnu la place centrale des processus formels.
LES MYTHES "SE PENSENT ENTRE EUX"
Là se trouve le cœur de l'œuvre, et ce qu'elle a, à sa manière, de vertigineux. Car, dans l'analyse de ces milliers de mythes qui "se pensent entre eux", se répondent sans se connaître, se combinent sans que personne l'ait décidé, on voit s'esquisser des procédures mentales universelles.
Cette approche d'un solfège de l'esprit humain prolonge ou accompagne le schématisme de Kant, la linguistique structurale de Roman Jakobson ou, en psychanalyse, la théorie lacanienne du signifiant. Le résultat est d'autant plus impressionnant que cette analyse convoque des peuples et des cultures sans contacts connus les uns avec les autres. L'historien – comme Georges Dumézil, féru lui aussi de perspective structurale – ne compare que des mythes issus de peuples entretenant des liens attestés. En s'affranchissant de cette limite, en confrontant, par exemple, les mythes amérindiens avec ceux du Japon, Lévi-Strauss a ouvert des perspectives théoriques qui intéressent, au-delà de l'ethnologie restreinte, l'anthropologie générale, l'étude de l'esprit des hommes.
Sans doute est-ce là une marque persistante, à travers détours et exils, de son attachement profond à la rigueur des philosophes. Ils ne cessèrent en fait d'avoir sa préférence. Très jeune, cet enfant d'artiste (son père était peintre) porta son attention vers les concepts. Normalien, il choisit en 1927 la philosophie. Agrégé, il commença à l'enseigner en 1932. L'ennui toutefois le gagna vite, et le désir de "l'expérience vécue des sociétés indigènes" l'emporta : il partit en 1935 pour Sao Paulo, où il enseigna durant trois ans en menant plusieurs missions d'étude chez les Bororo, puis les Nambikawara, en compagnie de Dina Dreyfus, sa première femme, épousée en 1932.
Ils se séparèrent à leur retour en France, en 1939, et l'anthropologue connut ensuite deux autres mariages, en 1945 et en 1954.
Révoqué de l'enseignement au titre des lois antijuives de Vichy, il se retrouva à New York, où il fréquenta les surréalistes, et se lia avec Jakobson, dont l'apport fut déterminant dans la construction de son œuvre. L'après-guerre fut une période instable pour ce chercheur dont les œuvres maîtresses commençaient seulement à s'imprimer et que les institutions savantes ne reconnaissaient pas encore. Attaché culturel à New York, puis en mission en Inde et au Pakistan pour l'Unesco, il fut nommé en 1950 à l’Ecole pratique des hautes études avec l’appui de Dumézil.
En 1955, Tristes Tropiques le fit connaître du grand public. Journal de voyage soutenu par une écriture limpide et sensible, méditation sur le savoir et sur l’époque d’une grande liberté de ton, le livre est une réussite littéraire et devint aussitôt un succès de librairie, bientôt une référence. Bien des pages de ce livre appartiennent depuis aux anthologies en usage dans les classes. On y découvre un voyageur déjà préoccupé des désastres de la planète, tourmenté par la destruction de la diversité humaine, soucieux d’écologie bien avant que l’époque ne se saisisse du terme. On discerne également son penchant pour le bouddhisme et sa réticence envers l’islam. Cette dernière est si forte que certaines pages de Tristes Tropiques, peu remarquées à l’époque, vaudraient sûrement à leur auteur de virulentes protestations si elles paraissaient aujourd’hui.
Après la publication d’Anthropologie structurale (1958) et l’élection au Collège de France (1959), Lévi-Strauss déploya une activité exceptionnelle d’organisateur et d’auteur qui lui valut une reconnaissance internationale croissante. Après La Pensée sauvage (1962) et les quatre volumes des Mythologiques, il devint évident que cette œuvre était l’une des grandes de son siècle. Il est désormais difficile de parler de l’homme, de la société, des échanges sans tenir compte de son apport.
La voie des honneurs, parallèlement, se poursuivit. En 1973, Claude Lévi-Strauss fut élu à l’Académie française, il accompagna François Mitterrand au Brésil en 1985, ses collections d’objets furent exposées au Musée de l’homme en 1989, ses photographies du Brésil éditées en 1994, son 90eanniversaire célébré par des numéros spéciaux.
En 2005, l’Unesco fêta les 60 ans de sa fondation en confiant à son ancien collaborateur un discours d’ouverture qui restera, bien que l’orateur ait alors approché le siècle, un modèle de pertinence et de lucidité. Il y rappela notamment, en se référant à Rousseau – l’un de ses maîtres, avec Montaigne –, les menaces que notre expansion effrénée fait peser sur la nature et sur l’humanité. Car Claude Lévi-Strauss, en fin de compte, ne dissociait pas la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle.
Dans une époque pressée, confuse, massivement portée à la veulerie et au simplisme, l’homme passait fréquemment pour distant. Tous ceux qui eurent la chance de l’approcher peu ou prou savent combien cet esprit universel, profondément attaché à la dignité de tous peuples, savait être proche, amical, fidèle et chaleureux, surtout si l’on avait su tenir le coup sous son regard, le plus acéré qui fût.
Hautain ? Non. Seulement exigeant, suprêmement intelligent, et peu enclin au mensonge. Cela fait évidemment beaucoup de défauts, surtout si l’on est en outre l’auteur d’une des œuvres majeures du XXe siècle. Dans la cacophonie de l’heure, une partition exemplaire. Et l’élégance altière, à côté du solfège, d’un musicien de l’esprit.Roger-Pol Droit

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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Le Pr Jean-Michel DUBERNARD (Lyon)
l'homme qui greffe les mains !

Carrière de médecin
Urologue de formation, le professeur Dubernard travaille dans le service d'urologie et chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard Herriot du CHU de Lyon[1].
En 2005, il participa à la première greffe partielle du visage réalisée par le Professeur Devauchelle à Amiens (greffe du triangle formé par le nez et la bouche) sur une femme de 38 ans défigurée par son chien, Isabelle Dinoire. Cette opération eu lieu entre le dimanche 27 et le lundi 28 novembre au CHU d'Amiens .
Le chirurgien a déjà acquis une renommée internationale avec son équipe en dirigeant la première allogreffe d'une main en septembre 1998 à Lyon. L'opération avait été réalisée pour une seule main coupée à hauteur du poignet sur le néo-Zélandais Clint Hallam. Cependant, durant six mois, le patient avait refusé de poursuivre son traitement Immunosuppresseur anti-rejet. Et à sa demande, il s'était fait amputer sa main greffée, en février 2001, à Londres.
Le 13 janvier 2000, le Pr Dubernard avait franchi une nouvelle étape en réalisant la première double greffe bilatérale des mains et des avant-bras à Lyon sur Denis Chatelier, âgé à l'époque de 33 ans. Le 14 janvier 2000, à l'occasion de la conférence de presse concernant cette tentative de double greffe de mains, Jean-Michel Dubernard se déclara "heureux de prolonger les travaux d’Alexis Carrel".[2]. Peintre en bâtiment, originaire de Charente-Maritime, Denis Chatelier avait perdu ses deux mains en 1996 en manipulant une fusée artisanale fabriquée par ses neveux. Depuis lors, il portait des prothèses myoélectriques ne lui permettant de réaliser que des gestes simples. Début 2005, le Pr Dubernard avait annoncé que la greffe avait "définitivement pris".
Bien avant la réalisation de ces dernières prouesses médico-chirurgicales, le Pr Dubernard avait été un pionnier de la transplantation d'organe à Lyon, en développant en particulier une technique originale de greffe du pancréas.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Mathématiques : deux Français reçoivent la médaille Fields
LEMONDE.FR avec AFP | 19.08.10
Cédric Villani récompensé de la médaille Fields, jeudi 19 août.

LEMONDE.FR avec AFP | 19.08.10
Cédric Villani récompensé de la médaille Fields, jeudi 19 août.

La médaille Fields, considérée comme le "Nobel des mathématiques", a été décernée jeudi à deux Français, Cédric Villani et Ngô Bao-Châu, d'origine vietnamienne, ainsi qu'à l'Israélien Elon Lindenstrauss et au Russo-Suédois Stanislav Smirnov, selon les organisateurs. Les prix ont été remis aux lauréats par la présidente indienne, Pratibha Patil, à l'ouverture du Congrès international des mathématiciens (CIM) 2010, qui doit réunir plus de 3 000 mathématiciens du monde entier à partir de jeudi et jusqu'au 27 août à Hyderabad, dans le sud de l'Inde.
L'Union mathématique internationale (IMU) décerne la médaille Fields, une distinction très prisée, tous les quatre ans depuis 1936, à plusieurs mathématiciens ayant moins de 40 ans au début de l'année concernée, à l'occasion du CIM. Cédric Villani, 36 ans, directeur de l'Institut Henri-Poincaré (IHP) à Paris depuis juillet 2009 et professeur à l'école normale supérieure de Lyon, est récompensé pour des travaux portant notamment sur "l'amortissement de Landau" et l'équation de Boltzmann, physicien et mathématicien autrichien de la fin du XIXe siècle.
Cédric Villani, qui considère sa récompense comme "un encouragement à poursuivre", à "continuer d'explorer" différentes voies des mathématiques, a cherché à comprendre plus finement le comportement de gaz ou de plasmas. "Il s'agit d'être mieux armés pour, par exemple, programmer des simulations sur ordinateur de ces équations", a-t-il expliqué. "C'est surtout utile aux ingénieurs aéronautiques et à ceux qui travaillent sur des plasmas, par exemple pour les problèmes de fusion", a-t-il précisé. En ce qui concerne le futur réacteur expérimental à fusion nucléaire (ITER), "je suis à l'extrémité la plus théorique de ceux qui travaillent sur ce sujet", souligne-t-il.
LA RECHERCHE MATHÉMATIQUE FRANÇAISE AU DEUXIÈME RANG MONDIAL
Ngo Bao Chau, 38 ans, né en 1972 à Hanoï et naturalisé français en 2010, qui enseigne à l'université Paris-Sud, a reçu la médaille Fields pour sa démonstration, en 2008, du "Lemme fondamental", une conjecture formulée en 1987. Récemment vérifiée par les experts du domaine, cette démonstration de plus de 150 pages a été citée en décembre dans le magazine Times "comme l'une des dix plus belles découvertes scientifiques de l'année", rappelle l'université Paris-Sud dans un communiqué.
Ce palmarès 2010 porte à 11 le nombre de lauréats français sur les 52 médailles Fields décernées depuis 1936, ce qui "conforte le deuxième rang mondial de la recherche mathématique française", se sont félicités plusieurs organismes de recherche français (CNRS, ENS, UPMC).
Elon Lidenstrauss, 40 ans, autre lauréat 2010, l'a été pour ses "résultats sur la mesure de rigidité en théorie ergodique, et leurs applications à la théorie des nombres". Stanislav Smirnov, né en 1970 à Leningrad (Saint-Pétersbourg), en Russie, et actuellement enseignant à l'université de Genève, a été récompensé pour des travaux portant sur la physique statistique et la "percolation".
L'Union mathématique internationale (IMU) décerne la médaille Fields, une distinction très prisée, tous les quatre ans depuis 1936, à plusieurs mathématiciens ayant moins de 40 ans au début de l'année concernée, à l'occasion du CIM. Cédric Villani, 36 ans, directeur de l'Institut Henri-Poincaré (IHP) à Paris depuis juillet 2009 et professeur à l'école normale supérieure de Lyon, est récompensé pour des travaux portant notamment sur "l'amortissement de Landau" et l'équation de Boltzmann, physicien et mathématicien autrichien de la fin du XIXe siècle.
Cédric Villani, qui considère sa récompense comme "un encouragement à poursuivre", à "continuer d'explorer" différentes voies des mathématiques, a cherché à comprendre plus finement le comportement de gaz ou de plasmas. "Il s'agit d'être mieux armés pour, par exemple, programmer des simulations sur ordinateur de ces équations", a-t-il expliqué. "C'est surtout utile aux ingénieurs aéronautiques et à ceux qui travaillent sur des plasmas, par exemple pour les problèmes de fusion", a-t-il précisé. En ce qui concerne le futur réacteur expérimental à fusion nucléaire (ITER), "je suis à l'extrémité la plus théorique de ceux qui travaillent sur ce sujet", souligne-t-il.
LA RECHERCHE MATHÉMATIQUE FRANÇAISE AU DEUXIÈME RANG MONDIAL
Ngo Bao Chau, 38 ans, né en 1972 à Hanoï et naturalisé français en 2010, qui enseigne à l'université Paris-Sud, a reçu la médaille Fields pour sa démonstration, en 2008, du "Lemme fondamental", une conjecture formulée en 1987. Récemment vérifiée par les experts du domaine, cette démonstration de plus de 150 pages a été citée en décembre dans le magazine Times "comme l'une des dix plus belles découvertes scientifiques de l'année", rappelle l'université Paris-Sud dans un communiqué.
Ce palmarès 2010 porte à 11 le nombre de lauréats français sur les 52 médailles Fields décernées depuis 1936, ce qui "conforte le deuxième rang mondial de la recherche mathématique française", se sont félicités plusieurs organismes de recherche français (CNRS, ENS, UPMC).
Elon Lidenstrauss, 40 ans, autre lauréat 2010, l'a été pour ses "résultats sur la mesure de rigidité en théorie ergodique, et leurs applications à la théorie des nombres". Stanislav Smirnov, né en 1970 à Leningrad (Saint-Pétersbourg), en Russie, et actuellement enseignant à l'université de Genève, a été récompensé pour des travaux portant sur la physique statistique et la "percolation".
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Décès de Georges Charpak, un humaniste.
Georges Charpak


Le physicien français Georges Charpak est décédé mercredi à Paris à l’âge de 86 ans. L'annonce de sa mort via un avis d'obsèques publié dans la rubrique nécrologique du «Figaro», ce jeudi, a été confirmée par le ministère de la recherche. Ancien résistant, militant acharné du désarmement nucléaire, Georges Charpak avait obtenu le prix Nobel de physique en 1992 pour son développement de détecteurs de particules, en particulier la «chambre proportionnelle multifils» réalisée en 1968.
Interné à Dachau
Né le 8 mars 1924 dans un ghetto juif de l'est de la Pologne, à Dabrowica, militant antifasciste à 15 ans, il refuse avec toute sa famille de porter l'étoile jaune en 1941, se procure de faux papiers au nom de Charpentier. Il rejoint la Résistance, avant d'être arrêté et envoyé à Dachau. Naturalisé français en 1946, il suit une formation d'ingénieur à l'école des Mines. Georges Charpak se destine alors à la recherche scientifique en France et à l'Organisation européenne de la recherche nucléaire (CERN) à Genève.
«Quand j'ai reçu le prix Nobel, on m'a proposé de faire partie du jury de Miss France»
Il acquiert une formation théorique du plus haut niveau et met au point des machines de plus en plus complexes pour traquer la structure fondamentale de la matière. En 1992, l'Académie des sciences de Suède le récompense pour «son invention et le développement de détecteurs de particules, en particulier la chambre proportionnelle multifils» réalisée en 1968. «Quand j'ai reçu le prix Nobel, on m'a proposé de faire partie du jury de Miss France. J'avais dit non parce que je suis un petit bourgeois», déclarait-il en octobre 2008 à l'AFP avec un large sourire, les yeux bleus pétillants, dans son appartement de la rue Pierre-et-Marie Curie à Paris.
Ce père de trois enfants à la carrure athlétique se demandait s'il n'avait pas «raté sa vie d'homme parce que j'étais un fanatique de la science et que je consacrais tout mon temps à ça». La passion pour la recherche ne l'a jamais quitté. A 84 ans, il travaillait encore à la mise au point d'un appareil de radiologie permettant de recevoir 10 à 50 fois moins de rayons X, pour les enfants qui ont des problèmes de rachis (colonne vertébrale) et doivent souvent faire des radios.
Un pédagogue convaincu
Inspiré par son collègue Leon Lederman du Fermilab de Chicago, il lance en 1996 l'opération «la Main à la pâte», pour rénover l'enseignement des sciences en le fondant sur le questionnement, en transformant les enfants en expérimentateurs. «C'est ça, ma vraie profession, et j'ai réussi. On a démarré à l'Académie des Sciences avec 23 enfants de l'ambassade de France à Bogota et maintenant la Colombie va être couverte d'écoles de notre type», se réjouissait-il. En France, où il a publié huit livres entre 1993 et 2008, ses efforts ont été moins bien récompensés, car «il y a les rois des cons dans les ministères qui n'ont pas compris que ça avait un intérêt».
La guerre froide, «un jeu de fadas»
Le désarmement nucléaire était l'autre engagement de sa vie. La guerre froide, «c'était vraiment un jeu de fadas, mais on a eu du pot, il n'y a pas eu l'hiver nucléaire. Aujourd'hui, tout a changé. Il y des armes qui font la taille d'un pamplemousse, faciles à transporter. La connaissance est disséminée un peu partout par le Pakistan».
Pour lui, il faut placer tous les armements nucléaires du monde sous contrôle international pour que des Etats comme l'Iran acceptent de jouer le jeu. De plus, quand «les Etats ont des têtes nucléaires en réserve, ils sont obligés d'en fabriquer tout le temps, parce que la vie moyenne du tritium est de 12 ans». Si ces mesures ne sont pas prises, les terroristes auront bientôt «tout ce qu'il faut pour faire un très beau coup et faire chanter les grandes puissances».
L'usage civil du nucléaire paraissait en revanche «incontournable» à Georges Charpak, face aux besoins d'énergie de l'humanité.
Interné à Dachau
Né le 8 mars 1924 dans un ghetto juif de l'est de la Pologne, à Dabrowica, militant antifasciste à 15 ans, il refuse avec toute sa famille de porter l'étoile jaune en 1941, se procure de faux papiers au nom de Charpentier. Il rejoint la Résistance, avant d'être arrêté et envoyé à Dachau. Naturalisé français en 1946, il suit une formation d'ingénieur à l'école des Mines. Georges Charpak se destine alors à la recherche scientifique en France et à l'Organisation européenne de la recherche nucléaire (CERN) à Genève.
«Quand j'ai reçu le prix Nobel, on m'a proposé de faire partie du jury de Miss France»
Il acquiert une formation théorique du plus haut niveau et met au point des machines de plus en plus complexes pour traquer la structure fondamentale de la matière. En 1992, l'Académie des sciences de Suède le récompense pour «son invention et le développement de détecteurs de particules, en particulier la chambre proportionnelle multifils» réalisée en 1968. «Quand j'ai reçu le prix Nobel, on m'a proposé de faire partie du jury de Miss France. J'avais dit non parce que je suis un petit bourgeois», déclarait-il en octobre 2008 à l'AFP avec un large sourire, les yeux bleus pétillants, dans son appartement de la rue Pierre-et-Marie Curie à Paris.
Ce père de trois enfants à la carrure athlétique se demandait s'il n'avait pas «raté sa vie d'homme parce que j'étais un fanatique de la science et que je consacrais tout mon temps à ça». La passion pour la recherche ne l'a jamais quitté. A 84 ans, il travaillait encore à la mise au point d'un appareil de radiologie permettant de recevoir 10 à 50 fois moins de rayons X, pour les enfants qui ont des problèmes de rachis (colonne vertébrale) et doivent souvent faire des radios.
Un pédagogue convaincu
Inspiré par son collègue Leon Lederman du Fermilab de Chicago, il lance en 1996 l'opération «la Main à la pâte», pour rénover l'enseignement des sciences en le fondant sur le questionnement, en transformant les enfants en expérimentateurs. «C'est ça, ma vraie profession, et j'ai réussi. On a démarré à l'Académie des Sciences avec 23 enfants de l'ambassade de France à Bogota et maintenant la Colombie va être couverte d'écoles de notre type», se réjouissait-il. En France, où il a publié huit livres entre 1993 et 2008, ses efforts ont été moins bien récompensés, car «il y a les rois des cons dans les ministères qui n'ont pas compris que ça avait un intérêt».
La guerre froide, «un jeu de fadas»
Le désarmement nucléaire était l'autre engagement de sa vie. La guerre froide, «c'était vraiment un jeu de fadas, mais on a eu du pot, il n'y a pas eu l'hiver nucléaire. Aujourd'hui, tout a changé. Il y des armes qui font la taille d'un pamplemousse, faciles à transporter. La connaissance est disséminée un peu partout par le Pakistan».
Pour lui, il faut placer tous les armements nucléaires du monde sous contrôle international pour que des Etats comme l'Iran acceptent de jouer le jeu. De plus, quand «les Etats ont des têtes nucléaires en réserve, ils sont obligés d'en fabriquer tout le temps, parce que la vie moyenne du tritium est de 12 ans». Si ces mesures ne sont pas prises, les terroristes auront bientôt «tout ce qu'il faut pour faire un très beau coup et faire chanter les grandes puissances».
L'usage civil du nucléaire paraissait en revanche «incontournable» à Georges Charpak, face aux besoins d'énergie de l'humanité.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Impossible n'est pas Russe ou le Nobel de physique 2010 pour le Graphène
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Le prix Nobel de physique 2010 pour les découvreurs du graphène
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences
C’est la physique de la matière condensée qui est à l’honneur cette année avec l’attribution à deux chercheurs d’origine russe du prix Nobel de physique 2010. Découvreurs du graphène, souvent qualifié de « matériau miracle », Andre Geim et Konstantin Novoselov sont tous les deux professeurs à l’université de Manchester (Royaume-Uni).
Parmi les pronostics pour le prix Nobel de physique 2010, on attendait les pionniers de la non-localité et de la décohérence parmi lesquels les noms d’Alain Aspect, Serge Haroche et Anton Zurek émergent nettement, ou encore les découvreurs de l’énergie noire : Adam Riess et Saul Perlmutter. La fondation Nobel a finalement choisi de récompenser d’autres candidats fréquemment proposés aussi pour le Nobel de physique, les découvreurs du graphène : Andre Geim et Konstantin Novoselov.
Andre Geim s’était déjà fait un nom en se voyant attribuer le prix IgNobel 2000 pour... avoir fait léviter une grenouille dans un champ magnétique de 16 teslas. Mais ce qui lui vaut le prix Nobel de physique aujourd’hui, c'est son association avec Konstantin Novoselov, d’abord pour l’obtention du graphène en 2004 et ensuite pour une série de travaux portant sur les propriétés remarquables de ce matériau pourtant composé de simples atomes de carbone.
Un matériau qu'on croyait impossible
Comme son nom l’indique, le graphène s’obtient à partir du graphite et il s’agit d’un simple feuillet en deux dimensions, composé d’atomes arrangés selon un motif hexagonal. Avec leur épaisseur d’un seul atome de carbone, on pensait que de tels feuillets, qui forment par leur empilement le graphite de nos mines de crayon, étaient physiquement impossibles. Un tel matériau contredisait en apparence un résultat mathématique en physique du solide connu sous le nom de théorème de Mermin-Wagner. Ce dernier était une formulation précise d’un argument (étroitement lié aux notions de symétries brisées) donné par un autre prix Nobel de physique, Lev Landau, « démontrant » l’impossibilité d’un réseau cristallin à deux dimensions.
Pourtant, l’obstination de Geim et Novoselov a fini par porter ses fruits lorsque les deux chercheurs ont bel et bien isolé des feuillets de graphène en 2004. Rétrospectivement, on sait que ce théorème d’impossibilité (no go theorem en anglais) ne s’applique pas si le réseau est parcouru d’ondulations.
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences
C’est la physique de la matière condensée qui est à l’honneur cette année avec l’attribution à deux chercheurs d’origine russe du prix Nobel de physique 2010. Découvreurs du graphène, souvent qualifié de « matériau miracle », Andre Geim et Konstantin Novoselov sont tous les deux professeurs à l’université de Manchester (Royaume-Uni).
Parmi les pronostics pour le prix Nobel de physique 2010, on attendait les pionniers de la non-localité et de la décohérence parmi lesquels les noms d’Alain Aspect, Serge Haroche et Anton Zurek émergent nettement, ou encore les découvreurs de l’énergie noire : Adam Riess et Saul Perlmutter. La fondation Nobel a finalement choisi de récompenser d’autres candidats fréquemment proposés aussi pour le Nobel de physique, les découvreurs du graphène : Andre Geim et Konstantin Novoselov.
Andre Geim s’était déjà fait un nom en se voyant attribuer le prix IgNobel 2000 pour... avoir fait léviter une grenouille dans un champ magnétique de 16 teslas. Mais ce qui lui vaut le prix Nobel de physique aujourd’hui, c'est son association avec Konstantin Novoselov, d’abord pour l’obtention du graphène en 2004 et ensuite pour une série de travaux portant sur les propriétés remarquables de ce matériau pourtant composé de simples atomes de carbone.
Un matériau qu'on croyait impossible
Comme son nom l’indique, le graphène s’obtient à partir du graphite et il s’agit d’un simple feuillet en deux dimensions, composé d’atomes arrangés selon un motif hexagonal. Avec leur épaisseur d’un seul atome de carbone, on pensait que de tels feuillets, qui forment par leur empilement le graphite de nos mines de crayon, étaient physiquement impossibles. Un tel matériau contredisait en apparence un résultat mathématique en physique du solide connu sous le nom de théorème de Mermin-Wagner. Ce dernier était une formulation précise d’un argument (étroitement lié aux notions de symétries brisées) donné par un autre prix Nobel de physique, Lev Landau, « démontrant » l’impossibilité d’un réseau cristallin à deux dimensions.
Pourtant, l’obstination de Geim et Novoselov a fini par porter ses fruits lorsque les deux chercheurs ont bel et bien isolé des feuillets de graphène en 2004. Rétrospectivement, on sait que ce théorème d’impossibilité (no go theorem en anglais) ne s’applique pas si le réseau est parcouru d’ondulations.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Jules Hoffmann
nouveau Prix Nobel français de médecine
LEMONDE.FR avec AFP | 03.10.11

nouveau Prix Nobel français de médecine
LEMONDE.FR avec AFP | 03.10.11

"Je n'étais pas sûr que ce domaine méritait un prix Nobel" et "je ne pensais pas que notre contribution attirerait autant l'attention", a réagi le biologiste français Jules Hoffmann, se disant plutôt "heureux" que "fier" d'être récompensé du prix Nobel de médecine 2011.
A 70 ans, ce père de deux enfants vient de se voir décerner la médaille d'or du CNRS, une des plus hautes distinctions scientifiques françaises. Après avoir reçu ces derniers mois les prestigieux prix Keyo de médecine, prix Gairdner en sciences médicales et le prix Shaw en sciences du vivant et médecine. "Je ne prend pas ce prix pour moi pour l'instant. Je suis très content que [le comité Nobel] ait choisi ce groupe-là, des gens qui s'entendent bien", a-t-il ajouté par téléphone de Shangaï, estimant que "ce sont les travaux de ces trois groupes qui ont permis d'avoir une meilleure compréhension de l'immunité innée".
Jules Hoffmann est né au Luxembourg, le 2 août 1941. Son père, enseignant de sciences naturelles et collectionneur d'insectes à ses temps perdus, lui a communiqué sa passion. Dans une brève autobiographie, il raconte que, sur les conseils du Pr Pierre Joly, qui l'avait accueilli dans son laboratoire du CNRS à Strasbourg, il a "décidé de rester dans le système universitaire français et de demander la nationalité française". Il l'a obtenue en 1970, perdant ainsi sa nationalité luxembourgeoise, et n'a "jamais regretté" ce choix, malgré un "conflit" entre ses "intérêts scientifiques et les sentiments familiaux".
MOUCHE DU VINAIGRE
Dans les années 1970, Jules Hoffmann a créé le laboratoire Réponse immunitaire et développement chez les insectes, installé à l'institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS, à Strasbourg, qu'il a dirigé de 1994 à 2006.
Après des premiers travaux sur les sauterelles, c'est chez la drosophile ou "mouche du vinaigre" que le biologiste analyse les réponses antimicrobiennes des insectes, permettant des avancées pour la compréhension des mécanismes chez les mammifères, homme compris, à une époque où "personne ne faisait ce type d'études au plan mondial".
"Les insectes se défendent remarquablement bien contre les infections, notamment par la production de puissants peptides [petites protéines] à large spectre d'activité contre les bactéries et les champignons", a-t-il expliqué devant l'Académie française des sciences, quand il l'a présidée, de 2006 à 2008.
Considérée maintenant comme une première ligne de défense indispensable avant l'apparition d'anticorps, l'immunité innée faisait alors figure de système "subalterne". On connaissait les phagocytes, des globules blancs avaleurs de bactéries, mais "on ne s'attendait pas à ce que cela soit aussi complexe".
L'immunité innée est une "défense immédiate et générale, sans viser spécifiquement un germe infectieux ni mémoriser son identité", explique Jules Hoffmann, qui a découvert en 1996 le récepteur Toll. Capable d'identifier un agent pathogène, il intervient aussi dans l'activation de l'immunité adaptative ou spécifique, le deuxième type de réponse immunitaire entraînant la production d'anticorps.
"C'est une personnalité chaleureuse. Il a un pouvoir de communication extraordinaire", selon son collègue Charles Hétru, tandis que Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et professeur d'immunologie, le décrit comme "élégant, bon vivant, chaleureux, mais en même temps un peu austère", et passionné de randonnée en montagne.
De la compréhension de l'immunité sortira une fabuleuse révolution thérapeutique, puisque infections, maladies de système et cancers sont centrées sur son dérèglement.
Dernière édition par AdminF24 le Sam 31 Mar - 7:16, édité 1 fois
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Donc les allergies, les arthrites, les maladies auto-immunes et les greffes de toutes natures. On n'en finit pas de voir les conséquences d'un telle compréhension de l'immunité. Nous avons fait des progrès énormes et nous sommes aux portes de progrès encore plus importants. Les 25 prochaines années seront prodigieuses de réalisations pour augmenter la vie et la qualité de vie des êtres humains. Espérons que les scientifiques ne seront pas contraints par ceux qui placent leurs profits personnels et corporatifs au dessus de tout. C'est l'argent qui risque de devenir maintenant le frein du progrès! on freine déjà le déploiement de nouvelles technologies sous prétexte de ne pas avoir pu rentabiliser assez les technologies développées il y a quelques années et qui seraient ainsi et autrement obsolètes.
Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
J'espère que la recherche permettra de comprendre les causes des maladies afin de changer la société.
Puisque l'on parle d'immunité, je souligne de façon absolument indiscutable qu'il y a interaction entre le psychisme et l'immunité, ainsi toute dépression, choc émotionnel est généralement suivi par une maladie grave, je pense que le système immunitaire est régulé par la force morale, d'une façon générale on néglige le role psychique alors que dans le quotidien d'un médecin on est stupéfait de son omniprésence, de son caractère évident.
Beaucoup de maladies sont Psycho-Somatiques, alors la santé passe d'abord par l'équilibre mental !
Puisque l'on parle d'immunité, je souligne de façon absolument indiscutable qu'il y a interaction entre le psychisme et l'immunité, ainsi toute dépression, choc émotionnel est généralement suivi par une maladie grave, je pense que le système immunitaire est régulé par la force morale, d'une façon générale on néglige le role psychique alors que dans le quotidien d'un médecin on est stupéfait de son omniprésence, de son caractère évident.
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people

Soit dit en passant et sans amoindrir le mérite de ce Français, il faut dire que ce prix Nobel de médecine 2011 a aussi été donné concurremment à un Américain (Bruce Beutler) et à un Québécois d'origine (Ralph Steinman) , de langue anglaise, né à Montréal.
Ralph Steinman est malheureusement décédé il y a 3 jours, juste avant de recevoir son Nobel, d'un cancer du pancréas qu'il avait contrôlé pendant quatre ans avec un médicament expérimental de son cru, issu de ses recherches sur l'immunité, multipliant par trois sa survie anticipée.
Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Oui félicitations à tous les 3, c'est ce genre de grands personnages qu'il faudrait honorer et pas ces décérébrés de sportifs ou de top modèles
oui le K du pancréas (exocrine) est généralement foudroyant en qqs mois
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Rendons hommage de son vivant à Monsieur Stéphane Hessel, sa vie est un roman, rempli d'héroïsme puis de mission de la plus haute importance diplomatique, à 94 ans il est tj combattif, et son dernier opus litteraire "Indignez vous" semble devenu le nouvel hymne d'une nouvelle jeunesse résistante.

Stéphane Frédéric Hessel, né le 20 octobre 1917 à Berlin, est un diplomate et militant politique français. Combattant de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, puis déporté à Buchenwald, il a été secrétaire de la commission ayant élaboré à l'ONU la Déclaration universelle des droits de l'homme. Il est également écrivain et poète.
Extrait:
Résistance et déportation
En avril 1940, anticipant l'Exode qui suivra l'offensive allemande du 10 mai 1940, la famille Hessel reconstituée s'abrite à l'invitation d'Aldous Huxley dans la station balnéaire de Sanary sur la Côte d'Azur où elle retrouve toute l'intelligentsia de la Mitteleuropa14 qui s'y était réfugiée depuis 1938. Le père et le frère de Stéphane sont aussitôt internés au camp des Milles rouvert à la suite des circulaires de 15 et 29 mai 1940 du ministre de l'intérieur Georges Mandel durcissant par contrecoup, en pleine débâcle, le sort des opposants au nazisme réfugiés en France. Le premier, sexagénaire, en sort au bout de deux mois, le 27 juillet, à la suite d'une crise cardiaque, Peut être parce que de la place doit être faite pour accueillir les centaines de réfugiés de Bade et du Palatinat candidats à l'exil aux États-Unis qui arriveront en octobre, le fils bénéficie d'une libération en même temps. La capitulation négociée entre Pétain et Hitler à la suite de la défaite du 14 juin fait de l'aspirant Hessel un parmi le million et demi de prisonniers de guerre. Il s'évade et rejoint sa famille sur la Côte.
Dans la ville de Marseille, où sa mère est assignée à résidence en application d'une circulaire du 17 mai 1940 visant les citoyennes des nations ennemies, il rencontre à la villa Air-Bel Varian Fry, qui est mandaté par Eléonore Roosevelt pour organiser, via le consulat des États-Unis, l'évasion de deux cents, qui seront finalement plus de deux mille, intellectuels en danger. Il lui sert de guide enthousiaste durant les moments de détente où ils vont à bicyclette visiter à travers les paysages ensoleillés de la Provence chaque église romane15 comme autant de reliques du Monde d'hier qui s'effondre. Carl Einstein, le collaborateur d'Henri-Pierre Roché et l'ami d'Hélène Hessel, se suicide à Pau. Les décrets des 16 et 22 juillet 1940 portant annulation des naturalisations effectuées par le gouvernement de Léon Blum met Stéphane Hessel, comme des milliers de citoyens, « en étrange pays dans son pays lui-même ». Tandis qu'épouse et belle famille obtiennent par Fry des visas pour les Etats Unis, Walter Benjamin, dont il a été, fin août, un des derniers témoins avant son départ de Marseille, se suicide à Port-Bou.
En mars 194116, deux mois après la mort de son père épuisé par les conditions de son internement, exténué par les privations et le froid de ce qui n'a pas pu être une convalescence au domicile de Sanary, Stéphane Hessel, laissant sa mère dans la clandestinité, rejoint à Londres, via l'Algérie puis Bristol, le Secrétaire d'Etat que Georges Mandel a délégué pour représenter la France, Charles de Gaulle, et est incorporé en mai dans les Forces françaises libres. Une formation dispensée dans le Cumberland par la Royal Air Force de juin 1941 à mars 1942 lui donne la qualification de navigateur sur bombardier (« air observer »), mais au lieu de satisfaire son appétit juvénile d'héroïsme et intégrer comme prévu les Forces aériennes françaises libres, le Bureau central de renseignements et d'action le retient comme agent de liaison avec l'état-major britannique pour sa section R. En novembre 1942, sa femme Vitia quitte les États-Unis pour le rejoindre...
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
Né en Octobre 1917, en pleine révolution Russe, prédestiné à soutenir les indignés.

Personne- ♥ Grand Maitre ♥

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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
De plus être né Allemand, puis devenir Français, avoir failli mourir dans la Résistance, puis avoir survécu à la concentration, pour ensuite travailler dans les ministères et les ambassades, et même à la rédaction des droits de l'homme universels, ...
ça force le respect, il pourra rejoindre Jean Moulin au Panthéon
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Re: honorer les grands de ce monde: le sujet anti-people
maxi a écrit:De plus être né Allemand, puis devenir Français, avoir failli mourir dans la Résistance, puis avoir survécu à la concentration, pour ensuite travailler dans les ministères et les ambassades, et même à la rédaction des droits de l'homme universels, ... ça force le respect, il pourra rejoindre Jean Moulin au Panthéon
Ce n'est guère suffisant AMHA .....

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